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Le combo ‘virus-guerre’ renvoie le Maroc à son niveau de pauvreté de 2014

13.10.2022 à 10 H 51 • Mis à jour le 13.10.2022 à 10 H 51 • Temps de lecture : 7 minutes
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En raison du double effet crise sanitaire et inflation, 3,2 millions de Marocains supplémentaires basculent dans la pauvreté ou la vulnérabilité. Près de sept années de progrès vers l'élimination de la pauvreté et de la vulnérabilité ont été perdues. En 2022, le Maroc se retrouve avec le niveau de la pauvreté et de la vulnérabilité de 2014

Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) révèle dans une note publiée, mercredi, qu'environ 3,2 millions de personnes supplémentaires ont basculé dans la pauvreté (1,15 million) ou dans la vulnérabilité (2,05 millions) sous les effets combinés de la crise sanitaire liée au Covid-19 et de l'inflation.


Près de 45 % de cette détérioration de la pauvreté et de la vulnérabilité est due à l'effet de la pandémie et 55 % à l'effet de la hausse des prix à la consommation (consécutive à la situation internationale causée en grande partie par la guerre en Ukraine, ndlr) , précise le HCP dans cette note intitulée « Évolution des inégalités sociales dans un contexte marqué par les effets de la covid-19 et de la hausse des prix ».


« On estime, à cet égard, que près de sept années de progrès vers l'élimination de la pauvreté et de la vulnérabilité ont été perdues : en 2022, le Maroc se retrouve avec le niveau de la pauvreté et de la vulnérabilité de 2014 », ajoute la même source.


Dans le détail, le HCP indique que les effets combinés de la pandémie Covid-19 et de l'inflation auraient entrainé une baisse du niveau de vie par personne, en termes réels, de 7,2 % au niveau national, entre 2019 et 2022, passant de 20 400 DH à 18 940 DH, de 6,6 % à 23 000 DH en milieu urbain et de 8,9 % à 11 650 DH en milieu rural.


Par catégorie sociale, le niveau de vie par personne aurait baissé de 8 % pour les ménages les moins aisés entre 2019 et 2022, passant de 7 000 DH à 6 440 DH, de 6,6 % à 14 700 DH pour les ménages intermédiaires et de 7,5 % à 44 200 DH pour les ménages les plus aisés.


Dans ces conditions, les dépenses alimentaires auraient reculé de 11 % à 6 640 DH par personne au niveau national en 2022, de 10,1 % à 7 380 DH en milieu urbain et de 12,9 % à 5 320 DH en milieu rural.


Cette baisse des dépenses alimentaires est nettement différenciée selon le niveau de vie des ménages, elle est de 13,5 % pour les ménages les moins aisés, de 12,9 % pour les ménages intermédiaires et de 6,9 % pour les ménages aisés.


Cette note présente les traits saillants de l'étude, réalisée par le HCP, sur l'évaluation de l'impact de court terme des contextes de la pandémie Covid-19 et du choc inflationniste à l'œuvre sur la situation des inégalités sociales.


Afin de mieux appréhender l'évolution de la situation des ménages, cette étude se réfère aux structures des dépenses des ménages de l'enquête nationale sur la consommation et les dépenses des ménages 2013/2014 et aux données issues de l'enquête mensuelle sur les prix à la consommation, de l'enquête nationale sur les sources de revenu 2019 et du troisième panel sur les répercussions de la pandémie sur la situation socioéconomique des ménages 2021/2022.


L'estimation de l'effet de la Covid-19 sur les inégalités sociales consiste à mesurer l'incidence des variations observées dans la consommation des ménages, entre 2019 et 2021, sur la distribution sociale du niveau de vie.


Cette évolution a été fournie par l'enquête panel du 3ème passage. Réalisée auprès d'un échantillon de 12 000 ménages, du 11 octobre 2021 au 10 février 2022, cette enquête consiste à appréhender les effets de la pandémie Covid-19 sur les conditions de vie de la population.


Quant à l'effet de l'inflation sur les inégalités sociales, il consiste à évaluer l'IPC par catégorie de ménages et son impact sur le niveau et la structure des dépenses de son panier de consommation.


L'indice des prix catégoriel est une moyenne des indices élémentaires des prix pondérés par le poids des dépenses des biens et services du panier de consommation de la catégorie considérée. Ce panier est réparti selon les sections de la nomenclature utilisée pour le calcul de l'IPC. Les catégories de ménages considérées sont définies par le milieu de résidence, le niveau de vie et la catégorie socioprofessionnelle du chef de ménage.


- Le niveau de vie moyen a annuellement baissé de 3,6 % pour les « Ouvriers non qualifiés », de 3,6 % pour les « Artisans et ouvriers qualifiés », 2,8 % pour les « Commerçants et les intermédiaires commerciaux », de 2,4 % pour les « Exploitants et ouvriers agricoles » et de 1,8 % pour les « Responsables hiérarchiques et cadres supérieurs ».


