HCPLa croissance de l’économie nationale décélère à 4% au troisième trimestre 2025
L'économie nationale a connu un ralentissement notable au troisième trimestre 2025, avec une croissance qui s'est établie à 4 %, en recul par rapport aux 5 % enregistrés à la même période de l'année précédente. Cette décélération, constatée par l’arrêté des comptes nationaux établi par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), intervient dans un contexte marqué par une inflation maîtrisée et une demande intérieure dynamique, mais également par des besoins de financement croissants.
Un ralentissement généralisé des activités non agricoles
Les activités non agricoles ont particulièrement contribué à ce ralentissement, avec une croissance limitée à 3,8 % contre 5,7 % un an auparavant. Le secteur secondaire a vu son rythme de croissance diminuer significativement, passant de 6,9 % à 3,8 %. Cette baisse s'explique principalement par le freinage des industries d'extraction, dont la croissance est tombée de 14 % à 5,2 %, ainsi que des industries de transformation qui sont passées de 6,6 % à seulement 2,6 %.
Le secteur du bâtiment et travaux publics, bien que maintenant une croissance positive, a également connu un ralentissement avec un taux de 5,6 % contre 6,8 % l'année précédente. Seules les activités de l'électricité et de l'eau ont échappé à cette tendance, avec une accélération de leur croissance de 4,6 % à 5,9 %.
Le tertiaire également affecté
Le secteur des services n'a pas été épargné, enregistrant une décélération de 5 % à 4,2 %. Les activités touristiques, pourtant traditionnellement dynamiques, ont vu leur croissance ralentir fortement, passant de 12,3 % à 7,4 % pour l'hébergement et la restauration. Le transport et l'entreposage ont connu une chute spectaculaire, leur croissance passant de 7,5 % à 3,5 %.
Les services financiers et d'assurance, le commerce, ainsi que les activités de recherche et développement ont tous affiché des performances en baisse. Toutefois, quelques secteurs ont résisté, notamment les services de l'administration publique qui ont progressé de 4,8 % contre 4,3 %, et les services immobiliers qui sont sortis du rouge avec une croissance de 0,9 % après une baisse de 1,7 %.
Le secteur agricole redresse la barre
Contraste notable avec les autres secteurs, l'agriculture a enregistré une croissance de 4,4 %, inversant la tendance négative de l'année précédente qui avait vu une baisse de 5,1 %. Cette reprise du secteur primaire a permis d'atténuer quelque peu l'impact du ralentissement des autres activités, malgré l'effondrement du secteur de la pêche qui a chuté de 24,4 %.
Une inflation maîtrisée
Point positif dans ce tableau contrasté, le niveau général des prix a considérablement ralenti, passant de 3,7 % à 1,7 %. Le PIB aux prix courants n'a progressé que de 5,7 % contre 8,7 % un an auparavant, témoignant d'une meilleure maîtrise de l'inflation.
La demande intérieure tire la croissance
Malgré le ralentissement global, la demande intérieure s'est montrée particulièrement dynamique avec une progression de 7,6 % contre 5,9 % l'année précédente, contribuant pour 8,3 points à la croissance. Cette vigueur s'explique notamment par une forte hausse de l'investissement brut, qui a bondi de 15 %, contribuant à lui seul pour 4,6 points à la croissance.
La consommation des ménages a également progressé, passant de 3 % à 3,9 %, tandis que les dépenses publiques ont connu une accélération notable avec une croissance de 7,4 % contre 5,5 %.
Le commerce extérieur pèse sur la performance
Le principal frein à la croissance est venu des échanges extérieurs. Les importations ont fortement augmenté de 15,3 % contre 11,1 %, tandis que les exportations ont ralenti à 8,2 % contre 10,1 %. Cette combinaison a généré une contribution négative de 4,3 points à la croissance, contre seulement 1,5 point l'année précédente.
Des besoins de financement accrus
Sur le plan du financement, le revenu national brut disponible a progressé de 6,2 %, soutenu notamment par une hausse significative de 14,5 % des revenus nets reçus du reste du monde. L'épargne nationale s'est établie à 29,7 % du PIB, tandis que l'investissement brut a atteint 32,6 % du PIB, dégageant ainsi un besoin de financement de 2,9 % du PIB contre 2,3 % au troisième trimestre 2024.
Cette situation témoigne d'une économie nationale en transition, confrontée à un ralentissement de ses activités productives, mais maintenue par une demande intérieure vigoureuse et des investissements soutenus, dans un contexte de meilleure maîtrise de l'inflation.
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