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Moyen-OrientLes États-Unis et Israël frappent l’Iran, Téhéran réplique : le récit des premières heures

28.02.2026 à 13 H 25 • Mis à jour le 01.03.2026 à 05 H 37 • Temps de lecture : 7 minutes
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Les États-Unis et Israël lancent des frappes conjointes sur l'Iran.
Les États-Unis et Israël ont lancé samedi une vaste opération militaire contre l’Iran, frappant Téhéran et plusieurs grandes villes. En riposte, la République islamique a tiré des missiles sur Israël et visé des bases américaines dans le Golfe, faisant craindre un embrasement régional majeur

Une séquence militaire d’une ampleur inédite depuis la guerre dite « des douze jours » de juin 2025 a débuté ce samedi 28 février au matin. Les États-Unis et Israël ont lancé une opération conjointe contre l’Iran, visant des cibles militaires et stratégiques à Téhéran et dans plusieurs grandes villes du pays. Quelques heures plus tard, la République islamique répliquait par des salves de missiles balistiques contre Israël et par des frappes visant des pays alliés de Washington dans le Golfe. Le risque d’un conflit régional généralisé est désormais ouvert.


Frappes coordonnées sur Téhéran et les grandes villes iraniennes

Les premières explosions ont été entendues à Téhéran vers 9 h 40, heure locale, dans le centre de la capitale, à proximité du bureau du Guide suprême, Ali Khamenei. De larges panaches de fumée étaient visibles au-dessus du quartier de Pasteur, qui abrite notamment le complexe présidentiel. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des habitants fuyant les lieux, des employés d’administrations quittant précipitamment leurs bureaux et des parents se ruant vers les écoles pour récupérer leurs enfants.


Au-delà de la capitale, des détonations ont été signalées à Ispahan, Qom, Karaj, Kermanshah, Tabriz et jusque sur la côte du Golfe, à Chabahar. Les agences de presse iraniennes ont confirmé des frappes dans ces villes stratégiques, certaines proches d’installations militaires ou d’infrastructures liées au programme balistique et nucléaire.


La télévision d’État iranienne a affirmé que la résidence du Guide suprême et le siège de la présidence avaient été ciblés. Les autorités ont assuré que Ali Khamenei ne se trouvait pas à Téhéran et avait été mis à l’abri. L’agence Irna a indiqué que le président Massoud Pezechkian était sain et sauf. La résidence de l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad aurait également été touchée.


Selon des responsables américains et israéliens, des dizaines de frappes ont été menées par des avions d’attaque opérant depuis des bases et des porte-avions positionnés au Moyen-Orient. Des images satellites diffusées par des analystes montrent des dégâts importants sur des installations à Téhéran, notamment dans le périmètre du complexe associé au Guide suprême.


Washington et Tel-Aviv assument une « opération majeure »

Dans une allocution vidéo enregistrée et diffusée ce samedi, le président américain Donald Trump a annoncé le lancement d’une « majeure opération de combat » contre l’Iran. Il a affirmé que l’objectif était de « défendre le peuple américain en éliminant les menaces imminentes que représente le régime iranien » et a promis de « détruire leur industrie balistique  » et « anéantir leur marine ».


À Jérusalem, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a parlé d’une opération destinée à « éliminer la menace existentielle que représente le régime terroriste iranien ». Le ministère israélien de la défense avait auparavant évoqué une « frappe préventive », tandis que des sirènes d’alerte retentissaient dans tout le pays et que les habitants recevaient des notifications d’« alerte extrêmement grave » sur leurs téléphones.


Israël a immédiatement instauré un état d’urgence spécial. Le Home Front Command a interdit les rassemblements publics, fermé les écoles et suspendu les activités non essentielles. L’espace aérien civil a été totalement fermé.


Riposte iranienne : missiles sur Israël et frappes dans le Golfe

Moins de deux heures après le début des bombardements, l’Iran a lancé plusieurs vagues de missiles balistiques en direction d’Israël. Des explosions ont été entendues dans la région de Jérusalem, tandis que les systèmes de défense antimissile tentaient d’intercepter les projectiles.


