Automobilen°23.Stellantis inaugure l’extension de son usine de Kénitra et double sa capacité de production
L’inauguration officielle de l’extension de l’usine Stellantis à Kénitra a marqué ce mercredi 16 juillet un tournant stratégique pour l’industrie automobile marocaine. En présence du Chef du gouvernement Aziz Akhannouch, de plusieurs membres du gouvernement et des hauts responsables du groupe automobile, cet événement consacre une nouvelle phase de développement pour un partenariat engagé dès 2016 entre le Royaume et le groupe Stellantis. Avec cette extension, Kénitra devient un pilier industriel majeur de Stellantis dans la région, confirmant la montée en puissance du Maroc dans les chaînes de valeur mondiales de l'automobile.
Une extension à 1,2 MM €
L’extension, qui mobilise un investissement global de 1,2 milliard d’euros (MM €) – dont 702 millions (M €) dédiés aux fournisseurs implantés au Maroc – permet de doubler la capacité de production maximale du site, pour atteindre 535 000 unités par an, en incluant les produits de micromobilité. Elle engendrera, selon les projections du groupe, la création de plus de 3 000 emplois directs, en complément des 3 500 postes déjà existants.
Stellantis s’est fixé pour objectif d’atteindre un taux d’intégration de 75 % d’ici 2030, et un volume d’achats dépassant les 6 milliards d’euros auprès des fournisseurs installés au Maroc. Une trajectoire qui épouse la vision industrielle marocaine, qui ambitionne de positionner le pays comme une plateforme industrielle compétitive à l’échelle régionale et mondiale.
Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a souligné que l’extension de Kénitra permet désormais au Maroc de disposer d’une capacité de production supérieure à un million de véhicules par an. « C’est la montée en gamme de la chaîne de valeur, notre souveraineté technologique et la création d’emplois qualifiés qui sont au cœur de cette dynamique », a-t-il insisté.
Un inédit modèle Fiat bientôt sur les chaînes
Inauguré en 2019, le site de Kénitra, qui produit essentiellement des Peugeot 208 à moteurs thermiques, atteignait dès 2020 une capacité de 200 000 véhicules par an, avec trois ans d’avance sur les prévisions. La nouvelle extension porte la capacité (hors micromobilité) à 400 000 unités, et permettra d’assembler dès février 2026 des véhicules sur la base de la plateforme Smart Car du groupe Stellantis. Il s'agira notamment d'un SUV urbain 7 places de la marque Fiat, portant le nom de code « Pandissima » et partageant une majorité de composants avec les Citroën C3 Aircross et Opel Frontera, deux modèles qui ne sont pas encore commercialisés au Maroc.
Cette stratégie d’expansion est renforcée par le lancement de quatre nouveaux projets industriels, comme l’a annoncé Samir Cherfan, directeur des opérations de Stellantis pour le Moyen-Orient et l’Afrique. Le premier porte sur l’assemblage, dès novembre 2026, de moteurs à hybridation légère (MHEV), avec une capacité annuelle de 350 000 unités. Le second concerne la production de bornes de recharge électrique destinées à accompagner l’électrification du parc automobile, avec une capacité de 204 000 unités par an.
Le troisième projet vise à tripler la production de véhicules de micromobilité, en l'occurrence les quadricycles électriques Citroën Ami, Opel Rocks-e et Fiat Topolino, qui passera à terme de 20 000 à 70 000 unités annuelles. Le quatrième introduit la fabrication du triporteur électrique Fiat Tris, développé par des ingénieurs marocains au sein de l’Automotive Technical Center (ATC) de Stellantis, avec une cadence maximale de 65 000 exemplaires par an. Avec ces ajouts, la capacité annuelle de production de micromobilité à Kénitra atteindra les 135 000 unités.
Des (petites) batteries avant fin 2025
Autre jalon stratégique : la production locale des batteries, attendue avant fin 2025, qui permettra à la filière micromobilité d’atteindre un taux d’intégration locale supérieur à 60 %. Détail d'importance, il s'agira de batteries lithium-ion de capacité modeste, ne dépassant pas les 5,5 kWh, destinés aux quadricycles et triporteurs électriques assemblés dans le site de Kénitra.
Pour Samir Cherfan, cette évolution témoigne de la solidité du partenariat entre Stellantis et le Royaume : « Depuis le début de notre collaboration, nous avons été au-delà des termes de l’accord initial. Notre démarche vise à créer de la valeur durable à travers un écosystème industriel compétitif, performant et résilient ».
L’ensemble de ces projets s’inscrit dans la droite ligne du plan stratégique de Stellantis à horizon 2030, qui mise sur l’intégration territoriale, l’électrification et l’innovation, dont le Maroc apparaît comme l’un des principaux points d’ancrage. Il vient aussi conforter la position du Royaume comme leader continental dans le secteur, en pleine transformation, de l’industrie automobile.
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