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EconomieJouahri estime « difficile » toute sortie du Trésor à l’international

28.09.2022 à 02 H 19 • Mis à jour le 28.09.2022 à 02 H 20 • Temps de lecture : 3 minutes
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Le Conseil de Bank Al-Maghrib a décidé mardi de relever le taux directeur de 50 points de base à 2%, en vue de « prévenir tout désancrage des anticipations d'inflation et assurer les conditions d'un retour rapide à des niveaux en ligne avec l'objectif de stabilité des prix » a déclaré le gouverneur de la banque centrale. Il ne prévoit pas par ailleurs de sortie souveraine à l’international

La décision du Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) de relever le taux directeur de 50 points de base (pbs) à 2 % vise à juguler la spirale inflationniste au niveau national, a indiqué, mardi à Rabat, le wali de la banque centrale, Abdellatif Jouahri.


Intervenant lors d’un point de presse tenu à l'issue de la 3ème réunion du Conseil de BAM de l'année 2022, Jouahri a fait état d'une poursuite de la montée de l’inflation avec une diffusion « plus large » des pressions inflationnistes.


Un scénario à plus 75 pbs qui aurait permis à un retour à une inflation de 2 % en 2023 avait été âprement débattu, mais finalement écarté au vu des incertitudes conjoncturelles.


Une inflation galopante à 6,3 % en 2022

L'inflation continue d’être alimentée par des pressions d’origine externe, mais aussi interne, a relevé le wali de BAM, précisant que les dernières données disponibles montrent une large diffusion vers les prix des produits non échangeables. « La diffusion de la hausse s’élargit. Sur les 116 sections de produits et services qui composent le panier de référence de l’indice des prix à la consommation, 60,3 % ont connu une augmentation de plus de 2 % en août contre 42,2 % en janvier 2022 et 23 % en moyenne entre 2018 et 2019 », a-t-il expliqué.


La persistance des prix élevés des matières premières alimentaires et énergétiques porterait l’inflation à un niveau élevé en 2022, soit 6,3 % au lieu de 1,4 % en 2021, a-t-il fait observer.


En 2023, l’inflation devrait revenir à 2,4 % en moyenne, a estimé le gouverneur de BAM, précisant que ces prévisions incluent l'effet de l'augmentation du taux directeur. De même, Jouahri a noté que cette décision de relever le taux directeur tient également compte des différentes mesures prises récemment par le gouvernement pour soulager le pouvoir d'achat des citoyens.


« Nous continuerons à regarder de près la conjoncture économique, aux niveaux national et international, en particulier dans ce contexte empreint de plusieurs incertitudes », a-t-il assuré. Par ailleurs, Jouahri a noté une « forte décélération de la croissance de l’économie nationale en 2022 », faisant savoir qu'après un rebond à 7,9 % en 2021, la croissance de l’économie nationale ralentirait à 0,8 % en 2022.


En 2023, la croissance s’établirait à 3,6 % avec un redressement de 11,9 % de la valeur ajoutée agricole, a estimé Jouahri qui a insisté pour dire que le rôle de la banque est de « juguler l’inflation », quant à la croissance et au pouvoir d’achat, ils restent du ressort de l’Exécutif qui engage les différentes politiques publiques incitatives. Et de citer la panoplie des mesures et programmes entrepris : hausse de la compensation à 32 milliards de dirhams (MMDH), remboursement des arriérés de TVA à 13 MMDH (actualisés), plan anti-sècheresse de 10 MMDH, soutien aux transporteurs à 5 MMDH (prévisionnel) et enfin relèvement des SMIG/SMAG.


Une décision du GAFI attendue le 19 octobre

Les conditions pour une sortie du Trésor à l'international sont « de plus en plus difficiles » eu égard à la conjoncture actuelle, a estimé, mardi à Rabat, le Wali de Bank Al Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri qui a souligné que le Trésor peut toutefois mobiliser l'ensemble des outils à l'extérieur sous toutes leurs formes, et ce auprès des organisations internationales et des partenaires bilatéraux.


Au niveau du financement du Trésor, « il existe au moins deux sources auprès de nous que le Trésor peut utiliser », à savoir la Ligne de précaution et de liquidité (LPL) et les Droits de tirage spéciaux (DTS), a précisé le gouverneur de BAM. Il a aussi déclaré que le Maroc scrute la décision qui devrait intervenir le 19 octobre au sujet de sa sortie éventuelle de la liste grise du GAFI, sésame pour entamer des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) lors des conclaves de novembre à Washington.


« Rien ne s'oppose à ce que le Trésor utilise ces deux sources. Ce n'est pas contraire au statut de BAM ni aux statuts des organisations internationales, notamment le FMI avec qui nous avons négocié la LPL et les DTS », a-t-il assuré.

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