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ConjonctureÉconomie nationale : après un sursaut et un rééquilibrage, un regain de la croissance attendu en fin d’année

14.10.2025 à 11 H 02 • Mis à jour le 14.10.2025 à 12 H 32 • Temps de lecture : 7 minutes
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Lors du chargement d'un porte-conteneurs sur un terminal du port Tanger Med.
Après une forte accélération au deuxième trimestre, la croissance économique nationale devrait s’installer sur une trajectoire plus modérée avant de regagner un léger élan en fin d’année. C’est ce qu’indique la note de conjoncture du Haut-Commissariat au Plan, relative au deuxième trimestre 2025 et aux perspectives pour le troisième et le quatrième trimestre

L’économie nationale devrait poursuivre sa relance entamée depuis fin 2023. C’est ce qui ressort des perspectives du Haut-Commissariat au Plan (HCP) pour la seconde moitié de 2025. La croissance des secteurs secondaires et tertiaires ralentirait légèrement par rapport au sursaut enregistré au deuxième trimestre 2025. Toutefois, cette croissance resterait soutenue, portant la croissance économique globale à 4,3 % au troisième trimestre et à 4,7 % au quatrième.


Cette performance ne devrait pas engendrer de fortes tensions sur les prix, l’inflation sous-jacente étant prévue à des niveaux modérés, inférieurs à 2 %, précise le HCP dans sa note de conjoncture du deuxième trimestre 2025 et ses perspectives pour les troisième et quatrième trimestres.


Croissance généralisée au deuxième trimestre

Le rythme de reprise de l’économie nationale s’est confirmé au deuxième trimestre 2025. Selon le HCP, le regain enregistré a non seulement permis de combler totalement le gap d’activité engendré par la crise sanitaire Covid-19, mais a même renforcé le taux de croissance, pour le porter à 5,5 %.


Derrière cet essor, le nouveau cycle de croissance de l’économie nationale dure actuellement depuis plus de six trimestres, avec une hausse de l’activité hors agriculture de 4,8 %, en rythme annuel, en moyenne par trimestre, explique la même source.


Cette dynamique s’est accompagnée d’une relance étendue à l’ensemble des branches d’activité. Les industries manufacturières et extractives, la construction et l’hébergement ont été particulièrement dynamiques, assurant près de 40 % de la croissance économique globale.


En outre, l’accélération de l’activité a été particulièrement stimulée par le redressement plus soutenu qu’attendu des exportations (+8,5 %, au lieu de +2,2 % au premier trimestre), ainsi que par une demande intérieure mieux orientée (+9,2 %).


Une progression limitée de l’emploi

Dans ce contexte, le moral des ménages s’est amélioré, favorisant un accroissement de leurs dépenses de consommation de 5,1 %, au lieu de +4,4 % au trimestre précédent. La reprise de l’investissement, installée sur une trajectoire ascendante depuis la mi-2023, s’est également affermie.


Le contexte financier a été globalement favorable à l’équipement au deuxième trimestre 2025, avec un allégement du coût de l’emprunt et une poursuite du repli des prix à l’import des biens d’équipement industriel. Cette vigueur de la demande a entraîné une hausse des importations de biens et services de 15,7 %, mais l’amélioration des termes de l’échange et l’appréciation du dirham ont permis de limiter l’impact du commerce extérieur sur la croissance.


Sur le plan de l’emploi, la tendance a été plus mesurée : l’emploi rémunéré n’a progressé que de 1,4 %, contre +3,4 % au trimestre précédent. Les entreprises ont préféré miser sur des gains de productivité plutôt que sur de nouveaux recrutements, dans un contexte de hausse des coûts salariaux, notamment pour les travailleurs rémunérés au SMIG, explique le HCP.


Enfin, cette expansion s’est accompagnée d’un besoin de financement accru. Les recettes fiscales ont progressé avec la reprise, mais les dépenses publiques, notamment salariales, ont bondi de 10,8 %, portant le déficit de financement à 3,2 % du PIB trimestriel, contre 2 % trois mois plus tôt.


Rééquilibrage de l’activité au troisième trimestre

Après le sursaut du deuxième trimestre, l’économie nationale aurait connu un certain rééquilibrage au troisième trimestre de 2025. La valeur ajoutée du secteur primaire se serait légèrement consolidée, tandis que celle des autres activités aurait continué de croître, mais à un rythme plus modéré, fait savoir le HCP.


