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FootballFace au Brésil et à l’Écosse, le Maroc aborde le Mondial 2026 en adversaire redouté

06.12.2025 à 13 H 51 • Mis à jour le 06.12.2025 à 13 H 51 • Temps de lecture : 7 minutes
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le Maroc a battu le Brésil (2-1), à Tanger
Les Lions de l’Atlas retrouvent la Seleção et l’Écosse, près de trois décennies après l’épopée de 1998, avec l’ambition affirmée de rééditer – voire surpasser – leur performance historique au Qatar

Placé dans le groupe C de la Coupe du monde 2026, le Maroc affrontera le Brésil, l’Écosse et Haïti lors de la phase de poules de cette édition inédite organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique. Une entrée en lice prestigieuse et exigeante, marquée par des retrouvailles avec deux adversaires déjà croisés lors du Mondial de 1998 en France, et un contexte totalement renouvelé pour les Lions de l’Atlas, aujourd’hui considérés parmi les équipes les plus redoutées de la planète.


Retour de souvenirs : un parfum de 1998

Il y a 28 ans, la sélection marocaine écrivait l’une des pages les plus mémorables de son histoire. Dans le groupe A de la Coupe du monde 1998, les Lions de l’Atlas affrontaient le Brésil champion du monde en titre et une sélection écossaise disciplinée. Le Maroc s’imposait brillamment face aux Écossais (3-0), tandis que la Norvège, contre toute attente, battait le Brésil sur penalty (2-1), éliminant le Maroc malgré ses quatre points et son football étincelant. Cette élimination reste encore aujourd’hui l’un des épisodes les plus frustrants du football national.


En juin prochain, le Maroc retrouvera la Seleção et l’Écosse, dans un groupe où chaque match aura un parfum d’histoire. Le Brésil se présentera avec une génération flamboyante – Vinicius, Raphinha, Estêvão, Rodrygo ou encore Marquinhos – tandis que l’Écosse cherchera à prendre sa revanche sur un épisode toujours douloureux pour ses supporters.


Le Maroc, adversaire à craindre

La donne a changé : la sélection marocaine n’est plus un outsider surprenant mais une équipe parmi les mieux classées au monde (11ᵉ au classement FIFA), demi-finaliste de la dernière Coupe du monde et auréolée d’un immense respect international.


Carlo Ancelotti, sélectionneur du Brésil, l’a reconnu sans détour à l’issue du tirage au sort organisé au Kennedy Center à Washington : « Le Maroc est l’adversaire le plus dangereux du groupe ». Le technicien italien a salué « les excellents résultats » du Royaume, rappelant que son parcours au Qatar avait été « fantastique ». Il a également insisté sur la qualité du coaching de Walid Regragui, tout en prévenant que la confrontation entre le Brésil et le Maroc serait « difficile ».


Dans les médias brésiliens, cette prudence est largement relayée. ESPN rappelle que le Maroc fait figure de sélection de tout premier plan, emmenée par un effectif mature et talentueux – Bounou, Mazraoui, Amrabat, Hakimi, Ziyech, Brahim Diaz ou Ounahi – et capable de rivaliser avec n’importe quelle grande équipe. Le média souligne que le Maroc a battu le Brésil 2-1 en amical en mars 2023, « une victoire symbolique qui change le rapport de force psychologique  ». GE.Globo note que cette défaite reste « un souvenir amer » pour les supporters brésiliens, qui voient dans le premier match du groupe C le véritable test de solidité de la Seleção.


UOL Esporte insiste sur un point stratégique : selon Ancelotti, le Brésil « doit gagner son premier match, quel que soit l’adversaire », mais il admet que le Maroc représente un défi beaucoup plus exigeant qu’il y paraît.


Écosse–Maroc : des cicatrices encore ouvertes

La presse écossaise n’a pas oublié la gifle subie par l’Écosse face au Maroc en 1998 (3-0). Dans The Scotsman, le constat est clair : « Le Maroc est l’équipe du chapeau 2 qu’il ne fallait pas affronter ». Le quotidien rappelle que les Lions de l’Atlas ne sont plus l’équipe surprise de 1998, mais l’une des meilleures sélections au monde.


