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MouvementManifestations du GenZ212 : des arrestations marquent la première mobilisation

27.09.2025 à 23 H 52 • Mis à jour le 27.09.2025 à 23 H 58 • Temps de lecture : 5 minutes
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En réponse à l'appel à manifester du mouvement se présentant sous le nom de GenZ212, plusieurs jeunes se sont mobilisés à travers le Maroc, au niveau d'une dizaine de villes, ce 27 septembre. Cette première démonstration a cependant été marquée par une répression des autorités et des arrestations à la chaîne. Les détails

Revendiquées par un mouvement se présentant sous le nom de GenZ212, plusieurs manifestations ont eu lieu ce samedi 27 au niveau d'une dizaine de villes. Prévues les 27 et 28 septembre, les mobilisations ont été préalablement interdites par les autorités locales. Ce qui n'a pas empêché des centaines de jeunes de répondre à l'appel du mouvement dont les initiateurs n'ont pas été dévoilés.  GenZ212, né dans les réseaux sociaux dont notamment des plateformes comme Discord, appelle à se mobiliser avec trois principales revendications : la réforme du système éducatif, mais aussi du système de santé également contesté ces dernières semaines, mais aussi la fin de la corruption.


Ce 27 septembre, ce sont donc plusieurs jeunes qui ont répondu présents pour faire valoir leurs droits. La première journée s'est accompagnée d'une vague d'arrestations, menées par les services de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) mais aussi les Forces auxiliaires.


Selon les éléments recueillis par Le Desk, ces arrestations ont autant visé des jeunes ayant voulu prendre la parole devant la presse fortement présente à Tanger, Rabat et Casablanca, que des figures de la scène politique, à l'instar de personnalités de partis de gauche comme la Fédération de la gauche démocratique (FGD) et Annahj Addimocrati (La Voie Démocratique). Des membres de l'organisation Adl Wal Ihsane étaient aussi de la partie, en plus d'avoir déjà affirmé leur soutien à travers les réseaux sociaux. Parmi les personnes arrêtées, on liste notamment Farouk Mehdaoui, élu à Rabat de la FGD ou encore Abdelhamid Amine, vétéran de l'AMDH rompu aux mouvements sociaux. Des militants ont par ailleurs annoncé l'arrestation du rappeur Raid qui n'a jusqu'à présent toujours pas été remis en liberté.


En réaction à ces arrestations, le mouvement, à travers ses réseaux, a déclaré que « les autorités ont procédé à l’arrestation de plusieurs participants sans aucune raison claire, une démarche que nous rejetons et condamnons, car elle constitue une atteinte à un droit légitime garanti par la loi et la Constitution. Nous réaffirmons également que nous condamnons tout acte illégal ou en dehors du cadre pacifique qui aurait pu survenir lors de ce rassemblement, car notre choix restera toujours celui de la paix : c’est notre force et notre moyen de dénoncer toute violation ».


Partis de gauche et associations en première ligne pour condamner

En guise de première réaction politique, on retrouve celle de la FGD exprimant « son profond regret et sa colère face à la répression injustifiée et à la violence non maîtrisée qui ont touché les marches pacifiques organisées par de la jeunesse à travers le royaume ». « Dans diverses villes du Maroc, les forces de l’ordre ont eu recours à la dispersion, aux arrestations, aux agressions, entravant le droit à la liberté et à la dignité légitime des citoyennes et citoyens. De nombreux militants de la gauche démocratique et des membres du bureau politique ont été victimes d’arrestations et de violences », lit-on.


La formation de gauche ajoute par ailleurs « qu’elle n’entend pas participer aux concertations liées aux élections législatives tant que ne seront pas garanties les conditions véritables de transparence, de démocratie et d’intégrité du processus électoral ».


De son côté, le Parti Socialiste Unifié (PSU) a également fait part de sa condamnation. « Le PSU condamne l’énorme mobilisation sécuritaire, l’usage de camions blindés et d’équipements militaires pour réprimer des marches pacifiques organisées dans diverses régions (Casablanca, Tanger, Marrakech, Agadir, Tétouan, etc.). Le parti considère que cette approche autoritaire constitue une violation grave du droit constitutionnel à manifester, et un retour à des méthodes de répression et d’intimidation d’une époque révolue », lit-on dans le communiqué.


« Le PSU rappelle que la revendication principale de ces manifestations est légitime et juste, à savoir la demande de dignité, de justice sociale, de répartition équitable de la richesse et de la rupture avec les politiques d’appauvrissement, de rente et de corruption. Le parti appelle à la libération immédiate de toutes les personnes arrêtées, en particulier les jeunes militants, et demande la cessation de la répression, l’ouverture d’un dialogue politique sérieux et la réponse effective aux revendications populaires », poursuit le communiqué du PSU.


De son côté, le milieu associatif réagit aussi aux arrestations. L'Association marocaine des droits humains (AMDH) notamment, dans un communiqué où elle « constate avec indignation que ces interventions ont entraîné un grand nombre d’arrestations parmi les jeunes, hommes et femmes, ainsi que des cas d’agressions physiques et d’atteintes à la dignité humaine. Ces pratiques constituent une violation grave du droit constitutionnel de manifester pacifiquement, garanti également par les conventions internationales des droits humains ratifiées par le Maroc ».


« L’association considère que la gravité de la situation est accrue par le recours systématique à la violence pour disperser les protestations, les arrestations arbitraires et les restrictions aux libertés publiques, en particulier la liberté de réunion et d’expression. Elle dénonce ces atteintes flagrantes aux droits fondamentaux », poursuit-on.


En plus de l'AMDH, c'est aussi l'Organisation marocaine des droits de l'Homme (OMDH) qui sort de ses gonds. Dans un communiqué diffusé en fin de journée, le bureau exécutif de l'OMDH affirme que « certaines de ces manifestations ont été dispersées par les forces publiques, accompagnées d’arrestations parmi plusieurs participants et participantes, ce qui revêt des significations sociales et juridiques profondes, traduisant un sentiment croissant parmi de larges franges de la jeunesse quant à la nécessité d’adopter une politique publique orientée vers eux, avec une dimension sociale et économique ».


On réaffirme par ailleurs « la nécessité absolue de respecter le droit de réunion et de manifestation pacifique, en tant que droits civils et politiques consacrés par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifié par le Maroc, ainsi que par la Constitution marocaine qui garantit la liberté d’expression, d’organisation et de protestation pacifique ».

 


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