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Forces armées royalesDes aviateurs marocains s’entrainent au pilotage de drones armés turcs Bayraktar TB2

07.09.2021 à 03 H 03 • Mis à jour le 07.09.2021 à 03 H 08
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En Turquie, depuis le 4 septembre, des aviateurs des Forces Royales Air (FRA) s’entrainent, aux côtés de leurs homologues qataris, au pilotage de drones Bayraktar TB2 et à leurs équipements au sol commandés récemment à Ankara. Un contrat qui conforte davantage le Maroc dans son rapport de force militaire avec l’Algérie et le Polisario

Trois avions de transport militaires de type C-130 et C-17 des forces aériennes qatarie et marocaine se sont retrouvés le 4 septembre à l’aéroport turc de Tekirdağ Çorlu Atatürk (à ne pas confondre avec l’aéroport international d’Istanbul), a rapporté la presse spécialisée d’Ankara.


Côté qatari, il s’agissait d’un Boeing C-17 Globemaster III et d’un Lockheed C-130J Hercules des forces aériennes qataries qui se sont envolés au départ de la base aérienne d’Al Udeid.


Le même jour, l’aéroport de Tekirdağ Çorlu Atatürk accueillait un Lockheed C-130H Hercules immatriculé CN-AON appartenant aux Forces Royales Air (FRA) avec le code de vol RMAF201.


Si aucune explication officielle n’a été donnée sur la raison de l’arrivée simultanée de ces gros-porteurs venus de Rabat et de Doha, plusieurs sources concordantes consultées par Le Desk ont fait état de l’organisation en Turquie d’une session d’entrainement au profit d’aviateurs marocains et qataris sur le drone armé Bayraktar TB2.


Le Maroc a pris commande ferme pour une escadron de drones armés auprès du constructeur d’aéronefs sans pilote (UAV) turc Baykar Makina pour renforcer sa force de frappe aérienne.


En vertu de cet accord pour le moins inattendu –  Ankara et Rabat n’étant pas dans le même axe d’alliances dans la région -, 13 plateformes de drones armés Bayraktar TB-2 (12 plus un spare), les systèmes et équipements de 4 stations de contrôle au sol, et un simulateur de formation sur les drones seront livrés aux Forces royales air (FRA) dans un délai d’un an, apprend-on.


Baykar mettra également en place un centre d’opérations d’UAV et un logiciel de traçage et d’archivage de données pour les forces armées marocaines. Le fabricant turc assurera aussi la formation du personnel des FRA et leur fournira un soutien logistique et technique. Budget total estimatif selon nos sources : 70 millions de dollars.


Peu cher, maniable, fiable et endurant

Les drones armés TB2 sont utilisés par les forces armées et la direction de la sécurité turques depuis 2015. Le Bayraktar TB2 a été développé pour les missions de reconnaissance tactique et de surveillance et il peut également transporter des munitions pour accomplir des missions d’attaque au sol sur des cibles verrouillées au laser. Grâce à ses capteurs, il peut fonctionner de jour comme de nuit.


Le drone TB2 de conception et de fabrication turque acquis par le Maroc. Infographie: Mohamed Drissi K. / Le Desk


Ce drone MALE (moyenne altitude longue endurance) commandé par le Maroc offre plusieurs avantages. Il est peu cher, maniable (il n’a pas besoin de canal satellitaire mais d’une simple liaison radio) et très fiable et endurant : le Bayraktar TB2 peut voler vingt-sept heures d’affilée, emporter quatre missiles de haute précision et ne coûte qu’une fraction du prix d’un drone étatsunien de type Predator, soit environ 5 millions de dollars pièce.


Ces dernières années, l’exportation de technologies aéronautiques de pointe est devenu un objectif politico-stratégique pour la Turquie. « Omniprésents dans la propagande gouvernementale, les drones sont devenus le symbole par excellence de la montée en puissance de la Turquie et de son indépendance grandissante sur la scène internationale », décryptait Libération en décembre 2020.


Une arme décisive contre le Polisario… 

L’appareil a fait ses preuves dans divers théâtres d’opération, en Irak, en Syrie, en Libye, et surtout dans le Caucase où il a, à lui seul, assuré récemment la victoire écrasante de l’Azerbaïdjan sur l’Arménie lors des combats pour le Haut-Karabakh.


C’est très certainement cette leçon donnée par l’armée de Bakou à celle plus imposante d’Erevan, qui a poussé Rabat à suivre son exemple. Le parallélisme est d’ailleurs frappant : au Maghreb, face à l’Algérie qui aligne une armée classique mieux dotée en nombre de matériels, mais qui demeure largement engoncée dans une doctrine datant de l’ère soviétique, le Maroc a vite choisi pour assurer sa défense des moyens technologiques plus agiles. Alger qui recherche aussi des moyens pour améliorer ses capacités de guerre robotique a tout à craindre du drone turc, surnommé le «  tueur du Pantsir », le radar de défense russe dont est largement doté l’Armée nationale populaire (ANP)


Mais c’est aussi et surtout contre le Front Polisario que ce type d’armement s’avère assurément efficace, preuve en est récemment l’élimination ciblée d’un haut-gradé du mouvement séparatiste par l’utilisation d’un drone. D’ailleurs, les TB-2 turcs sont en large partie responsables de l’affaiblissement de la guérilla kurde du PKK…


Avec ces 13 drones armés tournoyant dans le ciel de ses frontières et au-delà, (en sus de ceux qu’il possède et des quatre SeaGuardian promis par Washington), le Maroc compte s’imposer face à ses adversaires de la région et transformer ses gains diplomatiques en suprématie sur le terrain militaire. Le deal permet en outre à Rabat d’opérer un rapprochement avec Ankara (le patron de la firme Baykar Makina est le gendre de Recep Tayyip Erdoğan) au détriment d’Alger dont l’état-major voit d’un oeil noir l’entrisme en Libye… 


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