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Leadership Bridge Africa Summit 2025 : à l’UM6P Benguerir, l’Afrique invente ses propres modèles de leadership

17.07.2025 à 16 H 33 • Mis à jour le 18.07.2025 à 10 H 09 • Temps de lecture : 4 minutes
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L’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) a donné aujourd’hui le coup d’envoi de la deuxième édition du Bridge Africa Summit. Pendant trois jours, du 17 au 19 juillet, 130 jeunes leaders venus de plus de 30 pays africains se rassembleront pour imaginer des formes de gouvernance capables d’accompagner les grandes transitions du continent. Les détails

Du 17 au 19 juillet, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) de Benguerir accueille la deuxième édition du Bridge Africa Summit. Cet événement réunit 130 jeunes leaders issus de plus de 30 pays africains pour repenser les formes de leadership nécessaires aux grandes transitions du continent, qu’il s’agisse des enjeux climatiques, de l’innovation sociale ou des mutations économiques.


L’événement, placé sous le thème « Un nouveau leadership africain », s’articule autour de trois séquences : immersion dans les dynamiques locales de transformation, co-création collective, puis engagement vers l’action. Plus qu’une simple conférence, Bridge Africa se veut un espace participatif où les idées s’ancrent dans le réel.


Un sommet pensé comme un mouvement

Lors de la séance inaugurale, Hicham El Habti, président de l’UM6P, a rappelé l’esprit qui anime ce rendez-vous « On dit souvent que l’Afrique est le continent du futur. Mais ce futur ne viendra pas tout seul. Il doit être façonné intentionnellement et collectivement. C’est pourquoi Bridge Africa existe : pour que la jeunesse africaine ne soit pas un problème à résoudre mais des partenaires en stratégie, des co-auteurs de politiques, des architectes de la transformation ».


Il a souligné que ce mouvement est né ici même, à Benguerir, porté par une philosophie différente : « Nous n’importons pas de modèles, nous construisons des écosystèmes. Bridge Africa n’est pas seulement un titre, c’est un verbe : relier. Relier où nous avons été à où nous devons aller ».


Khalid Baddou, président du Forum Bridge Africa, a pris la suite en exposant les cinq principes qui structurent cette initiative : un sentiment d’appartenance à une histoire commune, un leadership fondé sur la responsabilité, un impact durable, une collaboration transfrontalière et l’authenticité comme méthode.


« Ces valeurs ne sont pas des décorations, elles sont l’architecture même de Bridge Africa. Depuis l’édition 2024, elles ont permis l’émergence d’initiatives concrètes : la Youth Tech Challenge au Cameroun, une Leadership Academy au Mali, un projet d’économie circulaire au Bénin, une refonte des systèmes de crédits carbone au Kenya. Ce ne sont pas des à-côtés, ce sont exactement les actions que ce mouvement devait porter : enracinées dans le réel, construites avec soin, alignées sur une vision », a-t-il souligné.


Réfléchir aux conditions du changement systémique

Pour Lex Paulson, directeur de l’École de l’Intelligence Collective de l’UM6P, il est essentiel de sortir de l’illusion du « leader providentiel » et de penser le leadership comme une pratique distribuée :


« Le changement systémique n’arrive jamais par magie. Il repose sur trois éléments : une coalition de leaders à la fois internes et externes aux systèmes, un mouvement participatif où chacun peut exercer une part de leadership, et un moment opportun, où la frustration collective devient une énergie mobilisatrice », explique-t-il.


Il a également insisté sur la nécessité de clarifier les stratégies à travers une théorie du changement, pour prioriser les actions et mesurer l’impact : « On ne peut pas tout faire, on ne peut pas boire tout l’océan. Il faut choisir les interventions les plus puissantes, celles qui changent les règles du jeu ».


Amadou Diaou, consultant et entrepreneure sénégalais, a apporté un regard plus personnel et historique sur la nécessité de créer des réseaux et de réformer les systèmes éducatifs. Il a raconté comment, dans les années 1980, il avait réuni au Sénégal des jeunes diplômés, l’État et le patronat pour plaider en faveur de méthodes pédagogiques innovantes.


Son parcours, marqué par l’impact concret et l’engagement pour sa ville de Saint-Louis, a rappelé aux participants que le leadership se mesure aussi par ce qu’on laisse derrière soi et que « tout changement commence par un petit noyau de personnes décidées à agir ».


Trois jours pour co-créer un futur africain

Les prochaines journées du sommet permettront aux participants d’entrer dans des ateliers immersifs, des visites des pôles de recherche et d’innovation de l’UM6P, ainsi que des sessions de co-création autour des grands défis du continent.


Le sommet s’achèvera samedi par une cérémonie d’engagement collectif, où sera dévoilé l’appel Bridge Africa 2025 destiné aux décideurs africains, afin de refonder les pratiques de leadership à partir des réalités vécues et d’une éthique de responsabilité partagée.


Pour Khalid Baddou, cette démarche dépasse largement les trois jours à Benguerir : « Bridge Africa n’est pas un projet fini. C’est une méthode, une communauté et une discipline collective. Un mouvement vivant, enraciné dans les réalités africaines et qui grandit avec chacun de ceux qui le portent ».

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