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Education Les défis persistants de la qualité de l’apprentissage au Maroc selon l’OCDE

04.04.2024 à 12 H 24 • Mis à jour le 04.04.2024 à 12 H 24 • Temps de lecture : 4 minutes
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A l'issue de sa deuxième participation au PISA en 2022, le Maroc avait enregistré une nouvelle baisse de résultats. Le niveau des élèves des écoles publiques peine à s'améliorer et une récente étude réalisée par l’OCDE vient confirmer les préoccupations au sujet de l'éducation nationale mettant en lumière les facteurs qui entravent les apprentissages. Détails

Si le Maroc a atteint la scolarisation universelle au niveau du primaire et a connu une croissance significative de la scolarisation dans l'enseignement secondaire du premier et du deuxième cycle, plusieurs problèmes subsistent quant à la qualité des apprentissages, constate une récente étude pilotée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), intitulée « l'évaluation de la performance des établissements scolaires au Maroc »


Une détérioration du niveau des élèves

Les élèves marocains de 15 ans figurent parmi les moins performants des pays participants à l’enquête à l'enquête du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de 2018, « bien en dessous de la moyenne de l'OCDE et également en dessous des autres pays de la région MENA », souligne l’étude.


Rappelons que selon l’enquête PISA 2018, le Maroc se situe parmi les cancres du classement, à la 76 ème place soit en bas de classement des 79 pays qui ont contribué à cette édition. 73.3 % des élèves marocains n’ont pas atteint le niveau de compétence de base (niveau 2) en lecture, 69.4 % des élèves n’ont pas atteint le niveau de compétence de base en sciences et 75.6 % des élèves n’ont pas atteint le niveau de compétence de base (niveau 2) en mathématiques.


Le niveau des élèves marocains s'est ensuite « détérioré depuis 2018 », révélaient les résultats de l'édition 2022 du PISA. Lors de cette édition, les élèves marocains ont obtenu des résultats inferieurs à la moyenne de l'OCDE dans les trois domaines de l'étude, avec 365 points en culture mathématique, 365 points en culture scientifique et 339 points en compréhension de l'écrit.


Ces résultats représentent un recul par rapport à ceux de l'édition de 2018, où les élèves marocains avaient obtenus respectivement 368 points, 377 points et 359 points dans les trois domaines.


L'étude piloté par l'OCDE rappelle également les résultats inquiétants du Programme national d’évaluation des acquis des élèves (PNEA) réalisé par l’Instance nationale d’évaluation en 2016, et qui a ciblé les élèves de première année du secondaire qualifiant.


En moyenne, les résultats des élèves marocains ne dépassent pas 51 points (sur 100) dans les quatre troncs communs (Originel, Lettres et sciences humaines, Technique et Sciences) ainsi que dans les six matières faisant l’objet d’une évaluation (science de la vie et de la Terre, mathématiques, histoire-géographie, français, arabe).


Par ailleurs, 95 % des élèves du tronc commun Lettres et sciences humaines et 75 % des élèves du tronc commun scientifique n’ont pas la moyenne (un score de 50 sur 100) en langue française. 81 % pourcent des élèves du tronc Lettres et sciences humaines et 60 % des élèves du tronc commun scientifique n’atteignent pas la moyenne en langue arabe. 79 % des élèves du tronc Lettres et sciences humaines et 60 % des élèves du tronc commun scientifique n’atteignent pas la moyenne en mathématiques.


Selon la récente étude de l'OCDE, un certain nombre de facteurs influencent la qualité de l'apprentissage des élèves, notamment : le manque de remédiation dans les établissements, la difficulté à mettre en place une différenciation des apprentissages et des curricula très rigides.


En effet, l'étude souligne que même si les écoles sont officiellement responsables de la définition de 15 % du curriculum enseigné, une prérogative introduite pour prendre en compte les spécificités régionales, celle-ci « reste difficile à respecter, en raison d’un manque de capacités pédagogiques au niveau des écoles, ainsi qu’à l’absence d’orientations claires des autorités centrales ».


Par ailleurs, les lacunes dans les apprentissages sont particulièrement marquées pour les élèves des établissements ruraux. En effet, selon les résultats de PISA 2018, les performances des élèves des établissements urbains étant meilleures que ceux des établissements ruraux, avec des scores supérieurs de 42 points en compréhension de l’écrit, de 36 points en mathématiques et de 30 points en sciences (soit l’équivalent de près d’une année d’apprentissage), lit-on.

 

Cela est en partie dû à une distribution inégale des dépenses en éducation par région, par province et par milieu. A titre d'exemple, la dépense par élève de collège en 2012 dans la région du Souss-Massa-Drâa représentait 1,5 fois la dépense dans la région Marrakech Tensift Al-Haouz, bien que les deux régions eussent des niveaux de revenu et des taux moyens de scolarisation similaires. Ces disparités s’observent également entre les provinces, souligne l'étude.


La généralisation de l’offre scolaire dans le milieu rural n'est toujours pas une priorité, selon l'étude qui rappelle qu'en 2012, 65 % des dépenses en éducation concernaient le milieu urbain (qui compte 62 % des élèves scolarisés), contre 32 % des dépenses en éducation pour le milieu rural (38 % des élèves scolarisés.


De plus, les mécanismes de redoublement et de décrochage scolaire, l'absentéisme des enseignants, en plus des raisons socio-économiques et un contexte de pauvreté amènent de nombreux élèves à quitter les établissements.

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