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Employabilité Formation par apprentissage : voici en quoi consiste le programme national Tadaroj

28.10.2025 à 17 H 44 • Mis à jour le 28.10.2025 à 17 H 44 • Temps de lecture : 6 minutes
Par et
Le coup d'envoi du programme national Tadaroj a été donné, lundi à Rabat, avec pour objectif de généraliser la formation professionnelle par apprentissage dans divers secteurs de la production et des services. Explications.

Avant Casablanca, le démarrage de ce nouveau programme national a été donné dans la capitale. Ce programme vise à former 100 000 stagiaires par an d'ici 2026, dans divers domaines, notamment l'artisanat, l'agriculture, la pêche, le tourisme, l'industrie et les services.


S'agissant de l'artisanat, la première cérémonie officielle de signature des accords exécutifs s'est tenue, lundi 27 octobre, sous la présidence du ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, et du Secrétaire d’État chargé de l'Artisanat et de l'Économie sociale et solidaire, Lahcen Essaadi. Ces accords mobilisent 12 chambres régionales des métiers traditionnels et de quatre associations de gestion des centres de formation et de qualification aux métiers de l'artisanat, afin de renforcer l'offre de formation dans les métiers traditionnels, tant productifs que de service.


Résoudre (partiellement) la problématique des NEET

L'élaboration de ce programme fait suite à une étude approfondie de la situation de la formation et de l'emploi au Royaume et une analyse gouvernementale des données du marché du travail a révélé que deux tiers des chômeurs au Maroc ne sont pas diplômés, tandis que le nombre de bénéficiaires de la formation professionnelle par apprentissage ne dépasse pas 25 000, tous secteurs confondus.


Ces disparités imposaient la nécessité de développer ce type de formation comme solution concrète pour l'intégration des jeunes non qualifiés, compte tenu de l'énorme potentiel de formation qu'il offre avec un programme de formation par apprentissage propose 200 métiers, dont 80 dans les métiers de l'artisanat.


Le soutien aux centres de formation par apprentissage a été augmenté de 20 %, avec une revalorisation de la bourse annuelle qui a atteint 5 000 dirhams par stagiaire, afin de soutenir les bénéficiaires et de les encourager à adhérer à une formation professionnelle en milieu professionnel, outre l'augmentation des indemnités des formateurs à 300 dirhams par stagiaire.


Pour sa part, Lahcen Essaadi a affirmé que le lancement du programme Tadaroj pour les métiers de l'artisanat est le fruit de plusieurs mois de concertation et de coordination entre les différentes parties prenantes, notant que ce projet réalise aujourd'hui un noble objectif national, qui consiste à qualifier la main d'œuvre nationale dans les métiers de l'artisanat et les services y afférents, qui constituent un pilier essentiel de l'économie nationale.


Il s’agit aussi d’une offre de formation pratique d'une durée de 11 mois, qui permet aux jeunes d'acquérir les compétences nécessaires à leur insertion sur le marché du travail.


Ce mode de formation, a-t-il poursuivi, contribue à préserver les métiers traditionnels en tant que composante de l’identité nationale, en les transmettant aux nouvelles générations sous des formes modernisées garantissant leur pérennité et leur développement.


Le réseau de formation professionnelle par apprentissage dans le secteur de l’artisanat compte actuellement 67 centres de formation et plus de 100 annexes, accueillant près de 30 000 stagiaires au titre de la saison 2025-2026 dans l’ensemble des régions du Royaume.


L’apprentissage à 80 % en entreprise

Ce mardi 28 octobre à Casablanca, la convention d’exécution de ce programme a été signée par Younes Sekkouri et Mohamed Mehdi Bensaid. Dans une déclaration à la presse, Sekkouri a affirmé que la convention de partenariat s’inscrit dans une démarche gouvernementale visant à renforcer la formation par apprentissage. Il a noté que ce programme permettra, dès cette année, la formation de 4 000 jeunes au sein de plusieurs centres, afin de favoriser leur insertion dans le marché du travail.


Il a expliqué que ce dispositif repose sur une approche équilibrée entre théorie et pratique, les bénéficiaires passant 20 % de leur temps en formation théorique et 80 % en apprentissage au sein d’entreprises partenaires, notamment celles installées à proximité des centres concernés. Sekkouri a ajouté que cette méthode permet une intégration directe et durable des jeunes dans le tissu économique, à l’issue d’un parcours de un à deux ans.


Le ministre a précisé que ce programme, doté d’un budget de 800 millions de dirhams, ambitionne de former et insérer 100 000 jeunes stagiaires dans plus de 200 métiers, dont une vingtaine liée au secteur de la jeunesse, soulignant qu’il s’agit d’une expérience gouvernementale intégrée mobilisant l’ensemble des acteurs publics pour relier la formation à l’emploi avec une généralisation progressive du dispositif à l’ensemble des clubs féminins et centres de formation du Royaume.


De son côté, Mehdi Bensaid a affirmé que son département œuvre à renforcer l’employabilité des jeunes à travers une offre de formations adaptées aux besoins du marché du travail, soulignant que les infrastructures du ministère, telles que les maisons de jeunes et les foyers féminins, sont mobilisées pour offrir des formations certifiantes, voire diplômantes, en partenariat avec différents acteurs institutionnels, notamment le ministère du Travail.


Le ministre a relevé que ces formations visent à créer un lien direct entre les jeunes et les opportunités économiques locales, à l’image de celles proposées à Casablanca, à proximité des zones industrielles. Il a, dans ce sens, fait savoir que le taux d’employabilité est passé de 35 % en 2021 à 50 % actuellement, ajoutant que l’objectif est d’atteindre 70 à 80 % d’ici 2030. Ce programme s’inscrit pleinement dans le cadre de la mise en œuvre de la Feuille de route pour l’emploi, adoptée en février 2025, qui vise à renforcer la convergence des politiques publiques autour de la valorisation du capital humain.


Le déploiement se fera de manière progressive, avec pour objectif de former 21 000 apprentis et apprenties par an à l’horizon 2030, répartis sur l’ensemble des régions du Royaume. Le programme Tadaroj poursuivra dans les semaines à venir sa tournée régionale dans plusieurs villes du Maroc, afin de consolider la mobilisation des acteurs publics, économiques et sociaux autour d’un objectif national commun : bâtir une génération de jeunes qualifiés, responsables et porteurs d’avenir.

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