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Reconstruction
Séisme d’Al Haouz : après 18 mois, le bilan critique de la FICR

01.05.2025 à 15 H 30 • Mis à jour le 01.05.2025 à 15 H 30 • Temps de lecture : 3 minutes
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Des habitants à Tinmel n'ont pas hésiter à se tourner vers les briques et bétons pour reconstruire leurs maisons. Crédit : Soufiane Sbiti / Le Desk

Un an et demi après le tremblement de terre meurtrier du 8 septembre 2023, le bilan de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) met en lumière des avancées notables dans la réponse humanitaire et les efforts de relogement, mais souligne aussi l’ampleur des obstacles qui freinent la reconstruction dans les régions sinistrées du Haut Atlas.


La réponse d’urgence et les premières phases de reconstruction ont permis d’apporter un soutien tangible à des dizaines de milliers de sinistrés. Sur les 50 000 habitations endommagées ou détruites par le séisme, plus de 44 000 ménages ont déjà reçu un appui financier direct pour la reconstruction ou la réhabilitation de leurs logements. L’allocation mensuelle exceptionnelle de 2 500 dirhams, annoncée par les autorités marocaines, a été versée à 57 600 familles affectées, permettant de soulager partiellement l’impact socio-économique de la catastrophe, note la FICR dans sa dernière note bilantielle datée du 30 avril dernier.


Le plan de reconstruction quinquennal, doté d’un budget de 120 milliards de dirhams (MMDH), ambitionne de toucher à terme 4,2 millions de personnes dans les provinces les plus durement frappées — Al Haouz, Chichaoua, Taroudant, Marrakech, Ouarzazate et Azilal. Dans l’immédiat, le Croissant-Rouge marocain, avec l’appui technique et logistique de la FICR, a pu assister plus de 50 000 personnes grâce à la mobilisation de 290 volontaires dès les premières heures après le séisme. Des soins médicaux, un soutien psychosocial et des abris temporaires ont notamment été fournis.


Mais ces avancées s’accompagnent de retards significatifs et de difficultés structurelles. La reconstruction des habitations, bien que lancée, reste entravée par une pénurie persistante de matériaux de construction et une main-d'œuvre qualifiée insuffisante. Dans les zones rurales reculées, notamment dans les contreforts montagneux de l’Atlas, l’acheminement de l’aide reste tributaire de conditions d’accès difficiles, surtout en période hivernale.


La coordination entre les parties prenantes — autorités locales, institutions publiques, ONG, bailleurs internationaux — demeure perfectible, estime la FICR. La mise en place d’un dispositif intégré de suivi, capable de garantir une planification harmonisée et un appui technique de proximité, s’avère nécessaire pour éviter les doublons ou les oublis dans l’identification des ménages éligibles.


Un autre axe critique souligné dans la mise à jour de la FICR concerne la résilience à long terme : pour que les nouvelles constructions puissent résister à de futures secousses, il est impératif de former les populations locales à des techniques parasismiques, ce qui reste à ce stade une promesse plus qu’une réalité.


Parmi les initiatives les plus emblématiques figure la décision des autorités marocaines de reconnaître les enfants ayant perdu leurs parents dans le séisme comme « Pupilles de la Nation », leur garantissant une prise en charge par l’État. Mais ici aussi, les mécanismes concrets de suivi et d’accompagnement psychosocial posent encore question dans leur mise en œuvre sur le terrain.


La FICR conclut que si la mobilisation nationale et internationale a été rapide et substantielle, la nature de la catastrophe impose une approche patiente et structurelle. L’objectif n’est pas seulement de rebâtir, mais de reconstruire mieux. Pour cela, l’urgence ne doit pas occulter l’exigence d’une planification rigoureuse, participative et adaptée aux réalités territoriales. Dix-huit mois après, le chemin reste long pour transformer les élans de solidarité en reconstruction durable.

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