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Sécurité routièreCyclomoteurs : Akhannouch met un frein sec aux speedomètres de la NARSA

21.08.2025 à 19 H 56 • Mis à jour le 22.08.2025 à 10 H 36 • Temps de lecture : 5 minutes
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Ce jeudi 21 août, sur instruction de la chefferie du gouvernement, le ministère du Transport et de la Logistique a annoncé le report de l'application de speedomètres pour contrôler la vitesse maximale des cyclomoteurs, mesure qui avait suscité la polémique. Cette décision sonne comme un désaveu pour la NARSA. Retour sur un échec annoncé

Dans un premier temps, la communication s'était faite au détour d'un paragraphe concluant les récents chiffres des accidents de la route dévoilés par l'Agence nationale de sécurité routière (NARSA). L'institution, relevant du ministère du Transport et de la Logistique et dirigée par Nacer Boulaajoul, faisait savoir qu'elle allait bientôt lancer l’usage de tout nouveaux speedomètres pour le contrôle de la vitesse maximale des cyclomoteurs. C'est que, d'après les chiffres révélés par la NARSA, à fin juillet 2025, une hausse de 48,9 % des décès a été enregistrée dans des accidents survenus en ville, impliquant souvent des deux-roues motorisés.


Immédiatement, les speedomètres ont été déployés, confiant la tâche aux agents de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) pour mettre en œuvre ce nouveau type de contrôle dans le milieu urbain.


Ce qui n'avait pas manqué de susciter la polémique, comme en témoignent de nombreuses vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, où les conducteurs de cyclomoteurs faisaient état de leur indignation et de leur désespoir face à une situation plutôt cocasse. La nouvelle mesure de la NARSA prévoit d'infliger une amende de 5 000 dirhams à tout propriétaire d'un cyclomoteur de petite cylindrée (inférieure ou égale à 50 centimètres cubes – cm3) pouvant dépasser la vitesse maximale de 58 km/h. Or, lesdits propriétaires, utilisant pour la plupart leurs engins comme outils de travail et se trouvant souvent dans l'impossibilité de payer une telle somme, voyaient leurs véhicules immédiatement saisis puis détruits. En clair, la décision de la NARSA n'avait pas pris en compte les considérations socio-économiques des conducteurs de cyclomoteurs, souvent dans une situation de précarité financière.


Un report décidé en catastrophe

D'après les informations recueillies par Le Desk, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a donné ses instructions, dans la matinée du jeudi 21 août, à Abdessamad Kayouh, ministre du Transport et de la Logistique, pour intervenir et prendre le dossier en main. D'où l'annonce, le même jour, par voie de communiqué, du report de l'application de la procédure encadrant les opérations de contrôle de la conformité des cyclomoteurs à l'aide d'un appareil de mesure de vitesse (speedomètre). Le texte souligne précisément qu'il s'agira de reporter la mise en œuvre du contenu de la note adressée le 6 août par la NARSA à la DGSN.


Le ministère ne manque pas de rappeler que les mesures contenues dans la note susmentionnée visent à faire face à l'augmentation inquiétante du nombre de décès parmi cette catégorie d'usagers de la route, avec un total de 1 738 décès enregistrés en 2024, soit plus de 43 % du nombre global de décès dus aux accidents de la route, faisant savoir que la majorité desdits accidents sont dus à une vitesse excessive résultant de modifications illégales des caractéristiques techniques de ces cyclomoteurs.


Le département dirigé par Abdessamad Kayouh ajoute que sur cette base, et compte tenu des exigences en matière de sécurité routière ainsi que des conditions sociales et économiques des catégories concernées, et afin de tenir compte des capacités des citoyens et de garantir les droits des propriétaires de ces véhicules, et après consultation et coordination avec le Chef du gouvernement, il a été décidé de revoir le contenu de la note susmentionnée, en accordant un délai suffisant aux propriétaires de motos afin de leur permettre de s'assurer que leurs motos sont conformes aux normes d'homologation, notamment en matière de respect de la cylindrée légale qui ne doit pas dépasser 50 cm3, ainsi que pour la vitesse maximale, fixée à 50 km/h, et leur remise en conformité, le cas échéant.


La durée de ce délai sera déterminée après la réunion de la commission permanente de la sécurité routière et après des consultations avec l'ensemble des acteurs et intervenants concernés, qui seront supervisées par le ministère du Transport et de la Logistique. Et le ministère de confirmer la poursuite des opérations de sensibilisation à travers différents supports audiovisuels, numériques et sur le terrain afin de garantir l'adhésion des catégories cibles.


Une acquisition déjà prévue par la NARSA, mais sans communication

Si la NARSA a transmis sa note à la DGSN au début du mois d'août, l'Agence avait pourtant déjà préparé l'acquisition de ces speedomètres. En effet, la NARSA avait engagé depuis novembre 2023 des consultations pour l'acquisition de speedomètres portables de contrôle de la vitesse des cyclomoteurs. À l'époque, les deux candidats ayant postulé pour l'appel d'offres, Geirem et Marcotec, ont été écartés.


Quelques mois plus tard, rebelote : la NARSA relançait le même appel d'offres… qui sera une nouvelle fois déclaré infructueux. Il faudra attendre septembre 2024 pour que le marché soit remis en jeu et enfin attribué à Geirem, acteur connu du secteur et habitué à livrer des radars à la NARSA. Au total, 18 speedomètres sont acquis pour un montant global de 1,12 million de dirhams (MDH).


Pendant tout ce temps, aucune communication n'a été faite par l'Agence pour préparer les usagers comme les importateurs et distributeurs de cyclomoteurs, qui sont les premiers concernés. Résultat, les usagers se retrouvent dans une situation pour le moins anormale : ils sont sanctionnés pour avoir acquis des cyclomoteurs neufs et importés légalement… mais ne respectant pas des requis techniques comme celui du respect d'une vitesse maximale. Voilà qui pose la question des contrôles à l'importation et des procédures d'homologation des deux-roues motorisés.


Autant de considérations étrangement négligées par la NARSA, désireuse d'appliquer à la va-vite une mesure, dont les implications demeurent dangereuses tant il est question d'impact socio-économique, pouvant mener à une crise sociale.

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Par @soufianesbiti
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