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Désintox
Media Fail

Le bonimenteur de «Habanos SA» a encore frappé, il s’est payé un «Panama paper»

16.07.2020 à 18 H 17 • Mis à jour le 16.07.2020 à 20 H 30
Par
À l'origine
Depuis de longues années, Mohamed Zahraoui, et son fils Omar Zahraoui, promoteurs de l’affaire virtuelle « Habanos SA » depuis 2011, multiplient fausses déclarations et promesses jamais tenues sur leur entreprise de fumisterie pour laquelle ils réussissent pourtant, contre toute attente, à remporter quelques manches judiciaires face au représentant local du célèbre fabricant cubain de cigares originaux dont ils ont impunément usurpé la marque.

Dans un précédent désintox, Le Desk avait montré comment ces indélicats avaient obtenu la diffusion tarifée d’articles mensongers dans Le 360 reprenant un contenu acheté plus tôt à Forbes Africa.

Omar Zahraoui a continué sur cette même voie auprès de sites marocains de seconde zone, faisant publier, outre ses fadaises, des articles diffamatoires contre ceux (dont Le Desk) qui ont découvert le pot aux roses.

Sa persistance à vouloir enfumer l’opinion publique l’a poussé cette fois à s’adresser à un site internet « américain » qui de prime abord peut tromper son lecteur non averti sur sa véritable nature.
Les détails
Sous le titre tapageur : « L'homme d'affaires marocain Moulay Omar Zahraoui prévoit de dominer le monde avec l'expansion de sa marque de cigares », le site TheAmericanReporter.com, rapporte que « Habanos S.A est la plus grande fabrique de cigares d'Afrique, qui s'étend progressivement dans différentes parties du monde. (…) », ajoutant même que « la marque de cigares détient désormais 50 millions de dollars de stock de tabac, un record en soi ».

L’article, rédigé dans un anglais approximatif, poursuit dans la bouche de Zahraoui Jr. que « Habanos SA » mène « des discussions constructives avec des partenaires potentiels aux États-Unis et à Londres ». « Nous ciblerons progressivement les marchés de différents pays. Actuellement, les trois premiers marchés que nous prévoyons de cibler sont à Londres, New York et New Delhi », ajoute-t-il, pas peu fier.

Dès sa mise en ligne le 15 juillet, Omar Zahraoui a immédiatement partagé l’article sur sa page Facebook personnelle que quelques centaines de gogos, dont des journalistes bien connus, ont liké, partagé et encensé de commentaires admiratifs.

Les faits réels
Le site TheAmericanReporter.com n’est pas un média américain à proprement parler comme son nom pourrait l’indiquer, même si ses adresses IP pointent vers des serveurs hébergés aux Etats-Unis. Il s’agit d’un fake news website qui a repris le nom d’un vénérable magazine fondé en 1995, lors de la première vague de médias en ligne aux Etats-Unis et qui a cessé de paraitre en septembre 2016.

Le domaine Theamericanreporter.com a été enregistré au…Panama il y a un peu plus d’un an. La plupart de la poignée de visiteurs du site sont de… Lituanie.

Le site indique que son équipe est constituée de quatre rédacteurs aux noms à la « John Doe » et à l’allure juvénile dont on ne retrouve étrangement nulle trace sur les réseaux sociaux. Le faux média n’a d’ailleurs aucune existence sur Internet autre que son site qui indique une adresse imaginaire à une pittoresque ruelle de Boston, associée à un numéro de téléphone localisé en…Inde.

Qui a donc écrit l’article dithyrambique sur la « saga Habanos SA » ? Il est signé par un certain James Boley (traduire en français par Jean Dupont) dont la bio dit de lui qu’ « avec une expérience de deux ans couvrant les nouvelles locales, James a un panache pour reconnaître, comprendre et décoder les nouvelles scientifiques. Il apporte les meilleures nouvelles pour la section Science- Environnement du site web ».

 Vérification faite via Google Images, il s’avère que ce jeune journaliste en herbe est un fantôme qui sévit sur d’autres sites tout aussi fake et à travers d’autres identités et CV, comme d’ailleurs ses autres compères du TheAmericanReporter.com…

Le verdict
Franchement no comment, si ce n’est que pour se tailler un costume d’entrepreneur international en hologrammes de cigares dans la « presse américaine » comme le fait si redoutablement Omar Zahraoui, rien de plus simple : Il vous suffit de dégainer votre carte bleue et d’aller shopper en ligne sur prnews.io. Un article sur TheAmericanReporter.com ne vous coûtera que la modique somme de 799 dollars avec les compliments du souriant staff qui vous salue bien de Panama City, Boston, Mumbai et Vilnius.

Par
Le Desk Désintox