Le bloc notes de la rédaction
Décès du mâalem Mustapha Bakbou, icône de la Tagnaouite
Le grand Maâlem Mustapha Bakbou, figure incontournable et pilier de la tradition gnaouie, a rendu l’âme ce lundi. La nouvelle a été annoncée par Neila Tazi, fondatrice du Festival Gnaoua et musiques du monde sur son compte Instagram.
« C’est avec une immense tristesse que nous avons appris le décès du grand Maâlem Mustapha Bakbou. C’est une immense perte pour la scène artistique marocaine. Mes sincères condoléances à sa famille, à la confrérie des Gnaoua du Maroc et à la grande famille des amoureux de la Tagnaouite », a-t-elle écrit.
Une vie dédiée à la Tagnaouite
Né en 1953 à Marrakech, Mustapha Bakbou a grandi au rythme du guembri et des chants spirituels. Issu d’une famille gnaouie, il a été initié très jeune aux rituels de la confrérie dans une zaouïa de la médina, avant de s’imposer comme l’un des étendards de cette musique ancestrale. Son jeu de guembri, sa voix grave et magnétique, ainsi que ses compositions originales, ont façonné un style singulier.
Mâalem Mustapha Bakbou appartenait à cette génération de maîtres qui ont su préserver l’âme de la Tagnaouite tout en l’ouvrant au monde. À travers ses lilas, ses concerts et ses collaborations, il a transmis la spiritualité, l’énergie et la profondeur de cet héritage oral.
Reconnu au Maroc comme sur la scène internationale, l’artiste a participé à d’innombrables festivals et projets, contribuant à inscrire la musique gnaouie dans le patrimoine universel. Il a partagé la scène avec de grands artistes, tout en demeurant fidèle à l’esprit originel de la tradition.
Entre collaborations et transmission
Le mâalem s’est notamment illustré à Essaouira, lors du Festival Gnaoua, par des créations croisées avec des jazzmen américains comme Will Calhoun ou Marc Cary, ou encore avec la formation touareg Tinariwen, et avait aussi enregistré en 1996 un album avec le bassiste danois Peter Danstrup, intitulé « Aïcha ».
Son nom restera à jamais associé à l’âge d’or des grands maîtres, tels Maâlem Mahmoud Guinea, décédé en 2015, ou Mâalem Abdelkebir Merchane, qui ont façonné l’histoire contemporaine de la Tagnaouite et ont assuré sa transmission aux nouvelles générations.
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