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ConjonctureMoral des ménages : un léger mieux sur un an, mais la prudence domine encore

16.10.2025 à 11 H 15 • Mis à jour le 16.10.2025 à 11 H 51 • Temps de lecture : 4 minutes
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Le marché de proximité Imam Ali à Fès. Crédit : MAP
Selon le Haut-Commissariat au Plan, l’Indice de Confiance des Ménages s’est établi à 53,6 points au troisième trimestre 2025, traduisant une amélioration par rapport à 2024, mais une baisse par rapport au trimestre précédent. Entre inquiétudes sur le pouvoir d’achat, difficulté à épargner et crainte du chômage, le moral des ménages demeure empreint de réserve

Selon le Haut-Commissariat au Plan, l’Indice de confiance des ménages s’est établi à 53,6 points au troisième trimestre 2025, traduisant une amélioration par rapport à 2024, mais aussi une baisse par rapport au trimestre précédent. Entre inquiétudes sur le pouvoir d’achat, difficulté à épargner et crainte du chômage, le moral des ménages reste empreint de réserve

Selon les résultats de l’enquête de conjoncture menée par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) au titre du troisième trimestre 2025, l’Indice de confiance des ménages (ICM) s’est établi à 53,6 points, contre 54,6 points au trimestre précédent et 46,2 points à la même période de 2024, traduisant une légère baisse trimestrielle, mais une amélioration sur un an.


Un moral des ménages toujours prudent

Les perceptions des ménages restent marquées par le pessimisme quant à l’évolution de leur niveau de vie. Près de 78 % d’entre eux déclarent une dégradation au cours des douze derniers mois, contre 5 % seulement qui estiment qu’il s’est amélioré. Bien qu’en amélioration, le solde d’opinion demeure nettement négatif à -72,9 points, après -69,2 points au trimestre précédent.


Pour les douze prochains mois, 51,4 % des ménages anticipent une dégradation du niveau de vie, contre 7,1 % qui s’attendent à une amélioration.


En revanche, les attentes concernant le chômage montrent un léger regain d’optimisme : 70,5 % des ménages prévoient une hausse du nombre de chômeurs, contre 14,1 % anticipant une baisse, soit un solde de -56,4 points, en amélioration par rapport aux -57,5 points du trimestre précédent.


Des conditions jugées peu favorables à l’achat de biens durables

L’enquête révèle également que 69,4 % des ménages considèrent que le moment n’est pas propice pour acheter des biens durables, contre seulement 11,7 % qui pensent le contraire. Le solde d’opinion, à -57,7 points, s’améliore toutefois sensiblement par rapport aux -62,8 points du deuxième trimestre.


S’agissant de la situation financière, 59 % des ménages affirment que leurs revenus couvrent leurs dépenses, tandis que 38,7 % déclarent devoir s’endetter ou puiser dans leur épargne. Seuls 2,3 % parviennent à épargner une partie de leurs revenus. Le solde d’opinion relatif à la situation financière actuelle reste négatif à -36,4 points, contre -38,8 points trois mois plus tôt.


Les perspectives demeurent prudentes : 14,3 % des ménages s’attendent à une amélioration de leur situation financière sur les douze prochains mois, contre 24,3 % anticipant une détérioration, ce qui porte le solde à -10 points, légèrement inférieur à celui du trimestre précédent.


Pessimisme persistant sur la capacité à épargner

Le sentiment d’impossibilité d’épargner reste largement dominant. Seule une proportion de 9,6 % des ménages estiment pouvoir mettre de l’argent de côté au cours de l’année prochaine, contre 90,4 % qui pensent le contraire. Le solde d’opinion correspondant demeure fortement négatif, à -80,8 points, traduisant un pessimisme quasi général malgré une très légère amélioration par rapport au trimestre précédent (-82,6 points).


Sur le plan des prix, 95,7 % des ménages constatent une augmentation du coût des produits alimentaires au cours des douze derniers mois, contre 0,2 % qui perçoivent une baisse. Le solde d’opinion reste donc extrêmement bas à –95,5 points.


Pour les douze prochains mois, 81,8 % des ménages anticipent de nouvelles hausses des prix alimentaires, contre 0,4 % seulement qui tablent sur une diminution, soit un solde négatif de -81,4 points, en légère détérioration par rapport au trimestre précédent (-76,6 points).


En somme, si l’Indice de confiance des ménages progresse sur un an, il traduit encore des préoccupations fortes liées au pouvoir d’achat, au chômage et à la difficulté d’épargner. Les anticipations inflationnistes, notamment sur les produits alimentaires, demeurent ancrées, confirmant que le climat social reste marqué par une prudence généralisée des ménages face aux incertitudes économiques.

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