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FootballMondial U20 : Vingt ans après, les Lionceaux de l’Atlas rééditent l’exploit et filent en demi-finale

13.10.2025 à 02 H 10 • Mis à jour le 13.10.2025 à 02 H 10 • Temps de lecture : 6 minutes
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Yassir Zabiri, artisan de la victoire marocaine en quarts de finale. Crédit : E. Felix / AP
Au Chili, les Lionceaux de l’Atlas ont signé un nouvel exploit historique en battant les États-Unis (3-1) pour atteindre les demi-finales de la Coupe du monde U20, vingt ans après la génération 2005

À Rancagua, au stade El Teniente, la sélection marocaine U20 a dompté les États-Unis (3-1) ce dimanche 12 octobre et rejoint le dernier carré mondial, vingt ans après la « génération 2005 ». Patiente, disciplinée et tranchante dans les zones décisives, l’équipe de Mohamed Ouahbi a bâti son succès autour d’un premier acte maîtrisé, d’un temps fort bien négocié après l’heure de jeu et d’une fin de match lucide. Othmane Maamma, désigné « Homme du Match » par la FIFA, a conduit une formation où Yassir Zabiri, Fouad Zahouani et Yassin Guessime ont fait la différence.


Un début sous contrôle

Dès le coup de sifflet de l’arbitre péruvien Kevin Ortega, le ton est donné : les deux équipes cherchent à marquer. L’Américain Zavier Gozo allume la première mèche dès la 1re minute, Saad El Haddad lui répond à la 7e côté marocain. Les États-Unis tiennent alors une possession relative, misant sur la vitesse de leurs ailiers et les ballons joués dans le dos de la défense. En face, les Lionceaux privilégient des séquences courtes et la construction depuis la ligne arrière pour sortir proprement du pressing.


La patience marocaine est récompensée à la 31e minute. Sur une action léchée initiée sur le flanc gauche, El Haddad accélère et trouve le capitaine Othmane Maamma dans l’intervalle. Sa première tentative fuit le cadre mais la séquence se prolonge : Maamma se jette, dévie habilement et le ballon arrive dans la course de Fouad Zahouani. Le latéral gauche de 19 ans conclut d’une frappe limpide pour ouvrir le score et libérer les siens.


en communion avec leur public après leur victoire historique face aux Etats-Unis. Crédit : FRMFLes Lionceaux de l'Atlas en communion avec leur public après leur victoire historique face aux Etats-Unis. Crédit : FRMF


Le but marocain pique l’orgueil américain. Quatre minutes avant la pause, la pression s’intensifie et, dans le temps additionnel, une faute d’Ali Maamar dans la surface offre un penalty aux États-Unis. Cole Campbell, attaquant du Borussia Dortmund, transforme plein sang-froid (45’+6) et ramène les deux équipes à égalité au moment de regagner les vestiaires.


La reprise voit les Américains hausser le ton et multiplier les incursions vers la cage de Yanis Benchaouch. Mais les Marocains ne paniquent pas. Le bloc reste compact, la première relance demeure propre, et l’équipe se remet en ordre de marche autour du duo Maamma–Zabiri, très juste dans les choix.


Le tournant à l’heure de jeu

Depuis le début du tournoi, Yassir Zabiri rayonne. À la 66e minute, la bascule s’opère sur une touche rapidement jouée par Zahouani. Zabiri contrôle, déclenche une frappe lourde que le défenseur Joshua Wynder dévie malgré lui dans ses propres filets. La FIFA attribue le but contre son camp à l’Américain, mais l’action porte la signature de l’attaquant marocain, omniprésent dos au jeu comme dans la profondeur, déjà impliqué sur quatre réalisations avant ce quart de finale.


Longtemps, Zabiri pense s’offrir un doublé. Un temps, son nom s’affiche même à deux reprises sur la feuille officieuse, avant que l’instance mondiale ne confirme l’ouverture du score à Zahouani et le 2-1 à Wynder c.s.c. Peu importe le libellé : cette séquence, fruit d’un enchaînement technique de haute précision, redonne l’avantage aux Lionceaux et fait basculer la dynamique.


Les États-Unis repartent à l’assaut, mais la gestion marocaine est clinique. Mohamed Ouahbi injecte de la fraîcheur pour préserver l’intensité : Younes Bahraoui remplace Zabiri, Ilias Boumessaoudi relève El Haddad. À la 87e minute, sur un long dégagement anodin, le gardien américain s’aventure hors de sa surface dans une sortie hasardeuse. Boumessaoudi lit parfaitement la trajectoire, récupère et sert dans le bon tempo Yassin Guessime. L’attaquant de Dunkerque, 20 ans, garde son sang-froid et conclut, scellant une victoire méritée à l’issue d’une contre-attaque modèle.


Maamma, patron d’une équipe mature

Au-delà des buteurs, le Maroc s’appuie sur un leadership clair. Capitaine studieux et tranchant, Othmane Maamma, formé à Montpellier, où il a disputé 12 matches de Ligue 1 la saison passée, a été élu « Homme du Match » par la Commission technique de la FIFA. Sa lecture des espaces sur le premier but et sa faculté à rythmer les transitions ont aimanté le jeu. Derrière, Benchaouch rassure, Maamar se rachète après le penalty concédé, et la ligne défensive reste compacte dans les temps faibles.


Cette maîtrise se lit aussi dans les temps de jeu : une première période gérée sans s’exposer, une entame de seconde mi-temps où l’équipe plie sans rompre, puis une accélération au moment opportun. Le plan de Ouahbi,  un bloc coordonné, des sorties propres, des couloirs actifs, un avant-centre capable de fixer , a fonctionné.


Othmane Maamma, formé à Montpellier, où il a disputé 12 matches de Ligue 1 la saison passée, a été élu « Homme du Match ». Crédit : FRMF


Vingt ans après la « Génération 2005 », les Lionceaux reviennent en demi-finale de la Coupe du monde U20. Le parallèle est évident mais l’époque a changé : le Maroc d’aujourd’hui aligne une filière de formation plus structurée, des joueurs aguerris dans des contextes professionnels variés et une sélection qui assume un projet de jeu. La confirmation, face à une équipe américaine réputée pour son intensité et la qualité de son pressing, a valeur de test réussi.


Et maintenant : France ou Norvège

En demi-finale, les protégés de Mohamed Ouahbi affronteront le vainqueur de France–Norvège, programmé dans la nuit du dimanche 12 au lundi 13 octobre (coup d’envoi 1 h). Dans l’autre partie du tableau, l’Argentine a écarté le Mexique et la Colombie a fait chuter l’Espagne : l’affiche de l’autre demie est connue. Quoi qu’il arrive, les Bleuets ou les Nordiques seront les derniers représentants européens du tournoi.


Le Maroc, lui, avance avec des certitudes : une colonne vertébrale fiable, des latéraux influents, un secteur offensif inspiré et une capacité à souffrir sans perdre le fil. L’histoire est en marche, et ces Lionceaux jouent désormais pour une place en finale.

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