FootballMondial 2030: les points forts et les risques de la candidature Maroc-Espagne-Portugal
Le Mondial 2030, devant être co-organisé par le Maroc, l'Espagne et le Portugal, aura lieu du 13 juin et le 21 juillet 2030, indique la Fédération internationale du football association (FIFA) dans son rapport d’évaluation de la candidature de la Coupe du monde 2030, publié ce 30 novembre. En plus de proposer d'organiser, pour la première fois, la Coupe du monde sur deux continents, « la candidature conjointe à l’organisation de la Coupe du Monde de la FIFA 2030 se caractérise avant tout par sa qualité d’ensemble », souligne la FIFA, ajoutant que « cette solidité se retrouve dans l’évaluation technique, qui porte aussi bien sur les infrastructures (sportives et autres) que sur le potentiel commercial ».
Selon le même document, la candidature conjointe portée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal a obtenu une note globale de 4,2/5. Les notes attribuées à chaque sous-catégorie d’évaluation ont varié entre 3,9/5 pour les installations pour les équipes et les arbitres et 4,3/5 pour les transports et les sites du Centre international de diffusion. D’autres critères, à savoir les sites du FIFA Fan Festival (4/5), les stades (4,1/5) et l’hébergement (4,2/5), ont également été tenus en compte dans l’évaluation.
Une vision ambitieuse et des options « intéressantes »
La vision du Maroc, de l’Espagne et du Portugal pour la Coupe du Monde 2030, titrée « Yalla Vamos ! » (Allez !), slogan dont Le Desk révélait l'adoption en 2023, reflète une ambition qui fait écho au mot d’ordre de la FIFA : le football unit le monde. Le pitch des trois pays est axé sur la promotion de l’inclusion et de l’unité, soutenant l’idée que le football et la compétition permettront « de faire tomber les barrières et de rapprocher les peuples autour de la célébration de l’humanité tout entière », souligne dans ce sens la FIFA. Cette vision, ajoute la fédération, consiste à « s’appuyer sur la compétition pour accroître encore avantage la participation de tout un chacun en modernisant les installations, en organisant des activités interactives en amont et en accélérant la prise d’initiatives en matière de développement durable sur les sites sportifs ainsi que dans la gestion évènementielle ».
La FIFA explique par ailleurs que la candidature des trois pays propose un large choix de sites de grande qualité, répartis à travers 17 villes hôtes aux profils variés. « Elle associe des installations existantes, emblématiques et reconnues qui accueillent régulièrement les plus grands clubs du monde ainsi que des projets de modernisation (constructions et rénovations) ». Le nouveau Grand stade Hassan II, qui est appelé à devenir le plus grand stade de football au monde et dont les travaux sont déjà en cours, constitue un autre atout fort de la candidature.
Le stade figure parmi les trois stades proposés pour le match d'ouverture ou pour la finale, aux côtés du Camp Nou de Barcelone et du Santiago Bernabeu de Madrid.
Celle-ci, indique la FIFA, propose ainsi « des options variées et intéressantes pour ses stades, qui sont au nombre de 20 : six au Maroc, trois au Portugal et 11 en Espagne. Cela dépasse les exigences minimales (14 stades) définies pour la Coupe du Monde 2030, ce qui offre suffisamment de flexibilité pour choisir des enceintes diversifiées et emblématiques dans les trois pays ». En outre, « les différentes propositions présentent toutes de sérieux arguments en termes d’héritage », ajoute la même source.
Des structures d’accueil et d’hébergement conformes aux normes
S’agissant des installations pour les équipes et les arbitres, la candidature Maroc-Espagne-Portugal propose un total de 176 combinaisons d’installations, composées de 94 hôtels pour les camps de base des équipes, deux hôtels pour le camp de base des arbitres et 80 hôtels spécifiques aux sites pour les équipes, rappelle la FIFA. « Sur la base de la documentation fournie, les hôtels proposés semblent de bonne qualité et les sites d’entrainement de très bonne qualité. Cela a été confirmé par les visites d’inspection organisées dans le cadre de la procédure de candidature », souligne la même source. Celles-ci « répondent largement aux exigences et permettraient la bonne tenue de la compétition », ajoute la fédération, soulignant que « les listes fournies offre suffisamment de flexibilité́ pour définir la configuration optimale ».
De même, les propositions d’hébergement dans toutes les villes présentées « satisfont aux exigences minimales pour les groupes de base de la FIFA voire, dans de nombreux cas, les dépassent en termes de quantité, de répartition, de capacité d’accueil, de catégorie, de localisation et de distance par rapport à d’autres sites tels que les sites d’entrainement et les stades ». Pareillement, les propositions présentées pour accueillir le Centre international de diffusion, à savoir la Foire Internationale de Casablanca et la Recinto Ferial Casa de Campo de Madrid, sont toutes deux « en mesure d’accueillir la structure et répondent à la plupart des exigences y afférentes », ajoute le document.
