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ParlementMi-mandat du gouvernement: criant victoire, Akhannouch liste les « échecs » du PJD

09.05.2024 à 13 H 29 • Mis à jour le 09.05.2024 à 16 H 32 • Temps de lecture : 7 minutes
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Le chef de l’Exécutif Aziz Akhannouch s’est présenté mercredi au parlement pour défendre le bilan à mi-mandat de son gouvernement. Ses adversaires de l’opposition l’ayant devancé en établissant leur propre évaluation, Akhannouch a saisi ce passage devant les députés pour crier, sans équivoque et chiffres à l’appui, la victoire de son équipe face aux « échecs » de ses prédécesseurs

Après avoir dressé son bilan à mi-mandat en avril dernier, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch est encore intervenu le 8 mai devant les représentants pour défendre l'action de l’Exécutif. La plénière du mercredi était consacrée à l’évaluation des réalisations accomplies sur les différents chantiers annoncés par le gouvernement Akhannouch à son arrivée aux commandes. L'objectif étant de faire le point sur les 40 engagements pris en 2021 par la coalition chapeautée par le Rassemblement national des indépendants (RNI) à son investiture.


Lors de son premier passage pour présenter son bilan d'étape, Akhannouch avait en effet exposé les efforts de son équipe, ainsi que les « exploits » réalisés durant cette première moitié de mandat. Cela n'a cependant pas suffi pour mettre fin aux critiques de l'opposition. En plus du Parti de la justice et du développement (PJD), qui a  même devancé Akhannouch en consacrant toute une conférence pour exposer son évaluation de l'action gouvernementale, d'autres formations telles que l'Union socialiste des forces populaire (USFP) ou encore le Parti du progrès et du socialisme (PPS) ont exprimé leur « déception » de l'insuffisance des résultats. Face à cela, le chef de l'Exécutif a opté cette fois-ci pour une autre approche. Pancartes et infographies à l'appui, le patron du RNI, toujours criant victoire -ce qui a été accompli en deux ans étant selon lui «  suffisant pour être considéré comme le bilan d'un mandat gouvernemental complet »-, a préféré focaliser sur les « échecs » de l’ancien gouvernement dirigé par le PJD.


« La légitimité des réalisations »

Devant les parlementaires de la première chambre, dont les leaders avaient défilé en premier l’un après l’autre pour présenter leurs propres positions, Akhannouch a pris la posture du chef confiant dans les « exploits » de son gouvernement. La première partie de son intervention fut ainsi consacrée au rappel des réalisations concrétisées par les différents départements ministériels et à travers l’ensemble des chantiers lancés. « Nous avons présenté devant vous, il y a quelques jours, un bilan de 30 mois de travail, qui est un bilan mi-mandat, montrant que ce gouvernement mérite amplement le titre de gouvernement des réalisations », a-t-il lancé en entamant son oral.


Le chef du gouvernement a ensuite passé en revue les acquis réalisés. Au niveau social, il a listé notamment la protection du pouvoir d'achat des citoyens, à travers une revalorisation des salaires des employés des secteurs public et privé, une augmentation des salaires minimums, outre les aides sociales directes, le soutien direct au logement et la stabilisation des prix de l'électricité et des transports, avec le taux de pauvreté réduit d'environ 4,8 % à environ 3 % seulement. Sur le volet économique, Akhannouch s’est félicité notamment de la maîtrise de l’inflation à 1,2 %, l’augmentation de l’investissement, domestique mais aussi étranger direct dont les revenus ont enregistré cette année une nette amélioration de 25 %, l’amélioration des ressources financières de l'État, à travers l’activation de la loi-cadre de réforme fiscale qui a rajouté 100 milliards de dirhams (MMDH) additionnels aux recettes fiscales, mais aussi à travers a bonne gestion des finances publiques en réduisant le déficit budgétaire de 7 % en 2021 à 4,5 % cette année, ainsi que l’endettement redescendu à 70 % (au lieu de 72 % avant l’arrivée de l’actuel gouvernement).


Comme pour résumer toutes ces réalisations, Akhannouch qui présentait en parallèle des chartes, des infographies, et d’autres visuels en guise de preuves, a noté que « les différents programmes sociaux coûtent environ 80 milliards de dirhams par an », poursuivant que « les ressources financières supplémentaires pour ces programmes sociaux découlent directement de la bonne gestion des finances publiques et de leur activation conformément aux dispositions de la loi-cadre portant réforme fiscale ». Dans ce sens, Akhannouch s'est réjoui d’un autre point : son gouvernement, qui a accédé au pouvoir durant l’une des pires crises économiques traversées par le pays et le monde, n’a pas uniquement tenu le coup, mais a enchaîné les chantiers de développement, ainsi que les réformes « renforçant les fondements de l’État social », tout cela comme tracé par la vision royale. La capacité de son gouvernement « à capter les signaux » et à mener une action « en alignement stratégique avec les orientations royales », en fait ainsi « Le gouvernement de Sa Majesté  », a surenchéri encore le chef de l’Exécutif.