Pat Kevin, ancien ailier écossais, confie sur BBC Radio 4 : « Ce match a laissé des cicatrices. Peut-être plus que n’importe quel autre. » Il estime que le Maroc sera « un adversaire très difficile », plus que le Brésil dans certains aspects, notamment au regard de la dynamique de l’équipe et de son efficacité récente en qualifications. Scott Brown, ancien capitaine écossais, abonde dans le même sens : « Le Maroc dispose de joueurs de très haut niveau. Ce sera le match le plus difficile ». La BBC estime que l’Écosse devra absolument battre Haïti pour espérer un passage en huitièmes de finale et « attendre un faux pas des deux géants ».


Haïti prudent, mais lucide

Sébastien Migné, sélectionneur d’Haïti, reconnaît que son équipe va devoir relever un immense défi contre le Maroc : « Le match ne sera pas facile », a-t-il déclaré. Il rappelle que le Royaume aligne des joueurs « qui évoluent à un très haut niveau », qu’il observera durant la prochaine Coupe d’Afrique des Nations. Migné insiste : « Le Maroc n’a pas été demi-finaliste pour rien ». Il compte étudier le style des Lions de l’Atlas afin de définir sa stratégie avec sept mois de préparation.


Regragui : viser haut et rester discipliné

Walid Regragui a fixé le ton dès la fin du tirage : « Nous allons tout donner pour rendre fiers nos supporters ». Il rappelle que le succès passera par la discipline, le respect de tous les adversaires et la capacité à « s’adapter au climat, aux horaires, aux terrains et à la particularité d’un Mondial à 48 équipes ». Le coach national insiste : « Le Maroc peut gagner la Coupe du monde. Tout le monde le sait aujourd’hui », mais souligne l’importance du collectif, de la rigueur mentale et de la gestion des efforts dans un calendrier plus long.


Une génération armée et ambitieuse

Plusieurs gloires du football marocain partagent cet optimisme. Mohamed Timoumi estime que les chances du Maroc sont « fortes  » : les Lions se présentent avec de l’expérience, une identité tactique affirmée et une génération de joueurs déjà aguerrie au plus haut niveau international. Il rappelle que « la gestion des matchs et la concentration seront déterminantes ».


Pour Khalid Raghib, l’objectif ne se limite plus à une qualification : « Le Maroc doit désormais se maintenir parmi les meilleures équipes », avec un effectif « capable de faire la différence ». Hicham Aboucherouane estime que le groupe actuel est « d’un niveau compétitif élevé », tout à fait capable de viser un stade avancé de la compétition après avoir terminé quatrième au Qatar.


Une Coupe du monde historique

Le Mondial 2026 inaugure un nouveau format : 48 équipes, 104 matchs, 16 poules de quatre équipes. Les deux premiers de chaque groupe seront qualifiés pour les 16ᵉ de finale, rejoints par les huit meilleurs troisièmes, un système inédit qui offre davantage de matches à élimination directe.


Les rencontres seront réparties entre 78 stades aux États-Unis, 13 au Canada et 13 au Mexique. Le match d’ouverture aura lieu le 11 juin au stade Azteca de Mexico, tandis que la finale se disputera le 19 juillet au MetLife Stadium dans le grand New York. Gianni Infantino a présenté cette édition comme « la plus grande Coupe du monde jamais organisée ».


Une ambition clairement assumée

Le Maroc abordera cette phase de poules animée par une ambition claire : passer en tête du groupe C et viser à nouveau les sommets. L’équipe s’avance avec un statut : demi-finaliste du dernier Mondial, champion du monde U20, un bilan de 18 victoires consécutives en éliminatoires, une solidité défensive remarquable et un effectif désormais riche de talents renouvelés.


Pour Regragui, la clé est simple : « Quand on veut gagner ce genre de trophées, il faut vite s’adapter pour être compétitif. » Les Lions de l’Atlas savent désormais ce qu’il faut pour se hisser parmi les meilleures nations : discipline, régularité et une ambition collective assumée. Le Maroc n’ira pas seulement pour participer : il ira avec pour objectif de vaincre.

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