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Agriculture
Les exportations marocaines de fraises fraîches tombent à un plus bas historique

07.07.2026 à 14 H 16 • Mis à jour le 07.07.2026 à 14 H 16 • Temps de lecture : 4 minutes
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Un agriculteur cueille des fraises à Moulay-Bousselham. Crédit : Youssef Boudlal/ Reuters

Les exportations marocaines de fraises fraîches ont chuté de moitié au cours de la campagne 2025-2026, prolongeant pour une quatrième saison consécutive leur trajectoire baissière. Entre octobre 2025 et avril 2026, le Maroc n’en a expédié que 8 700 tonnes à l’étranger, contre environ 17 400 tonnes un an auparavant, selon les données de l’Office des changes compilées par Global Trade Tracker et analysées par la plateforme spécialisée EastFruit. Le volume enregistré place la campagne actuelle sur la voie d’un plus bas historique.


Le décrochage apparaît plus nettement sur plusieurs campagnes. Les exportations avaient encore dépassé 22 000 tonnes en 2020-2021 et en 2021-2022, avant de revenir autour de 18 500 tonnes en 2022-2023 et 2023-2024, puis à près de 17 400 tonnes en 2024-2025. Le volume expédié cette saison est ainsi inférieur d’environ 60 % à celui observé cinq ans auparavant. Les recettes d’exportation sont parallèlement tombées autour de 42 millions de dollars (M $), contre près de 74 M $ lors de la précédente campagne, à en croire les graphiques publiés par EastFruit.


Le recul touche les principaux débouchés de la filière. Le Royaume-Uni demeure le premier marché, concentrant 51,7 % des expéditions, soit environ 4 500 tonnes, malgré une baisse de 44 % sur un an. L’Espagne arrive en deuxième position avec 26 % du total, équivalant à près de 2 260 tonnes, après un recul de 54 %. À eux seuls, ces deux pays absorbent près de 78 % des fraises fraîches exportées par le Maroc.


Les Pays-Bas représentent pour leur part 7,4 % des volumes, soit autour de 640 tonnes, devant les Émirats arabes unis, avec 4,2 %, ou quelque 365 tonnes. La France, où les expéditions ont diminué de plus de 80 %, ne pèse plus que 3,7 % du total, soit environ 320 tonnes. L’Allemagne et le Qatar captent respectivement 3,3 % et 1,1 % des exportations, correspondant à près de 290 tonnes et une centaine de tonnes. Les autres destinations réunies représentent les 2,5 % restants. L’Arabie saoudite est le seul marché à avoir progressé, mais sur des volumes encore trop faibles pour infléchir la tendance globale.


Cette contraction résulte de la combinaison de plusieurs facteurs. La concurrence de l’Égypte, dont les producteurs ont renforcé leur présence sur le marché européen avec des prix plus bas, a réduit les marges des exploitants marocains et encouragé la réorientation de certaines surfaces vers des cultures jugées plus rentables. La raréfaction de l’eau et la salinisation des nappes dans les zones côtières ont également renchéri les coûts de production, notamment pour les exploitations contraintes d’investir dans des dispositifs de dessalement.


À ces contraintes structurelles se sont ajoutées des difficultés de recrutement de la main-d’œuvre saisonnière, davantage attirée par les exploitations de framboises et de myrtilles ou par les opportunités offertes en Espagne. Les épisodes de froid, l’humidité et les variations de température ont par ailleurs retardé la maturation des fruits au cours de la campagne, faisant perdre aux producteurs marocains une partie de la fenêtre commerciale la plus rémunératrice en Europe. Le calendrier mensuel montre notamment un pic limité à moins de 3 000 tonnes en mars 2026, alors que les sommets des campagnes précédentes avaient dépassé 5 500 à 7 000 tonnes selon les années.


Les inondations survenues au début de 2026 dans le Gharb et le Loukkos ont encore aggravé les pertes, en submergeant des parcelles et en endommageant des tunnels de protection. Dans ce contexte, les investisseurs et les grandes coopératives tendent à réorienter leurs capitaux vers les myrtilles, les framboises, les mûres ou encore les avocats, tandis que la fraise marocaine conserve davantage de poids dans le segment du surgelé. En 2025, le Maroc avait notamment établi un record d’exportations de fraises congelées vers les États-Unis, avec 7 900 tonnes expédiées entre janvier et octobre.

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