MinesÀ Boumadine, Aya Gold & Silver démarre la commercialisation des stocks historiques
Alors que le démarrage industriel de la mine n’est attendu qu’à l’horizon 2030, Aya Gold & Silver engage une première phase de commercialisation à partir de stocks historiques de concentré de pyrite riche en métaux précieux situé sur son permis de Boumadine, dans la province d’Errachidia.
Ces stocks proviennent des opérations de flottation menées à la fin des années 1980 et au début des années 1990 pour la production de plomb et de zinc. Les procédés de l’époque n’avaient récupéré qu’environ 30 % de l’or et 40 % de l’argent contenus dans le minerai, laissant un sous-produit encore enrichi en métaux précieux. Au total, près de 260 000 tonnes de minerai avaient été extraites et transformées, générant un volume résiduel que la compagnie qualifie aujourd’hui de « commercialement significatif ».
Bénéficiant de conditions de marché jugées favorables, marquées par la hausse des cours de l’or et de l’argent, ainsi que par une forte demande en soufre, Aya Gold & Silver a décidé d’enclencher une exploitation progressive de ce stock, confirmant l’intérêt de plusieurs acheteurs internationaux.
Jusqu’à 10 000 tonnes par mois expédiées sur deux ans
La minière a signé un accord de vente avec un offtaker international, incluant un programme d’expédition pouvant s’étaler sur 20 à 24 mois ou jusqu’à épuisement du matériau récupérable. À un rythme estimé de 10 000 tonnes par mois, ce cycle de commercialisation pourrait générer près de 2,5 millions d’onces équivalent-argent.
Les teneurs moyennes anticipées atteignent environ 2,30 grammes par tonne (g/t) en or et 144 g/t en argent, confirmant la valeur économique de ce produit secondaire. Les premières cargaisons sont déjà parties : 2 500 tonnes ont été chargées et transportées vers un hub logistique intérieur marocain, pour ensuite rejoindre le port en vue de leur acheminement final vers le client.
Aya s’attend à percevoir ses premiers paiements avant la fin de l’année. Cette mise en valeur générera des flux de trésorerie destinés à financer les phases préparatoires du projet Boumadine, en particulier l’étude de faisabilité et les premières infrastructures.
Un levier de réhabilitation et un premier jalon industriel
La société met également en avant l’intérêt environnemental de l’opération. En retirant du site un matériau considéré comme générateur potentiel d’acidité, Aya affirme contribuer à l’assainissement du périmètre minier situé à proximité de la future fosse à ciel ouvert. L’initiative permet aussi d’établir et tester une chaîne logistique complète, intégrant chargement, contrôle qualité, transport routier, ferroviaire et maritime.
« La commercialisation des stocks historiques de Boumadine offre deux avantages essentiels. Nous assainissons les anciennes opérations et établissons des relations commerciales avec de futurs acheteurs de notre produit à base de pyrite. La valorisation de ce concentré souligne le potentiel commercial de Boumadine et la viabilité de son concentré riche en or et en argent », a commenté Benoit La Salle, président et chef de la direction d’Aya Gold & Silver.
Vers un complexe minier polymétallique majeur
Boumadine, situé au sud de Tinejdad, doit devenir un des futurs piliers industriels du portefeuille marocain d’Aya avec l’exploitation combinée de mines souterraines et à ciel ouvert. Le projet, encore en développement, nécessite la construction d’une mine et d’une usine de traitement de concentrés. Les estimations préliminaires avancées par la compagnie évoquent un investissement de 425 millions de dollars (M $) pour un potentiel de revenus cumulatifs pouvant atteindre 7 milliards de dollars (MM $) sur la durée de vie du gisement.
La mine ne devrait pas produire directement de l’or ou de l’argent natifs, mais des concentrés de zinc et de plomb à teneurs élevées en métaux précieux. Ceux-ci seront traités dans des fonderies spécialisées afin d’en extraire les métaux recherchés.
Avec ce premier flux commercial et une dynamique de projet désormais bien enclenchée, Aya confirme sa stratégie : développer au Maroc un portefeuille d’actifs argentifères de classe mondiale, tout en inscrivant ses opérations dans une démarche de durabilité et de valorisation maximale des ressources existantes.
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