n°1242.Blé tendre : pourquoi la récolte record ne dispense pas le Maroc d’importer 3 millions de tonnes
Sur le papier, la campagne 2026 ressemble à une revanche. Après sept années de sécheresse, des pluies d'hiver supérieures de plus de moitié à la moyenne décennale ont porté la récolte céréalière nationale à quelque 90 millions de quintaux, soit un doublement de la production de blé tendre à environ 9 millions de tonnes. Pour la première fois depuis longtemps, Rabat dispose d'un grain abondant et d'un argument politique simple : protéger l'agriculteur marocain et limiter la facture des importations.
Par le décret n° 2.26.419, adopté en Conseil de gouvernement le 21 mai et publié au Bulletin officiel, complété par la circulaire douanière n° 6739/211 du 26 mai, l'État a rétabli, du 1er juin au 31 juillet, un droit d'importation sur le blé tendre et ses dérivés, une parenthèse dans le régime de suspension en vigueur depuis novembre 2021. Son niveau fait toutefois l'objet de lectures divergentes : les responsables de la filière interrogés l'ont chiffré à 135 %, quand le texte réglementaire le fixe à 170 %, un écart de 35 points que la profession et l'administration n'ont pas, à ce stade, publiquement réconcilié. Dans les deux cas, la barrière est dissuasive. À compter du 1er août, le taux doit retomber à zéro et rouvrir la porte aux origines étrangères.
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