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SaharaRima Hassan documente l’abandon des camps de Tindouf au Polisario par l’Algérie

29.08.2025 à 09 H 00 • Mis à jour le 29.08.2025 à 09 H 31 • Temps de lecture : 5 minutes
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Une étude publiée par un observatoire fondé par l’eurodéputée franco-palestinienne (LFI) Rima Hassan dépeint une situation où Alger a volontairement déserté ses obligations, confiant aux seules autorités du Polisario la gestion de camps de Tindouf livrés à la malnutrition, à l’insalubrité et aux violations des droits fondamentaux

Publié par l’Observatoire des camps de réfugiés, fondé en 2019 par l’eurodéputée franco-palestinienne, le rapport décrit un système où Alger a cédé toutes ses responsabilités au Front Polisario, laissant les populations de Tindouf dans un vide juridique et une dépendance humanitaire chronique. La diffusion de ce document intervient alors que Rima Hassan, longtemps perçue comme proche d’Alger, prend ses distances avec sa rhétorique officielle sur le Sahara.


Installés depuis 1976 dans une zone désertique et isolée, les camps de Tindouf imposent des conditions extrêmes : chaleurs estivales supérieures à 50 °C, hivers rigoureux, tempêtes de sable et inondations dévastatrices.


Le rapport rappelle que, depuis plus de quarante ans, une partie de la population originaire du territoire du Sahara occidental est installée dans des camps au sud de l’Algérie, illustrant un exil prolongé sans perspective de retour ni de réinstallation durable.


L’Algérie se désengage au profit du Polisario

L’étude insiste sur un fait central : « L’Algérie s’est désengagée officiellement de la gestion des camps de réfugiés au profit du Front Polisario. » Ce transfert concerne toutes les prérogatives administratives, judiciaires, militaires et politiques, conférant au Polisario un contrôle presque total sur le territoire des camps.


Le rapport note que cette délégation « pose problème dans le domaine des droits de l’homme  », car les populations ne peuvent pas recourir à une justice institutionnelle en cas de violation. Rabouni, le camp administratif central, abrite les structures du Polisario et les agences internationales, mais illustre l’absence totale de supervision par Alger.


Une dépendance totale de l’aide internationale

Le rapport indique également que les camps ne fonctionnent que grâce à une aide humanitaire continue. Chaque habitant reçoit une ration mensuelle minimale de farine, de riz, de légumes secs, d’huile et de sucre, fournie par le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), mais redistribuée par le Polisario. Malgré cela, l’Unicef signale des taux élevés de malnutrition et d’anémie.


L’accès à l’eau reste précaire : certains camps disposent de puits, mais la majorité dépend des ravitaillements par camions-citernes. « Cette pratique n’est pas sans risque », prévient l’étude, qui alerte notamment sur l’oxydation des réservoirs. Les inondations de 2015 ont par ailleurs détruit des infrastructures essentielles, affectant des milliers de personnes.


L’électricité reste rare, fournie dans un seul camp par des panneaux solaires, et les habitations, passées des tentes aux constructions en briques, demeurent vulnérables aux intempéries. La gestion des déchets est également problématique : faute de solutions adaptées, ils sont souvent brûlés en plein désert, au risque de contaminer les nappes phréatiques.


Quant à l’économie locale, elle s’est transformée avec le temps : du troc des années 1970, elle a évolué vers une société de consommation alimentée par les devises de la diaspora.


Santé, logement et éducation fragiles

Les infrastructures médicales locales sont limitées à des dispensaires, avec un hôpital à Rabouni pour les cas graves. Le rapport insiste sur la dépendance totale aux ONG et aux agences onusiennes en matière de santé.


Le système éducatif permet un niveau d’alphabétisation, mais l’enseignement supérieur n’existe pas sur place. De nombreux jeunes issus des camps poursuivent leurs études en Algérie, en Espagne ou à Cuba, ou choisissent l’exil économique vers l’Europe.


Violations des droits humains persistantes

Le rapport se montre particulièrement critique concernant le respect des droits fondamentaux. Il rappelle ainsi que des civils ont été jugés par des juridictions militaires en 2013, en violation du droit international. Des témoignages dénoncent des cas de détention prolongée, de mauvais traitements et de torture, commis par des forces de sécurité locales bénéficiant d’une impunité quasi totale.


La liberté d’expression est fortement encadrée : les critiques remettant en cause le projet d’indépendance sont marginalisées. Le cas de Mustapha Ould Selma, arrêté en 2010 après avoir soutenu un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine, reste emblématique.


Enfin, l’étude évoque la persistance de pratiques d’esclavage ou de travaux forcés, malgré une interdiction officielle depuis 2010.


Le virage politique de Rima Hassan

La publication de ce rapport intervient alors que Rima Hassan traverse une rupture avec Alger. Longtemps cataloguée proche des thèses du Polisario, l’eurodéputée de La France Insoumise (LFI) a adopté depuis ce mois d’août un ton plus nuancé, dans la lignée de son mentor Jean-Luc Mélenchon, reconnaissant les investissements massifs réalisés par Rabat au Sahara et rappelant les liens historiques des tribus locales avec le Maroc.


Surtout, en déclarant qu’« il faut vraiment arrêter de comparer la Palestine à la question du Sahara », elle a brisé le parallèle entretenu par Alger depuis des décennies. Cette nuance a déclenché une violente réaction du régime algérien, qui l’accuse désormais de «  trahison » et l’attaque désormais frontalement dans ses médias et sur les réseaux sociaux.

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