Santé publiqueLe CHP d’Ouezzane en retard de dix ans : symbole d’une gouvernance sanitaire défaillante
En 2018, le ministère de la Santé assurait que la construction du nouvel hôpital provincial (CHP) d’Ouezzane, dont le projet dormait dans les cartons depuis des années, figurait parmi ses priorités. Il promettait sa réalisation dans les plus brefs délais, tout en garantissant que l’établissement serait doté des équipements biomédicaux de base et de cadres médicaux qualifiés. Mais déjà à cette époque, le département reconnaissait l’existence d’« entraves qui ne relèvent pas de ses compétences », laissant entrevoir la complexité administrative et budgétaire du dossier. Une maigre enveloppe initiale de 20 millions de dirhams (MDH) avait été allouée à titre d’amorçage en 2019, sans que les travaux ne démarrent réellement.
Un chantier poussif, stoppé avant terme
Ce n’est qu’en août 2020 que le chantier du CHP d’Ouezzane a été officiellement ouvert, pour un délai contractuel de 30 mois et un coût prévisionnel d’environ 245 MDH. Le marché fut confié à l’entreprise Badr Béton, chargée du gros œuvre et du second œuvre, sous la supervision de l’Agence nationale des équipements publics (ANEP), maître d’ouvrage délégué aux côtés du département de l'Équipement, de la Logistique et de l'Eau, et du groupement d’architectes Zouhair Ibnyahya et Moulay Smail Bouzakraoui. Les études d'ingénierie ont été assurées par Betam et Socotec, avec LPEE pour laboratoire.
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