DiplomatieNasser Bourita : « Le plan d’autonomie n’est plus une option, il est la solution »
La résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée vendredi à New York, consacre pour la première fois la souveraineté du Maroc sur son Sahara et érige le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine en unique base de règlement politique. Pour Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, cette reconnaissance constitue l’aboutissement de « vingt-six années d’action diplomatique visionnaire menée par le Roi Mohammed VI ».
Une consécration du leadership royal
Invité samedi soir sur le plateau spécial de 2M, Bourita a affirmé que « les Marocains récoltent aujourd’hui les fruits de vingt-six ans de travail de Sa Majesté le Roi ». Le chef de la diplomatie a révélé que le Souverain est intervenu personnellement pour rallier les neuf premières voix au sein du Conseil, avant d’en obtenir onze au total, seuil nécessaire pour l’adoption de la résolution.
« Le Conseil de sécurité n’a pas seulement voté pour le texte, mais pour le Maroc, pour le Roi Mohammed VI et pour le respect dont il jouit sur la scène internationale », a-t-il déclaré, soulignant que cette victoire diplomatique est « le couronnement d’une vision royale claire, réaliste et constante ».
Selon Bourita, la décision onusienne vient concrétiser le discours royal prononcé un an plus tôt à l’ouverture du Parlement, appelant à une diplomatie du sérieux et de l’action. « Le Roi avait déjà fixé le cadre de la résolution », a-t-il insisté, en rappelant que le texte final n’a plus que deux pages contre quatorze précédemment, signe d’une volonté de clarté et de fermeté.
Les coulisses d’un vote historique
Le ministre a révélé que le processus fut « l’un des plus complexes depuis vingt ans » : pas moins de 45 amendements ont été introduits avant le vote du 31 octobre. « Jusqu’à la dernière minute, la diplomatie marocaine est restée mobilisée. Le Roi suivait personnellement chaque étape et multipliait les contacts directs avec plusieurs dirigeants pour garantir le succès du texte », a confié Bourita.
Au total, onze pays – dont les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Grèce, le Danemark ou encore la Corée du Sud – ont voté pour, tandis que la Russie, la Chine et le Pakistan se sont abstenus. L’Algérie, membre non permanent du Conseil, a choisi de ne pas participer au vote.
« Aucun pays n’a voté contre. C’est un message fort : la communauté internationale a tourné la page de l’ambiguïté », a souligné Bourita.
Il a expliqué que l’abstention russe relevait d’un « geste d’équilibre et de respect envers le Roi », fruit du partenariat stratégique noué en 2016, tandis que celle de la Chine reflétait ses rapports tendus avec Washington, auteur du texte. Quant au Pakistan, son choix « s’explique par la défense de ses propres intérêts, notamment la question du Cachemire ».
Le plan d’autonomie, seule base politique
Pour la première fois, une résolution du Conseil de sécurité mentionne explicitement la souveraineté marocaine sur le Sahara et consacre le plan d’autonomie, présenté en 2007, comme unique cadre politique.
« Hier, on parlait de l’autonomie comme d’une option. Aujourd’hui, elle est la solution », a affirmé Bourita, rappelant que le texte américain y fait référence à six reprises et fixe un délai d’un an pour parvenir à un accord définitif.
Le ministre a précisé que la nouvelle résolution clarifie les rôles : les quatre parties – le Maroc, le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie – sont désormais nommément identifiées, tandis que la Minurso voit son mandat recentré sur un soutien logistique au processus onusien, loin de toute idée de référendum.
« Le plan d’autonomie est la traduction concrète de l’autodétermination, à travers la représentation démocratique des habitants des provinces du Sud », a-t-il expliqué, annonçant que la version de 2007 serait actualisée pour intégrer les avancées institutionnelles issues de la Constitution de 2011 et de la régionalisation avancée.
Une diplomatie de constance et de crédibilité
Interrogé sur les ressorts du consensus international, Bourita a mis en avant « la cohérence et la constance » de la diplomatie marocaine : « Le Maroc n’a jamais varié. Il a toujours agi avec transparence, sans duplicité, et c’est ce qui force le respect. »
Il a rappelé que plus de 90 pays soutiennent déjà le plan d’autonomie, dont toutes les grandes puissances, et qu’une trentaine de consulats généraux ont ouvert à Laâyoune et Dakhla : « des preuves tangibles de reconnaissance internationale de la marocanité du Sahara ».
Le ministre a salué la position des États-Unis, de la France, de l’Espagne et du Royaume-Uni, ainsi que celle de plusieurs pays africains et arabes, qui ont accompagné le Royaume dans sa stratégie de long terme.
« Le Maroc a su bâtir un équilibre diplomatique rare, fondé sur la confiance et la légitimité. Le vote de vendredi est la démonstration de cette crédibilité », a-t-il affirmé.
Dialogue et réconciliation dans la région
Interrogé sur la possibilité d’une médiation américaine avec Alger, Bourita a été catégorique : « Le Maroc et l’Algérie n’ont pas besoin de médiation. Les deux pays disposent des moyens de régler leurs différends directement. Le Roi a toujours privilégié le dialogue franc et fraternel. »
Selon lui, la main tendue du Souverain au président algérien traduit une diplomatie de responsabilité : « Ce moment n’est pas celui du triomphalisme, mais celui de l’espérance partagée. »
Pour Nasser Bourita, la résolution 2797 marque « le début d’une ère nouvelle » : celle d’un Maroc reconnu dans sa pleine souveraineté, fort de la diplomatie d’un Roi bâtisseur et rassembleur.
« C’est une victoire du Royaume et du peuple marocain le Maroc n’impose rien, il propose une solution de paix durable, crédible et légitime », a conclu le ministre.
©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.

