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AssisesDéveloppement humain : Laftit pointe les carences persistantes du système éducatif national

19.09.2022 à 15 H 21 • Mis à jour le 19.09.2022 à 15 H 22 • Temps de lecture : 7 minutes
Par et
L'INDH, dans sa phase III, va redoubler d'efforts pour soutenir le système éducatif national, a assuré le ministre de l’Intérieur lors de son allocution à l’ouverture des 2èmes Assises nationales du développement humain. Abdelouafi Laftit a cependant souligné le « déficit tangible » en la matière et listé ses points noirs qui impactent négativement l’IDH du royaume

La troisième phase de l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH), qui a « réalisé un saut qualitatif grâce à l'orientation de ses interventions vers le volet immatériel du développement humain », va « redoubler d'efforts pour soutenir le système éducatif national, notamment en matière de promotion des apprentissages et d'acquisition des compétences », a affirmé, lundi à Skhirat, le ministre de l'Intérieur, Abdelouafi Laftit.


S’exprimant à l’ouverture des 2èmes Assises nationales du développement humain, Laftit a assuré que la question des apprentissages, en tant que levier de valorisation du capital humain, est une problématique qui interpelle tout un chacun et requiert tout l'intérêt et l'attention nécessaires, particulièrement de la part des intervenants institutionnels, des familles, de la société civile, des conseils élus et du secteur privé, afin d'aboutir à des solutions efficaces permettant d’améliorer le niveau d'acquisition par les enfants des connaissances de base, de faciliter leur intégration dans la vie pratique et de contribuer efficacement au développement du Royaume.


Le contexte pressant et les références scientifiques derrière le choix de « la qualité des apprentissages, clé du développement humain » comme thème pour ces Assises, a poursuivi le ministre, s'appuient sur les orientations de la phase III de l'INDH, notamment son programme 4 visant l'impulsion du capital humain des générations montantes, en faisant face directement et de manière anticipative aux principales entraves au développement humain.


Et d’ajouter qu’ils puisent aussi leur origine dans les grandes réformes que connait le Royaume, en particulier la promotion du système d'éducation et de formation, afin de répondre aux exigences relatives aux aspects immatériels du développement humain et de promotion du capital humain, que le Roi Mohammed VI n’a cessé d’appeler à mettre en œuvre en tant qu’un des préludes et une des priorités pour l'opérationnalisation du Nouveau modèle de développement (NMD) et la réalisation du développement socio-économique escompté.


Un impact négatif sur l’IDH du Maroc

La problématique de la qualité des apprentissages représente, à l'heure actuelle, l’un des défis majeurs pour plusieurs pays compte tenu des déficits enregistrés, lesquels ont été aggravés par certaines crises, en particulier sanitaire, a-t-il fait observer, notant que les données nationales au titre de l’année scolaire 2020/2021 appuient ce constat, en particulier celles inhérentes aux élèves déscolarisés et au niveau du déficit dans les apprentissages pour les enfants scolarisés de moins de 10 ans, ce qui a impacté l'indice du développement humain du Royaume (IDH) qui n’a pas dépassé 50 %.


IDH PNUD Maroc MaghrebLe Maroc toujours à traine au Maghreb en matière d'IDH. Source: PNUD. Infographie: Mohamed Mhannaoui / Le Desk


L’éducation représente l’une des composantes majeures de l’Indice du Capital Humain (ICH), ce qui explique l’importance de la mise en convergence des efforts de toutes les parties prenantes afin de réussir à relever le défi de l’amélioration des performances scolaires des élèves marocains. En effet, réussir le pari du développement humain, notamment à travers l’impulsion du capital humain, passe impérativement par l’amélioration de la qualité de l’éducation.


« La crise des apprentissages est une problématique mondiale qui a été exacerbée par la pandémie causée par la Covid-19. Aujourd’hui, on constate que presque tous les pays ont pris du retard en matière de qualité des apprentissages, un constat qui est plus manifeste dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires. En 2022, la Banque mondiale estime que 70 % des enfants de 10 ans pâtiraient de cette dégradation du niveau des apprentissages. Ce constat alarmant inquiète de nombreux experts et décideurs qui appellent de ce fait les pays à agir en urgence afin de contenir ce phénomène et d’éviter autant que possible l’accumulation des retards », lit-on dans une lettre de cadrage de ces assises.