Considérant qu’il a concrétisé une bonne partie de son programme gouvernemental et posé les jalons pour ce qui reste et doit suivre, Akhannouch considère que l’étape actuelle est celle de « consécration de la légitimité des réalisations et début de la légitimité de la continuité  ».


Face aux rumeurs, mensonges et échecs

Pourtant, si pour le chef du gouvernement et ses alliés au parlement la légitimité de ses réalisations est déjà établie, les partis de l’opposition, et à leur tête le PJD, ne sont pas convaincus. Pour ces derniers, comme mis en exergue dans les publications du parti islamiste et lors de sa conférence de presse en fin avril dernier sur le bilan du gouvernement, les échecs du gouvernement Akhannouch sont « importants  ». Entre autres, le parti qui a dirigé le gouvernement pendant dix ans met en avant la destruction de l’emploi, les crises sociales notamment dans l’Éducation nationale mais aussi d’autres secteurs, ainsi que la détérioration des indices de confiance des citoyens, tant dans l’évolution de la situation économique que dans l’action du gouvernement.


Face à tout cela, et tenant compte des efforts de son gouvernement, Akhannouch se dit « surpris d'entendre les rumeurs des politiciens qui avaient de grandes responsabilités dans la gestion du pays (mais qui, ndlr) n'ont rien accompli et ne laissent personne réaliser des exploits ». Le chef du gouvernement s’est en pris ensuite, point par point, à ces « mensonges », en soulignant par la même occasion les échecs de l’ancien gouvernement dirigé par le PJD.


Ainsi, ce dernier l’accusant d’avoir endetté le pays, Akhannouch commence par dire : « La réalité est que ce gouvernement a trouvé un niveau d'endettement équivalant à 72 % du PIB brut (il était de 52 % en 2011). Aujourd'hui, il est redescendu à 70 % et nous œuvrons à continuer de réduire ce taux  ». Cela, tout en soulignant que tandis qu’à la première crise rencontrée, l’ancien gouvernement a opté pour « la solution facile en retirant 5 milliards de dollars liés à la ligne de crédit de la Banque mondiale », son gouvernement, pour qui l’encours à la dette extérieure « aurait été acceptable compte tenu de la conjoncture mondiale difficile marquée par des crises multiples  », n’a pas eu recours à des solutions faciles comme la privatisation ou l’endettement extérieur. « Nous avons obtenu une nouvelle ligne de crédit, que nous n'avons pas utilisée  », a-t-il ajouté.


S’attaquant aux rumeurs autour des programmes sociaux, Akhannouch a fait appel aux résultats chiffrés de l’action de son gouvernement : pour 76 000 veuves bénéficiant du programme Daam Aramil, plus de 375 000 familles dont les femmes sont veuves, bénéficient aujourd’hui d'une aide sociale directe, alors que le soutien à cette catégorie de femmes est porté de 350 à 400 dirhams par mois par enfant d'ici 2026. En outre, 1,2 million de personnes âgées de plus de 60 ans bénéficient désormais d'une aide sociale directe d'au moins 500 dirhams par mois, en plus de 5 millions d'enfants depuis leur naissance jusqu'à l'âge de 21 ans, contre 2 millions d’élèves recevant des montants limités à partir de 60 DH auparavant avec le programme Tayssir. A ces chiffres le chef du gouvernement ajoute : « Certains propageaient que 18 millions de citoyens bénéficiaient du régime RAMED. En réalité, lorsque nous avons pris en charge cette responsabilité, nous avons demandé la base de données de ce régime et avons constaté que seules 4 millions de familles en bénéficiaient, soit environ 10 millions de citoyens (dont, ndlr) certaines personnes aisées, possédant des voitures et des terres  ».


Démontrant l’invalidité des arguments et chiffres « inventés »  avancés par ses adversaires, Akhannouch s’est attaqué de la même manière aux « rumeurs  » concernant les investissements, la privatisation à travers les financements innovants ou encore la problématique du l’eau sur laquelle l’ancien gouvernement a cumulé, selon lui, les retards et échecs. Abordant le grand reproche contre son gouvernement, à savoir la détérioration de l’emploi avec près de 300 000 emplois perdus et un pic du chômage, Akhannouch se justifie en disant : «  La réalité confirme que nous avons vécu trois années consécutives de sécheresse. Cela a coûté 200 000 emplois par an dans le secteur agricole. En revanche, nous avons créé 600 000 emplois  ». Le chef du gouvernement, qui évoque une reprise dans plusieurs secteurs, promet durant la deuxième moitié de son mandat de mettre davantage l'accent sur l'emploi. « Nous sommes sûrs de récupérer les emplois perdus en raison de la sécheresse », conclut-il.

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