Malgré le maintien d’un bon niveau d’activité dans la construction, la croissance des branches secondaires aurait ralenti à +4,4 %, contre +7,4 % trois mois plus tôt. Même tendance du côté des services, dont le rythme serait passé de +4,8 % à +4,3 %. Dans l’ensemble, le PIB global aurait progressé de 4,3 %, après 4,8 % et 5,5 % respectivement au cours du premier et du deuxième trimestre.


Ce tassement s’expliquerait principalement par un contexte international moins porteur. En Europe, principal partenaire commercial du Maroc, l’activité aurait été freinée par le recul des exportations hors zone euro et par une consommation des ménages atone, sur fond d’incertitudes et d’un taux d’épargne toujours élevé.


Dans ces conditions, les exportations marocaines auraient ralenti après une forte hausse de 8,5 % au trimestre précédent. Les importations, bien qu’un peu moins dynamiques (+13,8 % contre +15,7 %), auraient progressé plus vite que les exportations, creusant le déficit commercial et maintenant l’impact négatif du commerce extérieur sur la croissance (-3,7 points de contribution).


Évolution modérée de l’inflation

La demande intérieure serait restée le principal moteur de l’économie, apportant 8 points de contribution à la croissance au cours du troisième trimestre de l’année. L’investissement aurait poursuivi sa progression à un rythme soutenu (+14,2 %), porté par les projets d’infrastructure et la reprise du bâtiment. La consommation des ménages aurait continué de s’affermir (+4,1 %), soutenue par l’entrée en vigueur de nouvelles mesures budgétaires pro-ménages, notamment la deuxième tranche de revalorisation salariale des fonctionnaires, dans un contexte de modération de l’inflation.


Les prix à la consommation auraient évolué, au cours de la même période, à un rythme plus contenu (+0,4 % sur un an, contre +2 % et +0,5 % au cours des deux trimestres précédents). Cette accalmie reflèterait la faible hausse des produits non alimentaires (+0,3 %) et la stabilisation des prix alimentaires autour de +0,7 %, explique la même source.


Certaines hausses auraient toutefois persisté, notamment sur les produits frais et les légumes, tandis que les prix alimentaires hors produits frais auraient reculé, profitant de la stabilisation des cours internationaux du blé, des huiles et des légumineuses. Du côté des produits non alimentaires, la baisse des prix de l’énergie (-2,7 %) aurait tiré l’indice global vers le bas, en lien avec la chute de 8,8 % des carburants et la fin des effets de la hausse du gaz enregistrée en mai 2024.


Les prix des produits manufacturés et des services seraient restés quasi stables, tout comme leur contribution à l’évolution générale des prix. L’inflation sous-jacente, hors énergie et produits volatils, aurait poursuivi sa décrue à +0,8 %, contre +1,1 % au trimestre précédent, essentiellement grâce au recul de sa composante alimentaire.


Perspectives d’un léger regain de croissance en fin d’année

Au quatrième trimestre de 2025, l’économie nationale devrait enregistrer une légère accélération, affichant une croissance de 4,7 %, en glissement annuel, au lieu de 4,3 % attendu au troisième trimestre. Les perspectives de la demande étrangère sont mieux orientées comparativement au trimestre précédent, du fait notamment des effets attendus de la détente progressive des taux d’intérêt sur la consommation et l’investissement en Europe.


Parallèlement, les facteurs ayant soutenu la demande intérieure au cours des trois premiers trimestres de 2025 se maintiendraient. La consommation des ménages bénéficierait de la poursuite de l’amélioration de leur pouvoir d’achat, favorisée par la revalorisation des salaires publics et privés et les gains liés à l’impôt sur le revenu. Sa croissance annuelle pourrait atteindre 4,4 %, tandis que l’investissement poursuivrait sa progression au rythme de 12,6 %, tiré par la hausse des dépenses d’équipements des sociétés non financières et le renforcement des investissements publics.


Par branches d’activité, les services poursuivraient leur soutien à la croissance, affichant une progression de 4,7 % au quatrième trimestre 2025, en variation annuelle. Le commerce, les services non marchands et ceux destinés aux particuliers afficheraient la plus forte dynamique. L’industrie connaîtrait une légère reprise, tirée principalement par les activités liées aux minéraux de carrière, à l’automobile et aux industries électriques, tandis que le secteur de la construction accélérerait sensiblement, soutenant la croissance globale de 0,4 point.

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