C'est le chiffre dont le Maroc s'enorgueillit le plus volontiers, celui qui le distingue dans une région où la vie chère nourrit les colères : une inflation contenue à 0,8 % en 2025, quasi stable d'une année sur l'autre, quand l'activité accélérait à 4,9 %. Croître vite sans faire flamber les prix est la combinaison que recherchent toutes les banques centrales. Reste à savoir ce qui l'a produite. Sur ce point, le rapport annuel de Bank Al-Maghrib est d'une franchise que l'on remarque peu, parce qu'elle est énoncée dans la langue feutrée des institutions : l'essentiel de cette performance ne doit rien à la mécanique monétaire.
La note introductive adressée au Roi le dit en une phrase. Si l'inflation est restée faible, cela « reflète principalement la diminution des prix des ‘viandes fraîches’, en lien avec l'appel de Votre Majesté à s'abstenir d'accomplir le rite du sacrifice de l'Aïd Al-Adha, et de ceux de l'huile d'olive suite à une récolte exceptionnelle ». Le repli des cours internationaux du pétrole est cité en amont, « l'orientation appropriée de la politique monétaire » en fin d'énumération. L'ordre des facteurs n'est jamais innocent dans ce genre de document. Une décision politico-religieuse et un aléa climatique arrivent en tête, l'action de la banque centrale ferme la marche.
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