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FootballCAN 2025 : la dernière bataille de poule du Maroc face à la Zambie

29.12.2025 à 16 H 44 • Mis à jour le 29.12.2025 à 16 H 44 • Temps de lecture : 11 minutes
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Le sélectionneur national Walid Regragui.
Dernier acte du groupe A ce lundi à Rabat. Largement favoris, les Lions de l'Atlas abordent leur troisième match de la CAN 2025 à domicile avec sérénité mais sous pression. Face à eux, des Chipolopolos zambiens acculés, contraints de réaliser l'exploit pour espérer continuer l'aventure

À l'aube de cette ultime journée du groupe A de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2025) jouée à domicile, le Maroc occupe la première place avec 4 points, fruit d'une victoire laborieuse contre les Comores (2-0) et d'un match nul frustrant face au Mali (1-1). Cette position de leader offre aux hommes de Walid Regragui une marge confortable : un simple nul face à la Zambie leur garantirait la qualification, et même une défaite ne devrait pas, sauf scénario catastrophe, compromettre leur parcours.


Pourtant, le doute s'est progressivement immiscé dans les esprits. La prestation décevante contre le Mali a refroidi l'enthousiasme des supporters, qui observent avec une pointe d'inquiétude les performances éclatantes d'autres favoris du continent. Au-delà du résultat, c'est le contenu qui interroge. Après une entrée en lice réussie contre les Comores puis un match nul face au Mali, les Lions de l'Atlas présentent un bilan global contrasté sur le plan défensif et dans la maîtrise du ballon.


Face aux Comores, le Maroc a contrôlé la partie dans le jeu mais a été légèrement dominé dans les confrontations directes : moins de la moitié des duels remportés et seulement 38 % des duels aériens gagnés. Ce constat souligne que, malgré la supériorité technique, les Lions ont dû composer avec la combativité et la densité physique de l'adversaire pour protéger leur cage.


Le match contre le Mali a confirmé cette tendance. Bien que l'équipe ait conservé la possession du ballon à hauteur de 62 %, elle a été confrontée à un adversaire capable de remporter la majorité des duels et de s'imposer dans les airs, comme le montrent les 14 duels aériens gagnés par le Maroc contre 17 pour le Mali. Les pertes de balle, fréquentes, ont souligné une fragilité dans la conservation en zone de transition, obligeant parfois l'équipe à défendre plus bas ou à subir des situations de pressing.


L'enjeu de cette rencontre dépasse largement les simples statistiques et la question du bilan historique. Historiquement, la balance penche nettement en faveur des Lions de l'Atlas, qui ont remporté bien plus de confrontations qu'ils n'en ont perdu. Mais ce lundi soir, les calculs d'apothicaire devront céder la place à une vérité plus brutale : celle d'une équipe qui n'a même pas encore gagné la bataille qu'elle se livre à elle-même.


Le retour d'Achraf Hakimi, une bouffée d'oxygène

Après plusieurs semaines d'indisponibilité, l'annonce du retour d'Achraf Hakimi par Walid Regragui a été accueillie avec soulagement. Le latéral du PSG, véritable métronome de l'équipe, pourrait apporter l'impact offensif et la stabilité défensive qui ont parfois fait défaut lors des deux premiers matches. Son comeback intervient au moment idéal, alors que le sélectionneur doit trancher sur sa stratégie : aligner les titulaires pour sécuriser la première place, au risque d'accentuer la fatigue, ou procéder à une rotation plus large pour ménager ses cadres, quitte à prendre le risque de ne pas finir en tête.


La question se pose avec d'autant plus d'acuité que maintenant que le record de victoires est à conjuguer au passé, il s'agit de rendre l'avenir un peu moins angoissant. Contrairement à d'autres favoris qui ont déjà assuré leur qualification sans trembler, le pays hôte aborde ce dernier match de groupe avec une pression née davantage de ses propres hésitations que de la valeur de son adversaire.


