DiplomatieSahara : pour Staffan de Mistura, « le vrai travail commence maintenant »
Depuis Bruxelles, l’Envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Staffan de Mistura, a livré, le 5 novembre, sa première réaction à l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité. Il salue un texte porteur d’un « souffle nouveau » et d’une « détermination internationale renouvelée », tout en affirmant que la solution au différend ne saurait être imposée, mais doit émerger de négociations « authentiques et de bonne foi ».
Un vent nouveau dans les voiles de l’ONU
« La résolution 2797 est importante non seulement par son contenu, mais aussi par l’énergie qu’elle dégage », a déclaré Staffan de Mistura lors d’un échange en visioconférence avec la presse conviée à un briefing de l'ONU consacré à l'adoption de la résolution. « Elle traduit une volonté internationale renouvelée de résoudre un conflit vieux de cinquante ans. »
Reprenant une image maritime, il a comparé le secrétariat de l’ONU à « un voilier qui sait naviguer, mais qui a besoin d’un vent fort et constant », autrement dit d’un engagement soutenu des États membres du Conseil de sécurité.
L’envoyé a rendu hommage au pays rédacteur de la résolution, les États-Unis, citant Massad Boulos, conseiller du président Donald Trump pour l’Afrique, et Mike Waltz, ambassadeur américain aux Nations Unies, ainsi qu’aux autres membres du Conseil de sécurité, « y compris ceux qui se sont abstenus ou n’ont pas pris part au vote », pour avoir contribué, chacun à sa manière, à ce texte qu’il juge équilibré et porteur d’un « nouvel élan collectif ».
Un cadre de négociation, pas une solution imposée
« La résolution 2797, dans ses paragraphes soigneusement rédigés, établit un cadre pour des négociations. Elle ne prescrit pas d’issue prédéterminée », a insisté de Mistura. Selon lui, seule une négociation menée de bonne foi peut déboucher sur une solution durable.
Il a rappelé attendre du Maroc la présentation d’un « plan d’autonomie élargi et actualisé », conformément à ce qu’il avait demandé en octobre 2024 et à ce qu’a annoncé récemment le roi Mohammed VI. Ce document, a-t-il précisé, s’inscrira dans la continuité de l’initiative marocaine de 2007, prise comme base par la résolution.
Son équipe entend désormais inviter « toutes les parties à soumettre leurs propositions et suggestions » en vue de bâtir un programme de pourparlers directs ou indirects si nécessaire, portant sur les questions les plus essentielles. Les contributions du Front Polisario et celles d’autres acteurs seront également prises en compte, conformément à l’esprit d’ouverture du texte.
Un mandat élargi et une stabilité assurée par la Minurso
Staffan de Mistura s’est également félicité de la prolongation du mandat de la Minurso jusqu’en octobre 2026, estimant que cette décision « contribuera à créer l’atmosphère de stabilité nécessaire à la relance du dialogue politique ». Aux côtés de Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint, il a souligné que « le véritable travail commence maintenant : celui qui doit mener à une solution mutuellement agréée à ce conflit qui dure depuis un demi-siècle ».
Interrogé par la presse sur la perception divergente du texte, jugé favorable par les deux camps, de Mistura a répondu avec prudence : « Les résolutions du Conseil de sécurité constituent un cadre, une feuille de route. L’atmosphère est bonne, la dynamique va dans la bonne direction. Le vrai travail commence maintenant. Parlons-en dans un mois. »
À propos du paragraphe 2 de la résolution, évoquant la facilitation de négociations basées sur la proposition marocaine d’autonomie en vue d’une solution juste, durable et mutuellement acceptable, il a insisté sur le soin apporté à chaque mot : « Il y est question de souveraineté marocaine, du principe d’autodétermination, de la Charte des Nations unies et de la nécessité d’une solution agréée par les deux parties. »
« Un moment de convergence, pas de confrontation »
Il a souligné que la référence à une « autonomie authentique », l’appel à éviter les conditions préalables et le rôle actif conféré au secrétaire général et à son envoyé personnel « ouvrent la voie à une discussion réelle et constructive ».
De Mistura a enfin affirmé qu’il ne parlerait « jamais au nom d’une partie », précisant que ses services allaient désormais impliquer le Front Polisario dans la phase de mise en œuvre du texte. Il a conclu sur une note optimiste : « Le moment est venu d’avancer. Nous avons une base claire, un mandat solide et une énergie internationale renouvelée. À nous tous de la maintenir pour transformer ce vent favorable en progrès réel. »
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