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SantéHôpital Hassan II d’Agadir : après la colère citoyenne, la tutelle annonce une série de mesures

16.09.2025 à 15 H 44 • Mis à jour le 16.09.2025 à 16 H 36 • Temps de lecture : 4 minutes
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Après deux mobilisations citoyennes dénonçant la dégradation des services de l’hôpital Hassan II d’Agadir, Amine Tehraoui, s’est déplacé sur place ce mardi. À l’issue de sa visite, plusieurs responsables ont été limogés et une série de mesures correctives annoncées, dont l'accélération de l'ouverture du CHU attendu depuis près de huit ans

Depuis le dimanche 14 septembre, plusieurs dizaines de citoyens et représentants de la société civile se sont rassemblés, pour la deuxième fois en une semaine, devant le Centre hospitalier régional (CHR) Hassan II d’Agadir pour dénoncer la dégradation des services au sein de l’hôpital. Ils décriaient ainsi « la lenteur des soins », « l’insuffisance du personnel médical  » et un « manque criant d’équipements », allant jusqu’à attribuer des décès évitables à ces carences.


Les slogans pointaient directement la responsabilité de l’administration régionale et centrale du ministère, accusées de laisser se dégrader l’offre de soins dans une région en forte croissance démographique. La manifestation a été dispersée par les forces de l’ordre après plusieurs heures.


Sous la pression, le ministère de la Santé et de la Protection sociale a annoncé, ce mardi 16 septembre, une série de mesures disciplinaires et organisationnelles. L’annonce fait suite à la visite du ministre Amine Tehraoui, qui s’est déplacé sur place pour constater les dysfonctionnements au niveau de l’hôpital et identifier les pistes d’amélioration pour une meilleure prise en charge des patients.


Plusieurs responsables limogés

À l’issue de cette visite, le ministre a indiqué qu'une commission centrale relevant de son département avait été dépêchée pour proposer des solutions urgentes. Celle-ci a en effet remis la semaine dernière son rapport préliminaire, a-t-il indiqué. Sur cette base, il a été décidé de relever de leurs fonctions le directeur du CHR Hassan II ainsi que d'autres responsables de la délégation provinciale et de la direction régionale du ministère.


Parmi les dysfonctionnements constatés dans cet hôpital figurent notamment les absences récurrentes du personnel, le manque d’équipements et de médicaments, a déploré le ministre, assurant que les médicaments sont désormais disponibles avec des quantités suffisantes au niveau de cette structure de santé. À cet égard, le ministre a assuré que les équipements en panne feront l'objet d'une opération de maintenance au niveau de cet hôpital, outre l’acquisition d'un nouveau scanner qui sera opérationnel dans les prochains jours pour alléger la pression sur le service de radiologie et les laboratoires.


Tehraoui a également assuré qu'une commission de l’inspection générale du ministère de la Santé et de la Protection sociale est chargée de l’enquête au sujet des cas de décès enregistrés récemment au niveau du Centre Hospitalier Régional Hassan II. En outre, la direction procédera, à travers des appels d'offres, à la désignation de nouvelles sociétés chargées des services de gardiennage, d’accueil et d’hygiène, a poursuivi le ministre.


Une enveloppe de 200 MDH pour renforcer l’infrastructure

S'agissant du volet de l’infrastructure, une enveloppe budgétaire de 200 millions de dirhams (MDH) a été consacrée à l’aménagement et à l’équipement du CHR Hassan II en vertu d'une convention liant entre le ministère le Conseil Régional de Souss-Massa, a rappelé Tehraoui.


Les travaux de ce projet seront lancés dans les prochaines semaines tout en assurant la continuité des services de cet hôpital, a-t-il annoncé, notant que de grands efforts sont déployés pour l'accélération du chantier de construction du Centre hospitalier universitaire (CHU) d'Agadir qui offrira de nouvelles prestations ainsi que de nouvelles spécialités médicales avec une capacité dépassant 900 lits. Ce CHU contribuera à alléger la pression sur le Centre hospitalier régional Hassan II ainsi que sur les autres hôpitaux de la région, a-t-il dit.


Le retard dans l’ouverture de ce CHU suscite en fait l’incompréhension, surtout dans un contexte où le CHR Hassan II est débordé. De nombreux acteurs de la société civile pointent du doigt ce blocage et y voient un symbole des lenteurs et contradictions de la réforme du système de la santé.


Lancé il y a près de huit ans, ce projet est censé constituer une réponse structurelle au déficit criant de l’offre de soins dans la région. Malgré un taux d’avancement de 98 % et un budget global de 2,37 milliards de dirhams (MMDH), dont 300 MDH supplémentaires programmés en 2025 pour les équipements et aménagements, l’établissement n’est toujours pas entré en service.

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