La Zambie dos au mur, mais pas résignée

Avec deux points au compteur après deux nuls contre le Mali (1-1) et les Comores (0-0), les Chipolopolos n'ont plus le choix : seule une victoire leur permettrait d'entrevoir une qualification, directe ou en tant que meilleur troisième. Un objectif qui relève du défi face au pays hôte, devant son public et avec l'obligation de convaincre.


Le sélectionneur Moses Sichone a préparé ses joueurs avec lucidité. Conscient du statut d'outsider de son équipe, il mise sur une philosophie de jeu construite depuis l'arrière, privilégiant la circulation plutôt que le jeu direct, et s'appuyant sur la technique de son groupe. Pour la Zambie, cette rencontre représente bien plus qu'un simple match : c'est l'occasion de marquer l'histoire en bousculant l'un des favoris du tournoi sur ses terres. Une mission quasi impossible qui nécessitera intensité, discipline tactique et combativité maximale.


L'unique responsabilité des hommes de Walid Regragui est de se sauver eux-mêmes de leur inconstance et de leur manque d'efficacité, perceptible aussi bien au fil d'un même match que d'une rencontre à l'autre. Tandis que d'autres sélections ont déjà validé leur billet pour les huitièmes de finale, les Lions de l'Atlas doivent encore composer avec le doute.


Les différents scénarios du groupe A

La situation du groupe reste ouverte, et plusieurs configurations peuvent encore se dessiner. Si le Maroc gagne contre la Zambie, il récoltera 7 points et terminera premier du groupe à coup sûr, quel que soit le résultat Mali-Comores. Un match nul contre la Zambie lui donnerait 5 points. Dans ce cas, si le Mali fait également match nul, perd ou gagne contre les Comores mais par un écart insuffisant pour dépasser la différence de buts marocaine, les Lions de l'Atlas conserveraient leur première place.


En revanche, un match nul marocain couplé à une victoire malienne avec un score qui lui permet de dépasser la différence de buts ferait glisser le pays hôte en deuxième position. Le scénario devient plus périlleux en cas de défaite. Si les Lions de l'Atlas perdent contre la Zambie, ils stagneront à quatre points, et si le Mali gagne contre les Comores, la sélection nationale sera deuxième dans le cas où la différence de buts du Mali reste inférieure à la sienne.


Mais le cauchemar absolu, bien qu'improbable, existe. Il serait un véritable camouflet de l'histoire de voir le pays organisateur terminer à la deuxième place de son groupe et se retrouver, dès les huitièmes de finale, contraint de changer de cadre et de repères, avec un déplacement à Casablanca. Des calculs d'apothicaire dont se serait bien passée une équipe dont le sélectionneur annonce depuis des mois qu'elle remportera la CAN.


Le scénario catastrophe, celui qui hanterait les nuits des supporters marocains, verrait leur équipe perdre contre la Zambie pour finir à quatre points, pendant que le Mali gagnerait largement contre les Comores avec un score très large lui permettant de dépasser la différence de buts. Dans cette configuration, les Lions de l'Atlas finiraient troisièmes et devraient espérer figurer parmi les quatre meilleurs troisièmes de la compétition pour se qualifier. Un scénario qui, même s'il reste hautement improbable, témoigne de la fragilité de la situation.


Un équilibre fragile entre technique et résilience

Sur l'ensemble des deux matchs, les Lions de l'Atlas ont marqué 3 buts pour 1 encaissé et comptent un total de 4 points. Cependant, les statistiques défensives révèlent que la réussite du Maroc ne repose pas seulement sur sa technique, mais aussi sur sa capacité à gérer les duels, à limiter les pertes de balle et à rester vigilants dans les airs, autant d'éléments qui pourraient être déterminants pour la suite de la compétition.


En résumé, si le Maroc domine le jeu et possède un collectif capable de produire des occasions, la bataille physique et la maîtrise des duels aériens représentent encore un défi. Ces chiffres mettent en lumière l'équilibre fragile entre supériorité technique et résilience défensive, clé pour prétendre à un parcours victorieux dans la suite de la CAN 2025.


