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La fausse embellie du déficit budgétaire

21.07.2026 à 13 H 03 • Mis à jour le 21.07.2026 à 13 H 03 • Temps de lecture : 9 minutes
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Le gouvernement a ajouté 20 milliards de dirhams en cours d'année, la facture de compensation est censée gonfler, et le Budget économique exploratoire 2027 du HCP promet malgré tout un déficit qui se resserre. Une fois retirés la récolte exceptionnelle, la manne de l'inflation importée et le renfort des comptes spéciaux, il reste un solde courant qui, lui, se dégrade
Le déficit recule, la conjoncture paie.

 

Le déficit affiché se resserre : 3,4 % du PIB en 2026, 3,2 % en 2027. Mais le cœur récurrent des comptes publics se dégrade.

 

Ce que montre le HCP

 

Déficit budgétaire (en % du PIB)

 

2025 : 3,5 %

2026 : 3,4 %

2027 : 3,2 %

Tendance : baissière en apparence

 

Ce que cache l'exécution

 

Solde ordinaire (recettes courantes – dépenses courantes, cumul, en milliards de DH)

 

Fin avril

 

2025 : +2,5

2026 : −2,0

 

Fin mai

 

2025 : +4,2

2026 : −0,68

Les trois béquilles conjoncturelles

 

La pluie

 

+6,8 %

PIB en valeur 2026, dont seulement 1,9 % provient des prix.

Rebond agricole : VA +19,1 %.

 

L'inflation importée

 

+31,8 %

Hausse du cours du Brent en 2026.

Le renchérissement des importations soutient la TVA et les droits de douane, effet appelé à s'inverser dès 2027.

 

Les comptes spéciaux

 

+26 milliards de DH

Solde positif (CST + SEGMA) à fin juin.

Déficit semestriel ramené à 20,2 MMDH, contre 24,9 MMDH un an auparavant.

 

Sources

HCP — Budget économique exploratoire 2027.

TGR / MEF — Situations mensuelles des charges et ressources du Trésor (janvier-juin 2026).

Il y a, dans le Budget économique exploratoire 2027 publié par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), une ligne qui a tout d'une prouesse. En pleine escalade géopolitique, alors que le gouvernement vient d'ouvrir une rallonge de 20 milliards de dirhams (MMDH) et que la caisse de compensation est appelée à enfler sous l'effet d'un gaz butane dont le prix dépasse 500 dollars la tonne, le déficit budgétaire ne se creuse pas : il se resserre. De 3,5 % du produit intérieur brut en 2025, il reviendrait à 3,4 % en 2026, puis à 3,2 % en 2027. Le rapport y voit le fruit d'une bonne dynamique des recettes. La formule est exacte, mais la réalité est bien plus nuancée.


Comment ajoute-t-on 20 MMDH de dépenses d'urgence tout en réduisant son déficit ? La réponse tient en trois mécanismes qui ont un point commun : aucun ne relève de l'effort structurel. Le premier est arithmétique, le deuxième fiscal, le troisième comptable. Ensemble, ils montrent une consolidation qui doit presque tout à la conjoncture, et très peu à la discipline.

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