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PolitiqueL’agenda de Jean-Luc Mélenchon, attendu au Maroc le 4 octobre

30.09.2023 à 16 H 19 • Mis à jour le 30.09.2023 à 16 H 19 • Temps de lecture : 5 minutes
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Une visite de solidarité post-séisme à Marrakech, deux conférences, à Casablanca et Rabat autour de son dernier ouvrage qui aborde la question cruciale de l’eau et des entrevues avec des chefs de partis politiques, notamment son homologue du PPS, Nabil Benabdellah, vont ponctuer le programme marocain du fondateur et leader de LFI. Une escapade privée clôturera son séjour de quelques jours à Tanger, sa ville natale

Dix ans après sa venue à Rabat pour une conférence sur « L'écosocialisme pour réinventer la politique » organisée par HEM, Jean-Luc Mélenchon sera de retour au Maroc, cette fois pour une tournée qui le mènera à partir du 4 octobre à Marrakech, Casablanca, Rabat et enfin Tanger, sa ville natale.


Le fondateur et figure de proue de la France insoumise (LFI) qui avait fait des déclarations particulièrement appréciées au Maroc sur la résilience du pays, soulignant « la grande force » et « l’extraordinaire solidarité » des Marocains face au séisme du 8 septembre, a choisi de débuter tout naturellement son périple par la ville ocre où il visitera le secteur de la médina qui a le plus souffert de la secousse tellurique. Son agenda, d’après nos sources, n’a pas précisé de passage par le Haut-Atlas où les dégâts ont été les plus sévères et les pertes humaines les plus importantes.


Conférences sur l’eau « un bien commun »

A Casablanca, Mélenchon donnera une première conférence à la Fondation Mohamed Berrada où il présentera son dernier livre, Faites mieux ! Vers la révolution citoyenne (Robert Laffont, 352 pages, 20 euros) dans lequel il développe le volet écologique de ses précédents opus, évoquant notamment le droit à l’eau potable qui fut au cœur de sa thématique du « bien commun » lors de la campagne présidentielle de 2022. Un choix qui fait raccord avec sa conférence de Rabat en 2013, mais qui s’inscrit surtout, selon son entourage, dans le contexte marocain de la mise à exécution sur instructions royales d’une ambitieuse stratégie de l’eau face à l’urgence climatique et au stress hydrique que vit le pays. Dans la capitale économique, Jean-Luc Mélenchon pourrait faire un saut de puce dans le quartier populaire de Sidi Moumen. Il a aussi insisté, apprend Le Desk, pour effectuer une visite « chargée de symboles » à la mosquée Hassan II.


Son programme sera davantage politique à Rabat. Dans la capitale, outre une seconde conférence, toujours pour présenter son ouvrage, prévue à l’Université Mohammed V, il sera reçu, en homologue, par Nabil Benabdellah au siège du Parti pour le progrès et le socialisme (PPS). C’est d’ailleurs à son invitation officielle que le leader de LFI vient au Maroc. Un voyage qui en réalité, à l’origine, avait été envisagé avant le séisme, puisque son nom avait été évoqué lors de la préparation du Forum des droits de l’Homme organisé en marge du festival gnaoua d’Essaouira. « A l’époque, les conditions n’étaient pas réunies », explique au Desk, une source proche de l’organisation, qui ajoute que « c’est dans ce cadre que l’idée d’une visite de Mélenchon a germé ». Ancienne figure militante du Parti socialiste français (PS) demeurée proche de cadors de la gauche hexagonale dont Mélenchon, Mohamed Abdi, aujourd’hui conseiller de Mohcine Jazouli, ministre délégué en charge de l’investissement, avait poussé à la roue dans ce sens. Avec, entre autres, Farida Amrani, députée franco-marocaine La Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), des contacts avaient été noués pour concrétiser ce projet.


Plus tard dans la boucle, l’invitation a été formulée à la presse comme émanant de « plusieurs partis politiques et de membres du groupe d’amitié Maroc-France » présidé par l’Istiqlalien Mohamed Zidouh qui invite l’homme politique français à un dîner. Selon nos sources, Nizar Baraka, ministre de l’Equipement et de l’Eau recevra aussi Jean-Luc Mélenchon au siège de l’Istiqlal pour justement discuter sur les grands chantiers hydrauliques du Maroc, dont celui de l’autoroute de l’eau. Lors de l’entrevue « nul doute aussi que la question de la cause nationale » sera abordée, assure-t-on. Le sujet est en effet sur toutes les lèvres, compte-tenu des positions exprimées sur le dossier du Sahara par la LFI et ses liens « quasi-institutionnels » avec les séparatistes du Front Polisario.


Engager le débat avec « le peuple de gauche »

Dans l’entourage marocain de Jean-Luc Mélenchon, on fait remarquer qu’il est « primordial d’engager le débat avec la gauche française, notamment avec ceux qui comptent aujourd’hui sur l’échiquier politique ». Pour les organisateurs de la visite, la formation de Mélenchon « pèse en France, mais aussi au parlement européen », que lui-même « connait mieux la réalité du Maroc, l’ayant exprimé à maintes reprises ». Et d’expliquer que « ni le parti présidentiel, ni l’essentiel de la droite et son extrême n’ont été au rendez-vous du changement de paradigme de fait imposé par la reconnaissance par Washington de la souveraineté du Maroc sur le territoire du Sahara Occidental ».


On veut donc croire qu’il existe une opportunité réelle a faire bouger les lignes en « jetant de nouveaux ponts avec le peuple de gauche français » y compris sur des sujets aussi clivants que sont le Sahara ou les droits de l’Homme, « la solidarité exprimée par Mélenchon à l’aune du séisme ou encore les résultats d’un récent sondage publié par l’Ifop pour L’Express sur cette solidarité populaire, montrent qu’une lame de fond favorable au Maroc existe bel et bien en France et sur laquelle il est temps de capitaliser tout en évitant le tropisme ambiant des élites vis-à-vis de l’extrême droite ».


A Rabat, Jean-Luc Mélenchon pourrait aussi se réunir avec Abdellatif Ouahbi. Le ministre de la Justice et patron du PAM « a donné son accord de principe, sans pour autant trancher sur les modalités », explique-t-on de source proche.


Il n’y aura cependant pas d’entrevue avec le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch. Des contacts avaient été établis entre le cabinet de Mélenchon et le Rassemblement national des indépendants (RNI), mais là encore « le format d’une rencontre n’a pas été trouvé ».

 

Le fondateur de LFI clôturera sa visite au Maroc par une escapade à Tanger : « Un retour aux sources pour le Tangérois de naissance qui a prévu de se balader dans la vieille ville dans le cadre d’une visite privée ».

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