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EauRemplissage des barrages en recul à 32% : Nizar Baraka fait l’exposé de la gestion du déficit hydrique

15.10.2025 à 16 H 00 • Mis à jour le 15.10.2025 à 17 H 11 • Temps de lecture : 4 minutes
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Construction du barrage de Sidi Abbou. Crédit : MAP
Le taux de remplissage des barrages au Maroc est tombé à 32 %, contre 40 % en mai dernier, a indiqué Nizar Baraka. Le gouvernement mise sur de nouveaux barrages, des interconnexions et le dessalement pour faire face au déficit hydrique croissant

Le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a annoncé, le mardi 14 octobre devant la Chambre des conseillers, que le taux de remplissage des barrages du Maroc est actuellement de 32 %, contre 40 % en mai dernier. Cette baisse, a-t-il précisé, s’explique principalement par les volumes d’eau mobilisés pour l’agriculture et l’eau potable, ainsi que par l’évaporation de quelque 650 millions de mètres cubes provoquée par les vagues de chaleur extrême durant la saison estivale.


Le ministre a précisé que la dernière saison agricole a connu une amélioration relative, avec une moyenne nationale de précipitations de 142 mm et un total de 4,8 milliards de mètres cubes de ressources en eau, en hausse de 50 % par rapport à la campagne précédente. Cependant, ce niveau demeure inférieur de 22 % à la moyenne nationale habituelle, avec un déficit global de 58 % par rapport aux apports hydriques moyens.


Un effort soutenu de construction de barrages

Face à cette situation structurelle, le gouvernement a intensifié la réalisation des infrastructures hydrauliques. Depuis 2021, six grands barrages ont été mis en service : Kaddoussa à Errachidia, Tiddas à Khémisset, Todgha à Tinghir, Agdez à Zagora, Fask à Guelmim et M’dez à Sefrou. Deux autres, Koudiat Borna à Sidi Kacem et Ghis à Al Hoceima, ont entamé leur phase de remplissage.


En parallèle, quatorze grands barrages sont en cours de construction, tandis que onze autres sont programmés pour la période 2025-2027. Quatre barrages moyens sont également en chantier : Tassa Ouirgane (Al Haouz), Msalit (Tata), Aïn Ksob (Benslimane) et Sidi Yakoub (Tiznit).


Le programme national inclut en outre la construction de 155 petits barrages entre 2022 et 2027, en vertu d’un accord interministériel réunissant les départements de l’Équipement, de l’Agriculture, de l’Intérieur, de l’Économie et des Finances, ainsi que l’ONEE. Parmi ces ouvrages, une cinquantaine sont déjà en cours de réalisation.


Mobilisation des ressources souterraines et interconnexions hydrauliques

Pour renforcer le stockage des eaux souterraines, 4 221 puits d’exploration ont été creusés, totalisant près de 671 000 mètres de profondeur et un débit global de 8 889 litres par seconde. Cette mobilisation a permis d’assurer l’accès à l’eau potable pour environ 5,8 millions de Marocains en milieu rural.


Baraka a également souligné les résultats de la première phase urgente du projet d’interconnexion entre les bassins du Sebou et du Bouregreg. Entre octobre 2023 et octobre 2025, 871 millions de mètres cubes ont ainsi été transférés, garantissant l’alimentation en eau potable des grandes agglomérations et bénéficiant à quelque 500 000 habitants des zones rurales.


Autoroute de l'eau. Création : Le Desk / Mohamed MhannaouiAutoroute de l'eau. Création : Le Desk / Mohamed Mhannaoui


Interconnexion Oued Makhazine-Dar Khrofa. Réalisation: Zineb Azddine / Le DeskInterconnexion Oued Makhazine-Dar Khrofa. Réalisation: Zineb Azddine / Le Desk


Dessalement et approvisionnement d’urgence

Le ministre a réaffirmé que le recours au dessalement constitue un pilier de la stratégie nationale. À l’horizon 2030, plus de 60 % de la population marocaine devraient être alimentés en eau potable grâce à cette technologie. À ce jour, 110 stations de dessalement mobiles ont été installées pour répondre aux besoins urgents dans les régions les plus exposées au stress hydrique.


Stations de dessalement Création : Mohammed Mhannaoui / Le DeskStations de dessalement Création : Mohammed Mhannaoui / Le Desk


Enfin, pour pallier les déficits dans les zones rurales isolées, 1 200 camions-citernes et 10 000 citernes ont été mobilisés, permettant chaque année à près de 2,7 millions de personnes de bénéficier d’une distribution directe d’eau.


À travers ces mesures, le gouvernement entend stabiliser la disponibilité hydrique du pays, dans un contexte marqué par la raréfaction des pluies, la hausse des températures et une demande croissante en eau pour les besoins agricoles, urbains et industriels.

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