Dans un communiqué, les Gardiens de la Révolution ont annoncé le début d’« attaques à grande échelle à la roquette et au drone contre les territoires occupés » en réponse à « l’agression de l’ennemi hostile et criminel ».


La riposte iranienne a rapidement dépassé le seul théâtre israélien. Des explosions ont été signalées à Bahreïn, au Koweït, à Doha au Qatar, à Riyad en Arabie saoudite et à Abou Dhabi. Ces États, pour la plupart alliés de Washington et hôtes de bases militaires américaines, ont confirmé des attaques. Les Émirats arabes unis ont fait état d’au moins un mort à la suite de la chute de débris d’un missile balistique. Les espaces aériens ont été fermés dans plusieurs pays de la région, entraînant la suspension de nombreux vols civils, y compris ceux de la Royal Air Maroc à destination de la région.


Téhéran sous tension : coupures et patrouilles

En Iran, le Conseil suprême de sécurité nationale a annoncé la fermeture des écoles et universités jusqu’à nouvel ordre. Les administrations publiques fonctionneront à 50 % de leur capacité, tandis que les banques continueront à fournir des services. Les hôpitaux ont été placés en état d’alerte.


Les réseaux de téléphonie mobile ont été fortement perturbés à Téhéran. Selon l’ONG NetBlocks, la connectivité Internet nationale est tombée à environ 4 %, plongeant le pays dans une quasi-obscurité numérique comparable à celle observée lors du conflit de 2025. Avant la coupure, le site de l’agence officielle Irna avait été piraté, affichant un message annonçant un « coup paralysant » porté aux Gardiens de la Révolution et au Bassidj.


L’agence Fars, proche des Gardiens, a annoncé le déploiement de patrouilles de quartier du Bassidj dans l’ensemble de la capitale, un dispositif déjà utilisé lors de la guerre de l’an dernier avec Israël.


Une société iranienne fracturée

Ces frappes interviennent quelques semaines après un massacre de manifestants en janvier, au cours duquel des milliers de personnes auraient été tuées selon des organisations de défense des droits humains. La répression a laissé une société profondément divisée.


Des vidéos circulant en ligne montrent, d’un côté, des scènes de panique, avec des files d’attente massives aux stations-service et des embouteillages sur les axes de sortie des grandes villes. De l’autre, certains Iraniens apparaissent célébrer les frappes, dansant dans les rues ou chez eux, dans un geste interprété comme une forme de défi au régime.


Depuis son exil aux États-Unis, Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran, a qualifié ces événements de « moments décisifs » et appelé les forces de sécurité à rejoindre le peuple. Il a exhorté les Iraniens à rester prudents dans l’immédiat, tout en se tenant prêts à descendre dans la rue « au moment opportun ».


Le spectre d’une guerre prolongée

Cette nouvelle escalade s’inscrit dans la continuité des tensions autour du programme nucléaire iranien et des capacités balistiques de Téhéran. En juin 2025, Israël et l’Iran s’étaient affrontés pendant douze jours, les États-Unis ayant frappé plusieurs sites nucléaires iraniens. Si Washington avait alors affirmé que le programme nucléaire avait été « anéanti », des évaluations ultérieures avaient conclu qu’il avait été dégradé, mais non détruit.


Ces dernières semaines, Washington avait renforcé son dispositif militaire dans la région, notamment avec le déploiement du porte-avions USS Gerald R. Ford en Méditerranée orientale et la présence du USS Abraham Lincoln en mer d’Arabie.


Les analystes redoutent désormais un engrenage incontrôlable. L’Iran promet une « riposte écrasante », Israël est en état d’alerte maximale et les alliés régionaux de Washington sont directement touchés. En appelant les Iraniens à « prendre le contrôle de leur gouvernement » une fois l’opération achevée, Donald Trump a ouvert un nouveau front, politique celui-là, dont les conséquences pourraient dépasser largement le champ militaire.


À ce stade, aucun scénario de désescalade n’est clairement visible. Le Moyen-Orient s’enfonce dans une crise dont l’issue demeure incertaine.

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