AérienLa RAM accélère son plan de croissance et vise 15 livraisons d’avions par an à partir de 2028
« Avec notre plan de développement, nous voulons faire de la RAM un connecteur solide, à travers le hub de Casablanca. Pour le moment, nous sommes en ligne avec les objectifs fixés », a déclaré Abdelhamid Addou, directeur général de Royal Air Maroc, en marge de la 58e Assemblée générale de l’Organisation des transporteurs aériens arabes, ce mardi 4 novembre à Rabat.
Le dirigeant a profité de l’événement pour dresser un point d’étape sur le plan stratégique lancé en 2023 dans un contexte de relance mondiale du transport aérien. « Les problèmes de livraison touchent tout le monde. Depuis cette année, on constate des améliorations, mais la situation n’est pas aussi fluide qu’avant le Covid. Malgré tout, je reste optimiste, les délais se raccourcissent », a affirmé l'homme aux commandes de la RAM depuis 2016.
La livraison d’un premier appareil en 2028
Lancé en avril 2024, l’appel d’offres portant sur l'élargissement de la flotte jusqu'à 200 appareils est « en cours de finalisation », a indiqué Abdelhamid Addou. Et d’ajouter : « La société évalue les offres de Boeing, Airbus et Embraer ». Dans le détail, le patron de la RAM a précisé que 25 % de la commande concernera des avions gros porteurs, le reste étant composé d’appareils monocouloirs.
Les premières livraisons sont attendues à partir de 2028, avec une cadence moyenne de 15 nouveaux appareils par an. En attendant, la RAM s’appuie sur des contrats de location pour soutenir sa croissance. « A priori, nous sommes couverts jusqu’à fin 2028 », selon Abdelhamid Addou.
Récemment, la compagnie a signé un accord avec la société irlandaise Avolon pour la location de six Boeing 737-8 MAX. L’opération s’inscrit dans la stratégie de montée en puissance du transporteur marocain, qui compte transporter 32 millions (M) de passagers par an d’ici 2037 et consolider son rôle de pont entre l’Afrique et le reste du monde.
Un délai de ans pour faire décoller l’activité
Le développement de Royal Air Maroc s’inscrit dans le contrat-programme 2023-2037, signé en juillet 2023 entre le PDG Abdelhamid Addou et le chef du gouvernement Aziz Akhannouch. Ce document fondateur engage l’État et la compagnie dans une trajectoire de transformation profonde : faire de la RAM un transporteur global.
Les objectifs sont ambitieux : quadrupler la flotte pour passer de 60 appareils en 2019 à 200 en 2037, augmenter le nombre de passagers de 7,5 à 31,6 M, étendre le réseau de 99 à 143 destinations et porter le taux de remplissage de 70 % à 82 %. Côté finances, la compagnie vise un chiffre d’affaires de 94 milliards de dirhams (MMDH) en 2037, contre 16,5 milliards en 2019. Sur ce dernier point, le PDG a fièrement déclaré : « nous sommes en avance par rapport aux objectifs fixés ».
Pour accompagner ce développement de grande envergure, la compagnie va devoir renforcer ses ressources humaines. « Le rythme d’arrivée des nouveaux avions est supérieur au rythme de formation des pilotes, qui est de trois ans », a expliqué Abdelhamid Addou. La RAM recrutera environ 200 pilotes étrangers dans le cadre de contrats à durée déterminée, « le temps que nos propres pilotes soient formés dans notre académie, à Marrakech », a-t-il affirmé.
Du Maroc au reste du monde
La stratégie de Royal Air Maroc consiste à faire du hub de Casablanca un pivot entre l’Afrique, l’Europe et les Amériques. « Notre marché, c’est d’abord le continent africain ». En effet, la RAM souhaite desservir toutes les capitales africaines dès 2027. Mais « nous voulons aussi continuer à nous développer vers les États-Unis et le Canada », a continué le PDG, qui a également évoqué un renforcement au Moyen-Orient et « un peu en Asie », où le marché est déjà dense. Quant au Vieux continent, la RAM souhaite poursuivre son ouverture, s'estimant encore trop discrète : « nous ne sommes pas assez présents en Europe du Nord et en Europe de l’Est. » Le lancement récent de la liaison directe Casablanca-Munich marque un premier pas vers cet objectif.
Sur le plan domestique, le patron de la compagnie a souligné le rôle de service public de la RAM : « Royal Air Maroc est le premier transporteur du pays. En reliant Rabat à des destinations comme Laâyoune, Nador et Oujda, la RAM va là où personne ne veut aller, pour aider au désenclavement de certaines régions. » Avec son plan inédit, la compagnie se projette résolument vers l’avenir de l’aviation, qu’elle entend développer à l’échelle nationale, continentale et mondiale.
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