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Pharmaceutique Sensyo Pharmatech: où en est le chantier de l’usine de vaccins de Benslimane

05.07.2022 à 16 H 15 • Mis à jour le 05.07.2022 à 17 H 15
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Après l'arrivée des éléments pré-fabriqués de l'usine clé en main pour la réalisation de l'usine Lion 1, Sensyo Pharmatech a déjà commencé à avancer sur le chantier promis pour dans quelques mois. En parallèle, les recrutements vont bon train, auprès notamment de laboratoires pharmaceutiques, comme Sothema et Glaxosmithkline, où cadres et techniciens sont débauchés. Le Desk fait le point

C’est à moins d’un kilomètre de la piste d’atterrissage de l’aéroport de Benslimane, que se trouve l’usine Lion 1 de la société Sensyo Pharmatech, projet initié par le Souverain et porté aujourd’hui par un trio de banques (Bank of Africa, Attijariwafa Bank et Banque Centrale Populaire), en plus du Fonds Mohammed VI pour le développement et du laboratoire Recipharm.


Un projet titanesque devant conférer au Maroc la tant convoitée souveraineté sanitaire, à travers la mise à disposition d’une unité de mise en seringue de sérums et de vaccins et grâce à laquelle le Royaume pourrait être à même de pouvoir satisfaire ses propres besoins, une fois les licences de transfert de technologie verrouillées. À l’horizon 2023, on table déjà sur une capacité de production de 116 millions de doses.


Mi-juin dernier, signe de concrétisation du projet, le Maroc recevait les 111 éléments pré-fabriqués de l’usine clé en main, qui doivent être aujourd’hui montés par une équipe marocaine, formée par les employés de la branche chinoise du Japonais Morimatsu. Le groupe, à travers sa filiale suédoise Pharmadule, participe au projet, à la suite de contacts noués par le laboratoire Recipharm, apprend-on.


Sur Youtube, des vidéos publiées par Pharmadule montrent déjà comment les employés chinois procèdent pour assurer le montage de modules d’unités industrielles.



Sur le terrain, une vingtaine de sociétés se partagent le travail

À l’heure actuelle, comme nous le rapportions précédemment et au terme d’un voyage à bord du cargo Pilecki, les éléments de Morimatsu ont déjà été entreposés au niveau du terrain de Benslimane, devant abriter l’usine.


Aujourd’hui, en moins de six mois de travail, le terrain été complètement terrassé, une nouvelle voie d’accès a été aménagée, tandis que les fondations des premiers bâtiments ont été en partie réalisées pour accueillir les structures en kit montées sur des piles en béton armé, comme le montrent différentes images satellites consultées par Le Desk, et datant du mois de mai 2022, soit avant l’arrivée des éléments de Morimatsu.


Les éléments de l'usine clé en main au site de Benslimane.


Plusieurs baraquements destinés à accueillir ouvriers et ingénieurs donnent une idée de la présence de la main d’œuvre dont on sait que des superviseurs chinois encadrent le travail. Un grand bâtiment blanc rectangulaire correspondant aux esquisses déjà diffusées renseigne aussi sur l’avancement du projet.


En plus du site de l’unité industrielle, des travaux sont menés hors-site. D’après nos informations, le bureau d’études Novec, filiale de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), a été mobilisé pour mener à bien les études d’exécution et le Dossier de consultation des entreprises (DCE) pour ces travaux hors-site, portant sur la voirie, l’électrification, l’éclairage public, assainissement ou encore alimentation en eau potable). À ce niveau, de premiers prestataires ont déjà été sélectionnés : les entreprises marocaines GHTP et GMTP, chargées par l’ONEE de la réalisation de l’alimentation en eau potable.


Interrogées, des sources impliquées dans le projet nous confiaient en février dernier que que pour ce genre de chantier, il demeure toujours difficile d’avancer, à ce stade, des coûts estimatifs. Les montants engagés devraient être fixés en fonction de l’avancement du chantier et ce pour chaque lot budgétisé de manière successive. Une particularité du projet expliquée par les différents aspects techniques à satisfaire, en matière d’assainissement, de traitement des eaux notamment, mais aussi et surtout pour la singularité de ce genre de bâti qui doit répondre aux normes et standards d’injectables spécifiques à la biotech occidentale.