Depuis plusieurs mois, le staff technique et les dirigeants ont fait le choix de ne jamais trop s'éloigner de leur zone de confort à Rabat. Quitte à manquer l'opportunité de se mesurer à de grandes nations et à des adversaires de haut niveau, capables de pousser le groupe hors de ses certitudes et de nourrir sa progression. La faute à ces nombreuses oppositions qui ont jalonné les deux dernières années, davantage comparables à des collines qu'à de véritables cols hors catégorie.


Cette stratégie trouve aujourd'hui ses limites. En voulant absolument faire le jeu et satisfaire son public, la sélection se heurte aussi bien à sa propre nature qu'à ses contraintes de jeu. Celle d'un collectif qui n'est jamais aussi à l'aise que lorsqu'il joue à fond les transitions. Les ingrédients pour éclairer la voie d'un champion d'Afrique existent bel et bien : constance, agressivité et maîtrise. Des qualités qui, jusqu'ici, ont parfois fait défaut alors qu'elles sont essentielles pour franchir un cap.


Un dilemme tactique pour Regragui

Le match contre la Zambie reste une occasion de rassurer, de convaincre et de préparer la suite avec sérénité. Le match nul concédé face au Mali place le staff marocain face à un dilemme classique mais délicat. Une question lancinante demeure : Faut-il aligner les titulaires pour sécuriser la première place du groupe, au risque d'accentuer la fatigue, ou procéder à une rotation plus large afin de ménager les cadres, quitte à prendre le risque de ne pas finir en tête ?


Encore faudra-t-il traduire ce potentiel sur le terrain. Car le Maroc dispose d'un vivier suffisamment riche pour aligner deux équipes compétitives, capables non seulement de battre la Zambie et de finir en pole position du groupe A, mais aussi d'aller loin dans cette compétition. À commencer par la Zambie, que les Lions de l'Atlas avaient récemment battue en éliminatoires du Mondial 2026, à Ndola, en s'appuyant sur des transitions avec seulement 26 % de possession.


Une atmosphère de confiance malgré tout

Dimanche, au Centre Mohammed VI de football à Maâmoura, les Lions de l'Atlas ont bouclé leur préparation dans une ambiance sereine. Le groupe a travaillé presque au complet. Les déclarations des joueurs reflètent un état d'esprit apaisé, même si la lucidité reste de mise.


Bilal El Khannous a affirmé que l'équipe est sereine et confiante, avec beaucoup de qualité dans le groupe et une bonne préparation pour aller chercher les 3 points. Il a appelé les supporters à remplir les tribunes et à pousser l'équipe comme lors des précédentes rencontres. Ilias Akhomach a adopté la même tonalité, rappelant qu'il n'y a pas de match facile en Coupe d'Afrique et que la pression fait partie intégrante de ce type de compétition, a fortiori lorsque l'on joue à domicile.


Dans les buts en remplaçant de Yassine Bounou, Munir El Kajoui a insisté sur la nécessité de garder le cap, expliquant que la formation avance match par match et sait qu'elle peut faire mieux, travaillant pour progresser à chaque sortie. Chaque rencontre apporte son lot d'enseignements, et c'est dans cet esprit que les joueurs aborderont cette troisième journée décisive.


L'attente d'une nation entière

Les 40 millions de Marocains ne veulent voir qu'une équipe bien dans sa peau et alignée avec elle-même. Une sélection qui n'essaie pas de devenir une autre, mais qui assume pleinement son identité et ses forces. Ce lundi contre la Zambie, au-delà du simple enjeu comptable et du retour annoncé d'Achraf Hakimi après plusieurs semaines d'indisponibilité, c'est toute cette question qui sera posée.


Quasiment assurés de poursuivre l'aventure en CAN 2025, les Lions de l'Atlas abordent leur dernier match de groupe en quête de maîtrise et de constance. Le rendez-vous est fixé ce lundi 29 décembre à 20h au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat pour ce qui s'annonce comme bien plus qu'un simple match de poules : un test de maturité pour le Maroc, et une ultime chance pour la Zambie de créer la sensation.

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