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SaharaLes trois points de désaccord qui ont fait capoter la visite d’Albares à Alger

27.02.2024 à 17 H 27 • Mis à jour le 27.02.2024 à 17 H 27 • Temps de lecture : 5 minutes
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Devant sceller la réconciliation entre l’Espagne et l’Algérie, après un froid qui dure depuis 2021, la visite du ministre des Affaires étrangères espagnol à Alger a fini par être annulée. Trois points de désaccord ont contribué à cette annulation qui fut un coup dur pour l’Algérie

La diplomatie algérienne a suspendu « sine die  » la visite du ministre des Affaires étrangères espagnol José Manuel Albares, quelques heures avant son début, rapporte le journal espagnol El Confidencial. Selon le journal, qui cite des sources proches de la préparation de ce voyage censé sceller la réconciliation entre les deux pays et le premier d’Albares à Alger, trois raisons, toutes liées au dossier du Sahara, sont derrière son avortement à la dernière minute.


Le dimanche 11 février soir, il a été annoncé que le déplacement d'Albares avait été reporté en raison de « problèmes d'agenda du côté algérien ». D’autres sources officieuses ont indiqué que le président algérien, Abdelmajid Tebboune, « n'était pas disposé » à recevoir le responsable espagnol, contrairement à ce qui est habituel lorsqu'un ministre des Affaires étrangères visite Alger.  Ces raisons, cependant, n’expliquent pas les réelles raisons de l’annulation et cachent une grande partie du « désaccord hispano-algérien au cours des jours précédant la visite », indique El Confidencial.


Toujours selon la même source, la première raison ayant conduit à l’annulation de la visite est le refus du chef de la diplomatie espagnole de discuter le dossier du Sahara. « Le ministre Albares a informé ses interlocuteurs algériens qu'il ne voulait traiter que des questions bilatérales (commerce, énergie, immigration, sécurité, etc.) et non régionales, en commençant par le Sahara Occidental, mais aussi la situation au Sahel, en Libye ou encore la guerre de Gaza », rapporte le journal, soulignant que «  s'il acceptait de débattre des problèmes régionaux, il ne pouvait pas refuser d'aborder celui de l'ancienne colonie espagnole ».


Un refus catégorique, malgré les concessions algériennes

La deuxième raison est aussi liée au refus d’aborder question du Sahara. Le cabinet d'Ahmed Attaf, ministre algérien des Affaires étrangères, ont proposé de publier après la visite un communiqué conjoint abordant, entre autres, la question le conflit du Sahara. Selon le journal, le texte soumis à la partie espagnole était une copie conforme des paroles prononcées par le président Pedro Sánchez le 20 septembre devant l'Assemblée générale des Nations unies, mettant l’accent sur la position de l'Espagne en faveur d’une « solution politique mutuellement acceptable, dans le cadre de la Charte des Nations unies et des résolutions du Conseil de sécurité », sans mention aucune du droit à l'autodétermination du peuple sahraoui, défendu par l’Algérie.


Cependant, malgré ces concessions du côté algérien, qui tenait à « ajouter le nom de l'Algérie à celui de l'Espagne pour faire de ces paroles un communiqué conjoint  », le ministre espagnol a refusé catégoriquement que le communiqué mentionne le Sahara.


Figé sur sa position, Albares a même demandé de connaître à l’avance ce que son homologue algérien comptait dire lors de la conférence de presse conjointe qu’ils devaient tenir à la fin de la visite. « Il était particulièrement intéressé par le contenu de ses réponses à d'éventuelles questions de la presse sur le Sahara », écrit El Confidencial, notant que la partie algérienne a refusé de lui anticiper les réponses d'Attaf. Ce désaccord autour de la conférence de presse fut alors la troisième raison qui a fait capoter la visite d’Albares à Alger.


Un coup dur pour l’Algérie

Avant même son annulation, plusieurs signaux indiquaient que la visite, même si maintenue, ne se déroulerait pas dans des conditions agréables. Ayant pris connaissance de l’approche adoptée par Albares, le président algérien Abdelmadjid Tebboune avait quelques jours auparavant fait savoir son refus de recevoir le ministre au palais d’El Mouradia, rapporte le journal, citant une source proche du dirigeant algérien. Il a alors été envisagé que le premier ministre algérien, Nadir Larbaoui, le remplace, « une proposition qui a déplu à Albares ». À la veille de la visite, les divergences entre les équipes diplomatiques chargées de sa préparation étaient telles qu'Attaf a préféré l'annuler.


Bien qu’intervenue à son initiative, l’annulation de la visite du chef de la diplomatie algérienne constitue un coup dur pour l’Algérie. Sur fond du rapprochement entre le Maroc et l’Espagne, cette dernière se retrouve à l’écart, alors que ses tentatives de se repositionner sur le dossier du Sahara ne trouvent pas échos auprès de la voisine du Nord. Au-delà du conflit du Sahara, la visite prévue d’Albares à Alger devait sceller la réconciliation, alors que  le froid entre les deux pays persiste malgré l'envoi en décembre par Alger à Madrid d'un nouvel ambassadeur. L’ambassade était restée vacante pendant 19 mois, après  la rupture du traité d’amitié et de coopération entre les deux pays, à l’initiative de l’Algérie en réaction à la position du gouvernement espagnol sur la question du Sahara en 2021.


Un autre coup dur pour Alger fut la visite de Sanchez, accompagné par Albares au Maroc. Une semaine après l'annonce de la suspension de la visite d’Albares à Alger, le président du gouvernement espagnol a été invité à se rendre à Rabat, où il a été reçu en audience par le roi Mohammed VI au Palais royal. Albares, qui avait publiquement annoncé sa présence le 21 février à la réunion ministérielle du G20 à Rio de Janeiro, a alors annulé précipitamment ce voyage pour pouvoir accompagner Sanchez, ajoute le journal.


Aux côtés de Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, Sanchez a alors, lors d’une conférence de presse, abordé sans gêne la question du Sahara, réaffirmant le soutien de son pays au Plan d’autonomie préconisé par le Maroc. Lors de ce point de presse, et contrairement à son mot prononcé devant l’AG onusienne, le dirigeant espagnol n’a pas fait mention de l’envoyé de l’ONU au Sahara Staffan de Mistura, dont il avait loué les efforts devant l’AG onusienne. Cette omission, explique-t-on encore, serait en rapport avec le mécontentement du Maroc vis-à-vis de De Mistura , suite à sa visite en Afrique du Sud, un pays qui soutient le Front Polisario.

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