La candidature conjointe pour le Mondial 2030 offre également un large éventail de choix pour les sites des évènements liés à la compétition, trois sites, un par pays, pour le tirage au sort de la phase finale, et deux sites, un au Maroc et l’autre en Espagne, pour le Congrès de la FIFA, et trois sites, un par pays, pour le séminaire des équipes. Cela permettra de « trouver une configuration de sites pour répondre aux critères d’organisation dans chaque cas ». Même chose pour les sites du FIFA Fan Festival pour lequel divers sites ont été proposés et qui « bénéficient majoritairement d’un emplacement central et ont été choisis stratégiquement afin de favoriser l’engouement des supporters ». Tous ces sites répondent aux exigences en matière de capacitéé d’accueil, d’emplacement, de sécurité et de qualité, et « illustrent la volonté affichée des candidats d’offrir aux supporters des expériences aussi variées que conviviales ».
En ce qui concerne le transport, la candidature, souligne la FIFA, « offre de très bonnes connexions interurbaines par avion, par train à grande vitesse et via les réseaux autoroutiers. L’Espagne, le Maroc et le Portugal disposent d’aéroports internationaux très développés capables de prendre en charge un important trafic aérien ».
Un important potentiel commercial
Alors que la FIFA exige que le coût global de l’organisation soit inférieur de 250 millions de dollars (M $) à celui du référentiel, la co-organisation à trois pays de la coupe du monde pourrait présenter des difficultés à ce niveau, le modèle proposé pouvant avoir « des répercussions sur la plupart des postes de dépenses du budget ». Cependant, l’inflation que pourraient connaître les coûts « devrait être largement contrebalancé par les potentielles économies identifiées », selon la FIFA.
En termes de revenus, la fédération prévoit en effet une augmentation des droits médias et marketing devraient, avec une hausse de 5 % des audiences TV mondiales par rapport à l’édition précédente, et un accroissement de 20 % des revenus bruts pour la billetterie et l’hospitalité, par rapport au montant du référentiel. De plus, la FIFA a identifié d’autres sources de revenus associés à l’organisation des matches, notamment l’exploitation de licence, le commerce de détail et la restauration. Globalement, la candidature devrait « largement » dépasser (d’environ 50M $) le montant du référentiel pour l’exploitation de licence, avec un revenu total issu de la restauration de 3 M $ au-delà du montant du référentiel.
Globalement, « la candidature devrait obtenir de bons résultats dans toutes les principales sources de revenus, notamment du fait des fuseaux horaires favorables, de la grande qualité des stades et de la forte demande locale. Au vu du budget prévisionnel de la compétition, qui est inférieur au référentiel, la FIFA estime donc que la candidature présente une solide position commerciale ».
Des risques modérés
Si la candidature conjointe Maroc-Espagne-Portugal a été critiquée auparavant au regard d’engagements « insuffisants » ou « pas très clairs » en matière du respect des droits de l’Homme, la FIFA estime dans son évaluation que le dossier des trois pays « fait état d’une bonne compréhension des exigences en matière de droits humains et offre une base intéressante pour l’élaboration de systèmes efficaces permettant de maîtriser les risques liés à la compétition dans les trois pays ». D’autant plus, « documentation fournie présente une base solide pour la mise en œuvre de mesures destinées à gérer les retombées en matière de droits humains, et ce principalement en ce qui concerne le droit du travail, la liberté́ d’expression, la diversité et la lutte contre la discrimination, ainsi que la prévention ».
En outre, la candidature des trois pays présente un engagement « fort et réaliste » en faveur du développement durable. « Les tenants de la candidature confirment leur intention de respecter l’Accord de Paris et la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) – Le sport au service de l’action climatique, ainsi que la norme ISO 20121 relative à la gestion responsable des activités évènementielles. Ils s’engagent également et sans ambiguïté à respecter le principe de consultation des parties prenantes », indique la fédération.
Selon l’évaluation, les risques liés à ces deux thématiques sont de niveau « faible », tout comme pour les autres composantes de l’évaluation. Les réserves exprimées par la FIFA, avec des niveaux « moyens » de risque, se rapportent notamment aux stades et au cadre juridique.
« En raison de l’ampleur des projets annoncés (principalement au Maroc et en Espagne) et de la compacité́ de certains sites (notamment au Portugal et en Espagne), un profil de risque légèrement élevé a été identifié », explique le document, tout en soulignant que « l’anticipation des chantiers dans de nombreux cas, ainsi que la qualité et l’exhaustivité des plans présentés, la grande implication et la compétence des équipes en charge de la réalisation des projets et la possibilité de tester les protocoles opérationnels dans ces stades en amont constituent de réels facteurs d’atténuation des risques et invitent à la confiance ».
En ce qui concerne le cadre juridique, la même source note seulement qu’il « conviendrait de clarifier les aspects liés aux stades, à l’hébergement et aux sites d’entraînement avec les autorités compétentes en Espagne et au Portugal (ainsi que les aspects liés aux aéroports en Espagne) afin de garantir la conformité des déclarations concernées et d’établir un cadre contractuel solide ».
Selon le document publié ce samedi, la formalisation de la validation de cette candidature aura lieu le mercredi 11 décembre 2024. L'ensemble des pays membres de la FIFA voteront par visio-conférence.
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