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ConjonctureL’inflation au plus bas depuis 2021, la consommation retrouve son souffle

21.11.2025 à 14 H 01 • Mis à jour le 22.11.2025 à 00 H 14 • Temps de lecture : 4 minutes
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le Maroc enregistre en octobre son plus faible taux d’inflation depuis mars 2021 : 0,1 % sur un an, selon le Haut-commissariat au Plan (HCP).
Avec une inflation ramenée à 0,1% sur un an en octobre, son niveau le plus bas depuis mars 2021, l’économie marocaine retrouve un environnement de prix stable qui soutient la reprise de la demande et redonne de l’air au pouvoir d’achat après deux années de tensions

Alors que le débat monétaire s’intensifie à l’approche de la dernière décision de politique de Bank Al-Maghrib en 2025, le Maroc enregistre en octobre son plus faible taux d’inflation depuis mars 2021 : 0,1 % sur un an, selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP). Après deux années marquées par un choc alimentaire et énergétique majeur, l’économie semble renouer avec un régime de stabilité des prix qui redonne de l’air à la demande intérieure.


Forte baisse des prix des produits alimentaires

La désinflation devient même tangible : sur un mois, l’indice des prix à la consommation recule de 0,6 %, essentiellement sous l’effet de la forte baisse des prix des produits alimentaires. Ceux-ci chutent de 1,3 % par rapport à septembre, entraînant pour la première fois depuis plus d’un an et demi une déflation annuelle dans le sous-indice alimentation et boissons non alcoolisées, en baisse de 0,5 % sur un an. Les replis les plus marqués concernent les huiles et graisses avec 3,7 %, les viandes avec 2,8 % ou encore les poissons et fruits de mer avec 1,3 %. À l’inverse, certains prix de services continuent de progresser, notamment dans la rubrique restaurants et hôtels, en hausse de 2,4 % sur un an, reflet d’un secteur touristique encore en forte croissance.


La dynamique baissière touche aussi l’énergie. Les carburants reculent de 0,6 % sur un mois, entraînant une diminution de 0,2 % du poste transport. Sur un an, les prix du transport affichent désormais une contraction de près de 1,9 %, un renversement complet par rapport aux pressions inflationnistes du premier semestre 2023.


Cette modération se diffuse aux indicateurs plus structurels. L’inflation sous-jacente – qui exclut les produits à prix volatils et administrés – passe en territoire négatif, à -0,2 % en glissement annuel comme en variation mensuelle. Elle évolue donc en dessous du seuil jugé compatible avec une inflation durablement ancrée, confirmant l’essoufflement de la poussée inflationniste importée.


Sur la moyenne des dix premiers mois de 2025, l’inflation s’établit désormais à 0,8 %, un niveau cohérent avec un environnement de prix stabilisé. L’ensemble des grandes villes du Royaume a enregistré en octobre une décélération ou une baisse des prix, particulièrement à Al Hoceima (-1,5 %), Safi, Tétouan et Béni Mellal (-0,9 %), Marrakech et Agadir (-0,8 %), tandis que seules de rares hausses marginales ont été observées, notamment à Kénitra (+0,2 %).


Un contexte macroéconomique plus clément

Cette détente des prix intervient dans un contexte macroéconomique plus clément. Selon les derniers chiffres du PIB, la consommation finale des ménages a progressé de 4,1 % au troisième trimestre, soutenue par un boom de la construction et une amélioration de la production agricole. Cette reprise interne, longtemps entravée par l’érosion du pouvoir d’achat, s’ancre désormais dans un régime de prix plus lisible. « Le contexte de faible inflation contribue à libérer la demande et à soutenir la croissance », résume l’analyse d’Oxford Economics Africa.


Du point de vue monétaire, la situation reste néanmoins sujette à vigilance. En septembre, le Conseil de Bank Al-Maghrib a choisi de maintenir le taux directeur à 2,25 %, invoquant les incertitudes internationales et une projection interne légèrement plus élevée : 1,9 % d’inflation prévue en 2026, contre une prévision légèrement inférieure du marché (1,3 %). Si l’estimation d’octobre conforte l’idée d’une inflation durablement contenue, la prudence reste de mise à l’approche d’un cycle d’ajustements dans les économies avancées, où la Réserve fédérale américaine et la BCE devraient maintenir leurs taux en décembre. La banque centrale devrait logiquement rester en position d’observation lors de sa prochaine réunion.


À l’heure où le Maroc accélère son effort d’investissement et prépare l’accueil de la CAN 2025 puis du Mondial 2030, la consolidation d’un climat de prix stable apparaît comme un atout stratégique. Elle limite l’érosion du pouvoir d’achat, renforce la confiance des ménages et accompagne le redémarrage de la consommation, pilier structurel du PIB. Le retour rapide à une inflation proche de 1 % constitue ainsi une forme de normalisation bienvenue, après une séquence mondiale où le coût de la vie a été l’un des premiers facteurs d’inquiétude économique et sociale.

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