Le bloc notes de la rédaction
La mémorable piqûre des Scorpions à Jazzablanca
C’était l’un des rendez-vous les plus attendus de cette 19e édition de Jazzablanca, et sans doute l’une de ses nuits les plus festives. Alors que les Marocains célébraient partout dans le Royaume, et particulièrement dans la Ville blanche, la qualification de l’équipe nationale pour les quarts de finale de la Coupe du monde, la communauté hard rock a fêté, en plus, la prestation de l’un des groupes les plus légendaires du genre.
Pour la troisième soirée du festival, le samedi 4 juillet à Anfa Park, les Scorpions ont régalé le public d’un show qui fera date, devant une assistance euphorique suite à la victoire des Lions de l’Atlas face au Canada. La mythique formation allemande, originaire de Hanovre, a enflammé la scène Casa Anfa avec leurs titres historiques dont Still Loving You, Coming Home ou encore Make It Real, de quoi ravir les nostalgiques, mais aussi un public bien plus jeune.
Un genre enfin consacré
Le show dédié à cette édition de Jazzablanca est une étape marquante de la tournée mondiale de Klaus Meine et sa bande pour célébrer leurs 60 ans de carrière. Du haut de ses 78 ans, le leader du groupe et ses compagnons n’ont pas pris une ride lorsqu’il s’est agi d’enflammer le public. Le groupe, qui a sorti son premier album en 1972, a connu un succès planétaire dans les années 80, notamment avec leurs titres No One Like You (1982), Big City Nights et Rock You Like a Hurricane (1984).
À l’époque, le hard rock était encore confidentiel dans un Maroc qui y voyait l’expression d’une musique violente, voire sacrilège. Le genre a mis longtemps à sortir de l’ombre et à se faire accepter comme un courant musical à part entière, dont l’esthétique gothique détonnait avec le message souvent peu belliciste des textes.
Cuivres et guenbri comme mise en bouche
En première partie, la scène a accueilli le Hypnotic Brass Ensemble, originaire de Chicago, capitale du jazz, et son invité, l’artiste marocain Mehdi Nassouli, mâalem gnaoui et spécialiste des métissages musicaux. Entre les sons du guenbri, dont Mehdi Nassouli est un virtuose, et le fracas ordonné des cuivres du groupe américain (dont huit des neuf membres sont les fils du trompettiste et jazzman Phil Cohran), le public a découvert une rencontre entre jazz, funk, hip-hop et rythmes gnaouis qui a fait le bonheur des amateurs de fusion.
Le groupe américain Hypnotic Brass Ensemble et son invité, le mâalem Mehdi Nassouli, sur la scène de Jazzablanca, le 4 juillet 2026. Crédit : JazzablancaUne première partie qui confirme encore la part d’universel que portent les traditions musicales marocaines. Du fin fond de l’Afrique aux faubourgs de Chicago, la musique a conservé le récit d’un passé immémorial qui a traversé les siècles pour faire danser le public de Jazzablanca. Un public qui n’attendait que cela pour laisser exploser sa joie après la victoire de ses Lions.
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