Le Maroc a terminé l'année 2025 dans une position ambivalente. D'un côté, la croissance a tenu ses promesses, portée par la reprise agricole après trois années de sécheresse, la vigueur du secteur de la construction dopé par les préparatifs de la Coupe du monde 2030 et un tourisme qui a pulvérisé tous les records avec 19,8 millions de visiteurs, soit une hausse de 14 % sur un an. De l'autre, cette dynamique domestique a généré un appétit d'importations que les exportations n'ont pas suivi. Le déficit du compte courant s'est établi à 2,5 % du PIB, le double du niveau de 2024, dans un retournement notable après le creux historique de 0,6 % atteint en 2023.
L'asymétrie fatale du commerce de biens
Au cœur de la dégradation se trouve le déficit commercial de biens, qui a atteint 311 milliards de dirhams (MMDH), soit 18,3 % du PIB. Les importations de marchandises ont progressé de 8 % pour dépasser les 820 MMDH, tirées par les achats de biens d'équipement destinés aux grands chantiers d'infrastructure, par les produits semi-finis absorbés par l'industrie, et par les biens de consommation alimentés par un pouvoir d'achat en hausse. Les exportations, elles, n'ont crû que de 4,5 %, freinées par un environnement européen atone. L'automobile, premier poste d'exportation du Royaume, a enregistré un repli de 2,7 % sur les neuf premiers mois de l'année, selon Bank Al-Maghrib. Le segment de la construction de véhicules a chuté de près de 15 %, conséquence directe du ralentissement de la demande européenne et de la transition accélérée vers l'électrique sur le Vieux Continent. Seuls les phosphates et dérivés, l'aéronautique et le câblage automobile ont résisté, sans suffire à combler l'écart.
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