Crise diplomatiqueAlger suspend ses rapatriements de migrants en Espagne et gèle les liaisons aériennes avec Madrid
Les relations entre l'Espagne et l'Algérie vont de mal en pis depuis le soutien de Madrid au plan d'autonomie marocain du Sahara. Le pays de Abdelmadjid Tebboune a suspendu les rapatriements de migrants en Espagne, ainsi que la plupart des vols de la compagnie espagnole Iberia, apprend-on d'El Confidencial.
Iberia ne pourrra se rendre qu'une fois par semaine à Alger, pas plus. Les Espagnols avaient demandé à accroître les fréquences maintenant que la crise Covid est presque dépassée. La réponse est tombée hier d'Alger par un niet catégorique. Air Algérie ne se rendra pas à Madrid et Iberia n'ira qu'une fois par semaine à Alger. C'est une décision politique et non pas commerciale.
Les rapatriements avec l'Algérie se faisaient uniquement par voie maritime, deux fois par semaine d'Alicante à Oran et également d'Almería à Ghazaouet en haute saison. Cependant cette fréquence, convenue entre les ministères de l'Intérieur des deux pays, n'a pas toujours été respectée. Les autorités algériennes qualifient cette annulation de rapatriements de « globale » et « multiforme à plusieurs niveaux », en réponse à la décision espagnole.
Dans une tentative d'apaisement, le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska a expulsé un militaire algérien, Mohamed Benhlima exilé en Espagne et revendiqué par Alger pour son appartenance à Rachad, un mouvement islamiste modéré qu'Alger qualifie de terroriste. C'est la première fois qu'un avion d'Iberia est affrété pour expulser une seule personne, mais Grande-Marlaska en a profité pour mettre une demi-douzaine de migrants à son bord.
La première riposte algérienne était le rappel pour consultations de son ambassadeur à Madrid, Saïd Moussi. Ensuite, l'Algérie a annoncé vouloir faire de l'Italie son « centre névralgique de l'énergie ». Le secrétaire général du ministre algérien des Affaires étrangères, Chakib Kaid, s'est d'ailleurs rendu lundi à Rome et a annoncé que « l'Algérie va revoir tous les accords avec l'Espagne, dans tous les domaines, pour voir comment la relation se développe à l'avenir ».
José Manuel Albares avait pour objectif de mettre fin à la crise avec le Maroc au plus vite, mais c'était sans compter sur le fait qu'une réconciliation entre les deux pays créerait une dégradation des relations avec l'Algérie.
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