AgricultureMohamed Sadiki fait le point sur une campagne agricole lourdement impactée par le stress hydrique
La sécheresse qui sévit au Maroc pour la cinquième année consécutive a pénalisé en premier lieu les activités agricoles, qui demeurent largement dépendantes des précipitations. Le recul des niveaux des barrages face à une sécheresse devenue désormais structurelle, à son tour, amplifié l’impact sur l’agriculture marocaine, se traduisant notamment par un recul des superficies cultivées, selon les données présentées par Mohamed Sadiki, ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, lors de la session des questions orales de ce 29 avril devant la Chambre des représentants.
Selon le ministre, la rareté des précipitations, en baisse de plus de 30 % par rapport à une année normal et le recul du taux de remplissage des barrages qui se situe à 32 %, ont entraîné une réduction des volumes dédiés à l’irrigation, qui sont passés à 680 millions de mètres carrés (Mm2). Ces niveaux sont les plus bas jamais enregistrés, a déploré le ministre, rappelant que le seuil minimal atteint au cours des dernières années était de 3,5 milliards de mètres carrés (MMm2). En outre, les superficies irriguées depuis les barrages ont été réduites de la moitié, passant de 800 000 hectares (ha) en moyenne à 400 000 ha cette année.
Cette sècheresse, « qui a marqué tant le début de la campagne que le début de l’année », s’est traduit par un rétrécissement des superficies cultivées, laissant attendre des récoltes en-deçà de la moyenne pour les cultures automnales et hivernales dans plusieurs régions du royaume.
Jusqu’à 40 % de réduction des superficies
D’après les chiffres présentés par le ministre, ce rétrécissement des superficies cultivées est général, touchant les différentes cultures à travers les saisons. Les baisses enregistrées lors de cette campagne dépassent les 40 % dans certains cas. Ainsi, s’agissant des cultures automnales, les superficies emblavées de céréales ont reculé de à 2,5 millions d’hectares (Mha), soit « la surface la plus réduite de l’histoire du pays, l’étendue de cette culture n’ayant jamais plongé au-dessous du seuil de 3,4 Mha », selon le responsable.
Pour les forages et les légumineuses, qui figurent parmi les cultures les plus touchées, les baisses se chiffrent respectivement à 18 % et 35 %. Lors de la saison d’automne, ce sont quelque 471 000 ha qui ont été abrité des cultures de forage et 109 000 autres ont été cultivées en légumineuses. Le recul le plus important a concerné les superficies de la betterave à sucre, à 42 % avec 22 672 ha uniquement, alors que les superficies cultivées pour la canne à sucre se sont rétrécies de 35 % à 55 000 ha, soit une baisse de 35 %.
Pour ce qui en est des légumes, la dernière saison d’automne a été clôturée avec un total de 91 000 ha. Les superficies cultivées en hiver ont quant à elles atteint 58 000 ha, ce qui permet de couvrir les besoins du marché national jusqu’au mois de juin prochain, a rassuré Sadiki.
Des récoltes normales prévues dans certaines régions
Après un début de campagne sec, les précipitations enregistrées au cours des derniers mois ont toutefois permis de sauver les cultures printanières. Les superficies cultivées ont ainsi atteint 136 000 ha, dont 31 200 ha consacrés au légumes printaniers. La production en ces légumes devrait ainsi de permettre l’approvisionnement normal du marché national durant l’hiver, a ajouté le ministre, soulignant que la situation des plantations d’arbres fruitiers est « satisfaisante ».
Dans certaines zones ayant connu des volumes importants de pluie, les dernières chutes ont eu « un impact important » sur le sort des cultures. Selon le ministre, certaines celles-ci, et notamment Tanger-Tétouan- Al Hoceima et Fès-Meknès, peuvent s’attendre à des récoltes « normales ».
Pour atténuer l’impact de ces conditions climatiques difficiles et protéger les filières agricoles et d’élevage, a rappelé Sadiki, indiquant que ce soutien est maintenu et « se poursuivra jusqu’à ce que les conditions s’améliorent ». Dans le même sillage, le ministre a souligné que les indemnités seront versées aux agriculteurs assurés dès le mois de mai prochain.
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