« Au Maroc, la situation suscite également l’inquiétude des responsables et des familles. La crise sanitaire a frappé de plein fouet le secteur éducatif, accentuant un décrochage scolaire déjà préoccupant : 331 000 enfants ont ainsi quitté le système scolaire au titre de l’année scolaire 2020-2021. De plus, les fermetures d’écoles affectent de manière disproportionnée les élèves les plus défavorisés, justement ceux qui ne disposent pas des outils numériques qui leur permettraient de bénéficier de l’enseignement à distance », souligne-t-on.


« Déficit tangible » en matière d’éducation

Cette situation, selon Laftit, est due principalement au manque d'acquisition par les apprenants des connaissances de base en matière de lecture, de mathématiques et de sciences, comme le confirment les résultats des concours internationaux dans lesquels les élèves marocains ont, malheureusement, occupé les dernières places du classement par rapport à leurs confrères des pays participants, « ce qui nous appelle tous à redoubler d’efforts pour instaurer un modèle éducatif national capable de relever les défis actuels et futurs et garantir un enseignement de qualité, équitable et durable au profit de l’ensemble des élèves marocains, en particulier en milieu rural et dans les zones reculées ».


Après avoir rappelé les instructions royales contenues dans le discours du Trône du 29 juillet 2018, le ministre a indiqué que l'INDH a réalisé un bilan très positif quant à sa contribution à la mise en œuvre du programme du préscolaire au cours de la période 2019-2021, à travers la réalisation de plusieurs espaces d'accueil au profit des enfants issus du monde rural et la création de nombreuses opportunités d'emplois pour les éducateurs qui ont bénéficié des formations nécessaires.


Depuis son lancement, a-t-il ajouté, l'INDH a contribué à la création et à la gestion des Maisons de l'étudiant et de l'étudiante, à l'acquisition d'une flotte de bus de transport scolaire dans le but d'améliorer les conditions de scolarisation et d'assurer un meilleur accès aux établissements d'enseignement, outre des cours de soutien scolaire gratuits aux élèves du primaire dans les milieux rural et péri-urbain afin de renforcer les compétences de base et d'améliorer l'apprentissage des mathématiques et de la langue française, et l'initiative royale « Un million de cartables » qui profite annuellement à plus de 4,5 millions d'enfants.


Rentrée scolaireRentrée scolaire 2022-2023. Crédit : Mustapha Razi / Le Desk


En dépit de la forte adhésion de l'INDH pour soutenir les efforts considérables déployés par le département de l'Éducation nationale et du Préscolaire en vue de tirer vers le haut le niveau des apprentissages, a relevé Laftit, « la réalité demeure marquée par un déficit tangible en la matière, ce qui affecte négativement les indicateurs de développement humain dans notre pays ».


Et le ministre de conclure que l'organisation de cet événement constitue une véritable opportunité pour tous les participants, dont les acteurs concernés par la valorisation du capital humain, afin d'examiner et d'analyser tous les aspects liés à la problématique des apprentissages et de chercher des solutions et des mécanismes innovants pour en améliorer la qualité à la lumière des nombreux changements et mutations que connaît le monde à l'heure actuelle.


Ces assises s'assignent pour objectifs de mobiliser les différents acteurs du développement humain autour de thématiques importantes et urgentes et d'explorer des pratiques, outils et méthodes innovantes se rapportant aux questions relatives au développement humain en général, et au développement du capital humain en particulier, ainsi que de donner une visibilité accrue aux activités de l'INDH et de partager les bonnes pratiques au niveau de l’écosystème national du développement humain.


Elle réunit des représentants de l’ensemble des parties prenantes impliquées dans la question éducative (représentants des pouvoirs publics aux niveaux central et territorial, élus, société civile, secteur privé, experts nationaux et internationaux…), pendant une journée entière, à travers quatre panels, deux keynotes et un lightning talk dans le but d’inspirer, de fédérer et de réfléchir aux aspects clés de la réussite de la renaissance éducative marocaine recherchée.


L’événement bénéficie pour cela de la présence d’experts et de spécialistes nationaux et internationaux de renom, qui débattront dans le cadre de panels techniques des principaux déterminants de la qualité des apprentissages et des leviers à actionner pour opérer un changement durable, à la lumière d’expériences-pays et de leçons partagées par les participants.

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