Outre Novec et les sociétés qu’elle devra choisir en coordination avec le maître d’ouvrage, plusieurs autres prestataires sont sur place. Dans un précédent article, nous dressions une liste des entreprises s’invitant dans le projet, où on retiendra la présence d’un géant du BTP, la Société générale des travaux du Maroc (SGTM) ou encore celle de la joint-venture entre le Groupe OCP et l’Américain Jacobs Engineering, le bureau d’ingénierie Jesa.


Sensyo Pharmatech, une équipe essentiellement marocaine pour assurer la continuité du projet

Au-delà de la réalisation de l’usine Lion 1, c’est aussi au sein de Sensyo Pharmatech qu’un intense travail de recrutement a été mené ces derniers mois. À l’heure actuelle, on compte pas moins d’une vingtaine d’employés ayant déjà été installé dans un bureau casablancais, au niveau du boulevard Abdellatif Benkaddour, dans le même immeuble que les cabinets Ernest &  Young ou encore Valyans.


Sensyo PharmatechLes bureaux de Sensyo Pharmatech à Casablanca.


Au sein des locaux, on compte tout d’abord un CEO qui ne devrait pas souvent faire acte de présence : Marc Funk, occupant aussi la double casquette de patron de Recipharm. À ses côtés, Assia Bouaine, prenant la fonction de directrice du Capital humain et de la communication interne et ayant fait ses armes au sein de Wafa Assurance et Imperial Tobacco.


(De droite à gauche)Mohamed Mhid, Marc Funk, Assia Bouaine, non-identifié et Younes Alaoui Mdarhri Crédit : SNRT


Du reste, on peut aussi citer de nombreux transfuges comme ceux débauchés de Sothema : le nouveau directeur technique de Sensyo Pharmatech n’est autre que l’ex-directeur de site de Sothema, Mohammed Zerrouki. Il n’est pas le seul : Rachid Mouline par exemple, ayant passé près de quinze ans au sein du laboratoire coté à la bourse de Casablanca, et aujourd’hui Line Manager chez Sensyo Pharmatech. L’intéressé avait aussi fait un passage de cinq ans en tant que superviseur de la production chez Pfizer. On relève aussi la présence de Amin Akmouch, Head of Quality Control Lab aujourd’hui, et ancien de Sothema, ayant travaillé en son sein pendant 11 ans. D’après nos informations, au de-là des cadres, on compte pas moins de cinq techniciens, débarquant chez Sensyo Pharmatech et ayant passé en moyenne plus de six ans chez le laboratoire dirigé par Lamia Tazi.


Pour rappel, Sothema figure parmi les rares laboratoires à détenir aujourd’hui un potentiel de développer des unités de biotech. À ce titre, le laboratoire avait notamment collaboré aux tests cliniques de phase III du vaccin Sinopharm de Wuhan et qui dispose d’une unité expérimentale.


Le laboratoire Sothema n’est pas le seul à voir son personnel rejoindre le nouveau projet de Benslimane : on retrouve aussi l’ex-directeur général de Glaxosmithkline (GSK), Brahim Oulammou, propulsé maintenant pharmacien responsable chez Sensyo Pharmatech. Même chose pour un ancien de GSK, ayant depuis fait un court passage à l’université Al Akhawayn, et qui sera désormais le DAF de Sensyo Pharmatech : Mohamed Mhid. Maphar Eurapharm en fait aussi les frais, avec le départ de son directeur de systèmes d’information, devenu maintenant head of IT/IS dans cette nouvelle aventure.


Enfin, des recrutements ont aussi été opérés de l’étranger : Younes Alaoui Mdarhri, directeur supply chain chez Sensyo Pharmatech venant du Canada, mais également au moins deux personnes de nationalité indienne… 


Lire aussi :

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Par @soufianesbiti
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