- Les dépenses allouées aux Soins médicaux et aux Biens et services de communication ont enregistré une hausse annuelle respectivement de 10,9 % et 4,6 %. Ce rebond est lié au surcoût de dépense des mesures de précaution pour lutter contre la propagation de la Covid-19 et à l'intensification des usages des technologies de communication depuis le début de la crise sanitaire.


- Les contrecoups majeurs de la pandémie Covid-19 sur le bien-être socioéconomique des ménages ont entrainé une accentuation des inégalités sociales qui ont connu une hausse de près de deux points de pourcentage à 40,3 % au niveau national.


- L'incidence de la pauvreté absolue a augmenté de 1,7 % en 2019 à 3 % en 2021 au niveau national.


- La vulnérabilité économique a connu une importante hausse. Le taux de vulnérabilité est passé de 7,3 % en 2019 à 10 % en 2021 au niveau national.


- Les prix à la consommation ont augmenté plus vite durant la période allant de janvier à juillet 2022 et le taux d'inflation moyen, en glissement annuel, a atteint 5,5 %, soit un niveau 5 fois supérieur à celui enregistré entre 2017 et 2021.


- La contribution des principales composantes de l'inflation révèle que plus de la moitié de la hausse des prix (58 %) est due à la composante « Produits alimentaires », 22 % à la composante « Transport » et 20 % aux autres composantes.


- L'augmentation des prix a été de 6,1 % pour les « Exploitants et ouvriers agricoles », de 5,6 % pour les « Ouvriers qualifiés », de 5,5 % pour les « Ouvriers non qualifiés", de 5,5 % pour les "Commerçants et intermédiaires commerçants", de 5,4 % pour les "Cadres moyens et employés" et de 5,2 % pour les "Responsables hiérarchique et cadres supérieurs".


- Face à cette inflation, le niveau de vie des ménages, en termes réels, aurait baissé de :


  • 5,5 % au niveau national, passant de 20 040 DH en 2021 à 18 940 DH en 2022 


  • 5,2 % en milieu urbain, passant de 24 260 DH à 23 000 DH 


  • 6,2 % en milieu rural, passant de 12 420 DH à 11 650 DH.


- Par catégorie sociale, le niveau de vie par personne aurait baissé de :


  • 6,2 % pour les 20 % des ménages les moins aisés, passant de 6 860 DH à 6 440 DH 


  • 5,6 % pour les 60 % des ménages intermédiaires, passant de 15 570 DH à 14 700 DH 


  • 5,2 % pour les 20 % des ménages aisés, passant de 46 620 DH à 44 200 DH.


- Le taux de pauvreté absolue a augmenté de 3 % en 2021 à 4,9 % au niveau national.


- Le taux de vulnérabilité monétaire a augmenté de 10 % à 12,7 % au niveau national. - Les inégalités sociales du niveau de vie ont augmenté de 40,3 % à 40,5 %.


Inflation au Maroc en 2022. Source HCP. Infographie: Mohamed Mhannaoui / Le Desk


Effets combinés du Covid-19 et de l'inflation :


- Le niveau de vie par personne, en termes réels, a baissé de :


  • 7,2 % au niveau national, entre 2019 et 2022, passant de 20.400 DH à 18.940DH 


  • 6,6 % en milieu urbain, passant de 24 620 à 23 000 DH 


  • 8,9 % en milieu rural, passant de 12 800 DH à 11 650 DH.


Par catégorie sociale, le niveau de vie par personne aurait baissé de :


  • 8 % pour les ménages les moins aisés entre 2019 et 2022, passant de 7 000 DH à 6 440 DH 


  • 6,6 % pour les ménages intermédiaires, passant de 15 730 DH à 14 700 DH 


  • 7,5 % pour les ménages les plus aisés, passant de 47 780 DH à 44 200 DH.


Les dépenses alimentaires auraient baissé de :


  • 11 % au niveau national, passant de 7 460 DH par personne en 2019 à 6 640 DH en 2022 


  • 10,1 % en milieu urbain, passant de 8 210 DH à 7 380 DH 


  • 12,9 % en milieu rural, passant de 6 110 DH à 5 320 DH


Cette baisse des dépenses alimentaires est nettement différenciée selon le niveau de vie des ménages, elle est de :


  • 13,5 % pour les ménages les moins aisés, passant de 3 540 DH par personne à 3 060 DH 


  • 12,9 % pour les ménages intermédiaires, passant de 7 050 DH à 6 140 DH 


  • 6,9 % pour les ménages aisés, passant de 12 640 DH à 11 770 DH.


- Environ 3,2 millions de personnes supplémentaires ont basculé dans la pauvreté (1,15 million) ou dans la vulnérabilité (2,05 millions) sous les effets combinés de la crise sanitaire liée au Covid-19 et de l'inflation.


- Près de 45 % de cette détérioration de la pauvreté et de la vulnérabilité est due à l'effet de la pandémie et 55 % à l'effet de la hausse des prix à la consommation.


Près de sept années de progrès vers l'élimination de la pauvreté et de la vulnérabilité ont été perdues. En 2022, le Maroc se retrouve avec le niveau de la pauvreté et de la vulnérabilité de 2014.

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