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IntérieurChiens errants : Laftit défend l’approche marocaine et dénonce les campagnes de désinformation

23.07.2025 à 16 H 52 • Mis à jour le 23.07.2025 à 17 H 12 • Temps de lecture : 4 minutes
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Le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit a défendu la stratégie nationale de gestion des chiens errants, assurant qu’elle respecte les principes du bien-être animal tout en répondant aux impératifs de sécurité publique. Face aux critiques internationales, il a dénoncé des campagnes de désinformation, rappelant les efforts déployés en matière de stérilisation, de vaccination, d’équipement des collectivités et de création de structures vétérinaires spécialisées

Lors de son intervention à la Chambre des conseillers, le mardi 22 juillet, Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, a tenu à réaffirmer l’engagement des autorités marocaines à gérer le phénomène des chiens errants dans le respect du bien-être animal. Il a précisé que toutes les opérations menées en la matière sont encadrées par la loi et impliquent les associations de protection animale, dans une approche équilibrée conciliant sécurité publique et droit à la vie des animaux.


Le ministre a mis en avant la portée de la loi n° 19.25 relative à la protection des animaux errants, insistant sur sa vocation à prévenir les risques tout en assurant une prise en charge conforme aux principes de respect des droits des animaux. Cette législation, a-t-il souligné, vise à garantir un équilibre entre la protection de la population et le traitement digne de ces animaux souvent marginalisés.


Abdelouafi Laftit a profité de cette occasion pour dénoncer les « attaques médiatiques systématiques » dont le Maroc est la cible, particulièrement sur la question des chiens errants. Selon lui, ces campagnes se fondent sur des informations erronées, déconnectées de la réalité du terrain, et ignorent les efforts déployés par les autorités en matière de prévention sanitaire, de protection animale et de santé publique.


Parmi les mesures entreprises, le ministre a rappelé l’émission de plusieurs circulaires invitant les collectivités territoriales à aménager des centres dédiés à la collecte et à l’hébergement des animaux errants, en leur fournissant les moyens matériels et humains nécessaires. Il a insisté sur l’importance du travail mené par les équipes d’intervention, formées et bien équipées, qui procèdent à la capture continue des chiens errants tout en excluant ceux qui ont déjà été stérilisés et identifiés.


Un investissement de 240 MDH en 5 ans

Un effort budgétaire conséquent a été consenti dans ce domaine, a-t-il poursuivi, annonçant que près de 240 millions de dirhams (MDH) ont été investis ces cinq dernières années dans la création de centres aux standards internationaux, ainsi que dans l’achat de matériel de collecte et de stérilisation.


Le dispositif repose aujourd’hui sur une approche renouvelée, mise en œuvre dans le cadre d’un accord-cadre signé en 2019 entre le ministère de l’Intérieur, le ministère de la Santé et de la Protection sociale, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) et l’Ordre national des vétérinaires. Cette stratégie privilégie la stérilisation chirurgicale et la vaccination antirabique pour freiner la reproduction des chiens errants, avec l’objectif de stabiliser d’abord leur nombre, puis de le réduire progressivement.


En appui à ce programme, plus de vingt dispensaires animaliers sont prévus d’ici fin juillet 2025, dont celui de Rabat, déjà opérationnel. À Casablanca, Tanger, Marrakech, Agadir et Oujda, les chantiers de cinq autres structures ont atteint 95 % d’avancement. Des dispensaires sont également en construction à Ifrane et Sidi Slimane, tandis que le financement de cinq unités supplémentaires à Kénitra, Errachidia, Khémisset, Mediouna et M’diq-Fnideq a été validé. D’autres projets sont à l’étude dans les villes de Dakhla, Fès, Chichaoua, Fahs Anjra, Taroudant et Sidi Kacem.


Une enveloppe de 40 MDH pour la prévention contre la rage

Le ministre a par ailleurs annoncé le lancement à Kénitra des travaux de construction d’un complexe vétérinaire mobile, pensé comme un modèle de gestion itinérante des chiens et chats errants. Ce dispositif souple et déployable d’une région à l’autre offrira des services complets : stérilisation, vaccination, traitement et hébergement temporaire. Il a vocation à renforcer la réactivité des interventions, notamment dans les zones peu dotées en infrastructures fixes. Selon Abdelouafi Laftit, son évaluation permettra d’envisager sa généralisation à l’échelle nationale.


Enfin, en matière de prévention contre la rage, Laftit a indiqué que 40 MDH sont transférés chaque année par son ministère à l’Institut Pasteur du Maroc pour l’achat de vaccins et de sérums. Ce matériel est ensuite distribué à 565 centres de santé, dont plusieurs en milieu rural. À ce budget s’ajoutent 40 MDH supplémentaires alloués par les collectivités locales à leurs propres centres (115 au total), ce qui porte à 80 MDH par an l’effort national consenti pour lutter contre cette maladie.


Par l’ensemble de ces mesures, Abdelouafi Laftit a voulu souligner que la gestion des chiens errants au Maroc ne relève ni de l’improvisation ni du laxisme, mais d’une politique publique progressive, centrée sur la santé publique, la sécurité des citoyens et le respect de la vie animale.

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