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EconomieLa Banque mondiale va scruter les dépenses publiques dans l’eau et l’éducation

23.03.2023 à 02 H 07 • Mis à jour le 23.03.2023 à 02 H 07 • Temps de lecture : 4 minutes
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Si le gouvernement promet de revenir aux niveaux de déficit budgétaire d’avant la crise Covid-19 d’ici 2025 et de stabiliser le ratio de la dette en dessous de 70 % du PIB, la Banque mondiale qui appuie les réformes dans les secteurs cruciaux de l'eau et de l'éducation va mener une revue de leurs dépenses publiques visant à garantir leur optimisation

La Banque mondiale va mener une revue des dépenses publiques du Maroc dans les secteurs de l'eau et de l'éducation, ressort-il d'une réunion élargie présidée, mercredi à Rabat, par le directeur pays de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, Jesko Hentschel et le ministre délégué auprès de la ministre de l'Économie et des Finances, chargé du Budget, Fouzi Lekjaa.


Cette revue, qui sera réalisée par la Banque mondiale en collaboration avec des experts du secteur et des différentes parties prenantes, vise à garantir une utilisation efficace des ressources et optimiser les investissements dans ces domaines cruciaux, indique le ministère de l’Économie et des Finances sur son site.


Des mesures pour mieux flécher les dépenses

Les résultats de la revue seront examinés et évalués par le gouvernement, dans le but de prendre des mesures pour améliorer la qualité et l'efficacité des dépenses publiques dans ces secteurs. Cette initiative vient à la suite de l’organisation d’un cycle d’ateliers de haut niveau sur la revue des dépenses publiques organisé avec la Banque mondiale. « La revue des finances publiques fait référence au processus d’évaluation approfondie des dépenses publiques existantes afin d’identifier les possibilités de réduire ou de réorienter les dépenses à partir des dépenses peu prioritaires, inefficaces ou ineffectives », expliquait à cette occasion Fouzi Lekjaa qui légitimait cet instrument de guidance des finances publiques par le contexte national, régional et mondial.


Faouzi Lekjaa présidant une journée d’étude au sujet de la revue des dépenses publiques. Crédit: MAP


Pour rappel, la Banque mondiale vient d’approuver un financement additionnel de 250 millions de dollars pour le Programme d’appui à l’éducation au Maroc, en plus du programme initial de 500 millions de dollars approuvé en 2019.


Ce financement est destiné à soutenir le gouvernement dans la mise en œuvre d’un ambitieux programme de réformes de l’éducation, a récemment indiqué l’institution internationale dans un communiqué. Rabat table sur une croissance du budget de l'éducation nationale de 5 milliards de dirhams (MMDH) par an. En 2022, le budget a déjà été augmenté de 6 % et sera renforcé de 10 % en 2023 : soit en projection, 88 MMDH en 2026 contre 62,5 MMDH en 2022


Une étape critique dans les réformes

Dans son dernier rapport sur la situation économique du Maroc (Le Maroc face aux chocs d’offres) paru en février dernier, la Banque mondiale estime que le royaume atteint une étape critique dans la mise en œuvre des réformes clés : les dépenses publiques resteront élevées en 2023, mais les mesures de mobilisation des recettes adoptées dans la loi de finances devraient contribuer à maîtriser le déficit budgétaire.


La loi de finances 2023 prévoit une augmentation substantielle des dépenses en termes nominaux par rapport au budget initialement approuvé pour 2022 (+12,5 %), mais plus modérée par rapport au budget rectificatif 2022 (+1,7 %), notait le rapport. « Cela traduit l’engagement du gouvernement avec la mise en œuvre de la réforme de la santé et de la protection sociale (notamment le déploiement des allocations familiales universelles fin 2023), mais aussi avec la réforme de l’éducation qui commence à se déployer. Une autre priorité sera de déployer de nouveaux investissements dans les infrastructures hydrauliques », peut-on lire.


Un objectif budgétaire retardé ?

Prenant acte de la nouveauté apportée à la loi de finances 2023 à savoir la publication le la programmation budgétaire triennale « qui offre une certaine visibilité sur les plans du gouvernement non seulement pour 2023 mais aussi pour 2024 et 2025 », la Banque mondiale constate « une augmentation significative dans le budget » entre la période d’avant-crise (Covid-19 et déclenchement de la guerre en Ukraine) avec le retour à la normalité. Le budget étant passé d’une moyenne de 23,7 % du PIB (2017–2019) à 25,6 % du PIB (2023–2025).


Parallèlement à cette augmentation du budget de l’administration centrale, une recomposition des dépenses est en cours, les ministères des secteurs sociaux ayant augmenté leur participation au budget total d’environ 3 % entre 2017 et 2023, note le rapport. « Cette tendance pourrait s’intensifier au-delà de 2023, car le gouvernement arrive à une étape critique dans la mise en place des systèmes de santé et de protection sociale », estime la Banque mondiale.


Dans l’ensemble, le gouvernement a l’intention de revenir aux niveaux de déficit budgétaire d’avant la crise Covid-19 d’ici 2025 et de stabiliser le ratio de la dette en dessous de 70 % du PIB, résumait la Banque mondiale dans son rapport.


« Le gouvernement pourrait rencontrer des difficultés pour atteindre ses objectifs budgétaires à moyen terme », alertait cependant la Banque mondiale. « Les réformes ambitieuses du secteur social et les investissements supplémentaires dans le secteur de l’eau exerceront des pressions importantes sur les finances publiques, et une grande partie de l’assainissement budgétaire prévu dépend du succès des opérations de monétisation des actifs menées par le MEF, et du remplacement, politiquement difficile, des subventions de prix non ciblées par des transferts monétaires directs ciblés sur les ménages pauvres et vulnérables. Dans ce contexte exigeant, la convergence vers les niveaux de déficit budgétaire pré-Covid pourrait prendre plus de temps que prévu dans le budget à moyen terme », détaillait l’institution.


Il s’agira pour la Banque mondiale maintenant d’encadrer cette feuille route pour que les réformes engagées dans les secteurs sociaux ne soient pas insensément budgétivores.

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