Il y a, dans le Budget économique exploratoire 2027 publié par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), une ligne qui a tout d'une prouesse. En pleine escalade géopolitique, alors que le gouvernement vient d'ouvrir une rallonge de 20 milliards de dirhams (MMDH) et que la caisse de compensation est appelée à enfler sous l'effet d'un gaz butane dont le prix dépasse 500 dollars la tonne, le déficit budgétaire ne se creuse pas : il se resserre. De 3,5 % du produit intérieur brut en 2025, il reviendrait à 3,4 % en 2026, puis à 3,2 % en 2027. Le rapport y voit le fruit d'une bonne dynamique des recettes. La formule est exacte, mais la réalité est bien plus nuancée.
Comment ajoute-t-on 20 MMDH de dépenses d'urgence tout en réduisant son déficit ? La réponse tient en trois mécanismes qui ont un point commun : aucun ne relève de l'effort structurel. Le premier est arithmétique, le deuxième fiscal, le troisième comptable. Ensemble, ils montrent une consolidation qui doit presque tout à la conjoncture, et très peu à la discipline.
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