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Maroc-USAUn think tank américain appelle Washington à annuler la taxation des engrais d’OCP

18.04.2021 à 17 H 03 • Mis à jour le 18.04.2021 à 17 H 04
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Deux experts du think tank américain The Heritage Foundation ont estimé dans une récente tribune que la décision gouvernementale d’appliquer des droits compensateurs aux exportations d’engrais phosphatés du groupe OCP à la requête de son rival Mosaic, était « inappropriée ». Ils appellent autant le Congrès que l’Administration Biden à supprimer cette taxe

Suite à la décision le 11 mars de l’US International Trade Commission (USITC) d’appliquer des droits compensateurs sur les engrais phosphatés marocains dans le litige OCP vs. Mosaic, (soit 19,97 % dont 18,42 % correspondant au ‘mining rights’), deux analystes américains appellent le Congrès des Etats-Unis « à corriger cette situation », alertant sur des conséquences « néfastes » qui pourraient « durer au moins cinq ans ».


« Le préjudice infligé à Mosaic est discutable. Parmi de nombreux autres facteurs, l’entreprise domine la production d’engrais phosphatés aux États-Unis et l’offre intérieure de cet intrant agricole essentiel est souvent incapable de répondre à la demande américaine », ont estimé Daren Bakst, expert en régulation et Gabriella Beaumont-Smith, analyste en politique macroéconomique, tous deux du think tank américain The Heritage Foundation (conservateur),


Dans une tribune publiée récemment dans The Daily Signal, (repris par le site du think tank) les auteurs estiment qu’in fine, ce sont les agriculteurs américains qui en supporteront le coût initial, adhérant ainsi à l’opinion de Bob Young, ancien économiste en chef de l’American Farm Bureau Federation. Ce dernier avait estimé que le coût supplémentaire pour les producteurs de maïs, de soja et de blé à eux seuls pourrait être de 1 à 1,5 milliard de dollars pour la prochaine campagne agricole.


Au-delà des coûts, certains groupes de produits ont fait valoir que les droits pourraient les empêcher d’obtenir des approvisionnements adéquats en phosphate et limiter les choix disponibles pour les agriculteurs, ajoutent les experts américains.


Un effet mécanique à la hausse sur les prix… 

« Il est fort probable que l’augmentation des coûts se répercutera sur toute la chaîne d’approvisionnement alimentaire, augmentant en fin de compte les prix que les Américains paient pour leur nourriture. En conséquence, ces droits seraient régressifs et toucheraient le plus les ménages à faible revenu  les ménages aux revenus les plus faibles consacrent une plus grande part de leur revenu disponible à l’alimentation (36 %) par rapport aux ménages aux revenus les plus élevés (8 %) », développent-ils dans leur argumentaire.


Et d’en déduire que compte-tenu de la situation pandémique due au Covid-19 « l’imposition de taxes très discutables sur un intrant agricole essentiel qui entravera la chaîne d’approvisionnement alimentaire ne ferait qu’aggraver la situation actuelle ».

 

« Le Congrès et l’administration Biden devraient s’éloigner des politiques qui augmentent l’intervention du gouvernement qui entrave le commerce agricole. Les Américains ont besoin de décideurs politiques pour accroître la liberté en matière de commerce agricole. La suppression de ces droits serait un pas important dans cette direction », plaident-ils. « (…) les législateurs devraient considérer la situation et examiner attentivement si Mosaic est injustement lésée par les importations d’engrais phosphatés. Ils devraient également prendre en compte l’impact que les taxes sur les engrais auront sur les agriculteurs et les familles américaines, notamment à la lumière de la pandémie », ont-ils défendu.


Les deux experts ont ainsi la certitude que « les législateurs reconnaîtront presque certainement que ces taxes sur les engrais sont inappropriées ». « La seule mesure raisonnable serait alors de supprimer les droits », concluent-ils.

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