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PortuaireMarsa Maroc s’implante au port de Monrovia et ouvre la voie à une concession stratégique au Libéria

10.02.2026 à 12 H 52 • Mis à jour le 10.02.2026 à 13 H 49 • Temps de lecture : 4 minutes
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Le port de Monrovia, dans la capitale libérienne.
En remportant un appel d’offres international pour la gestion de deux jetées du port de Monrovia, Marsa Maroc franchit une nouvelle étape dans son déploiement africain. Ce contrat, conclu avec la National Port Authority of Liberia, marque le point de départ d’un partenariat stratégique appelé à déboucher sur le développement d’un terminal polyvalent, au cœur de la stratégie logistique et économique libérienne

À l’issue d’un processus de sélection internationale, Marsa Maroc a été désignée attributaire d’un contrat de gestion portant sur l’exploitation de deux jetées du port de Monrovia. L’accord a été conclu avec la National Port Authority of Liberia, organisme public en charge de l’administration et du développement de l’ensemble des infrastructures portuaires du pays.


Cette opération, annoncée à Casablanca ce mardi 10 février, constitue la première présence opérationnelle de Marsa Maroc au Libéria et s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération Sud-Sud dans le domaine portuaire.


Mise en service au premier semestre 2026

Le contrat confie à Marsa Maroc, via sa filiale Marsa Maroc International Logistics (MMIL), une mission étendue combinant réhabilitation des infrastructures existantes, mise à disposition d’équipements portuaires et apport d’expertise opérationnelle, notamment dans la manutention des vracs.


L’objectif affiché est d’assurer une exploitation plus performante et plus fiable des deux jetées concernées, dans un contexte où le port de Monrovia concentre l’essentiel des flux commerciaux du pays. La mise en service progressive du dispositif est programmée à partir du premier semestre 2026, traduisant une montée en charge graduelle des opérations.


Au-delà de cette première phase, le contrat de gestion est explicitement conçu comme une étape préparatoire à un partenariat de long terme. Les deux parties affichent leur ambition de conclure, dans une seconde phase, un contrat de concession pour le développement et l’exploitation d’un nouveau terminal polyvalent. Une perspective stratégique, alors que le port de Monrovia occupe une position centrale dans l’économie libérienne. Principal port en eau profonde du pays, il assure la quasi-totalité des importations et exportations nationales et constitue la principale porte d’entrée maritime du Libéria.


Un appui stratégique de la présidence libérienne

Cette orientation stratégique a été publiquement assumée au plus haut niveau de l’État libérien. Lors d’une allocution devant la session conjointe de la 55e législature, le président Joseph Nyuma Boakai avait annoncé qu’un opérateur portuaire marocain de tout premier rang s’était engagé à consentir des apports significatifs en équipements et en structures logistiques au port de Monrovia. Le chef de l’État avait alors souligné que cette entente ouvrait une phase profondément renouvelée pour les infrastructures maritimes du pays, traduisant la volonté des autorités de reprendre l’initiative dans un secteur jugé stratégique pour la souveraineté économique et l’intégration régionale.


Le port de Monrovia est en effet appelé à jouer un rôle clé dans la recomposition logistique du Libéria et de son hinterland. Pivot historique des échanges maritimes nationaux, il se trouve désormais au cœur de projets de corridors régionaux destinés à connecter les ressources minières de l’arrière-pays et des pays voisins aux marchés internationaux. Le projet dit du « Liberty Corridor » ambitionne notamment de faire des ports libériens, et plus particulièrement de Monrovia, des points d’accès stratégiques aux grands bassins miniers régionaux, renforçant ainsi la dimension géo-économique des investissements portuaires en cours.


Dans ce contexte, l’intervention de Marsa Maroc répond à une double logique. Pour les autorités libériennes, il s’agit de diversifier les acteurs de l’exploitation portuaire tout en renforçant la maîtrise publique des orientations stratégiques du secteur. Pour l’opérateur marocain, l’enjeu consiste à mettre à profit une expertise reconnue dans la gestion de terminaux portuaires pour accompagner la montée en gamme des infrastructures libériennes, améliorer la continuité des opérations et accroître durablement les capacités du port de Monrovia.


Acteur africain de référence, Marsa Maroc opère aujourd’hui 34 terminaux dans 20 ports, pour un trafic annuel dépassant 60 millions de tonnes. Cette expérience, forgée au Maroc et progressivement étendue à l’échelle continentale, a manifestement pesé dans le choix des autorités libériennes, soucieuses de s’appuyer sur un partenaire capable de conjuguer expertise opérationnelle, capacité d’investissement et vision stratégique de long terme.


L’accord conclu à Monrovia s’inscrit ainsi pleinement dans la trajectoire du plan stratégique « Marsa 2030 », par lequel le groupe entend renforcer sa présence internationale et s’imposer comme un opérateur portuaire africain de premier plan, au service de projets structurants pour les économies du continent.

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