SantéCancer du gland : Oncorad signe une première curiethérapie guidée par impression 3D au Maroc
Une équipe d'onco-radiothérapie de la Littoral Clinic Aïn Diab (groupe Oncorad), associée à un praticien du CHU Ibn Rochd, a publié dans la revue américaine Cureus, éditée par Springer Nature, un cas clinique décrivant la première utilisation rapportée au Maroc — et, à la connaissance des auteurs, sur le continent africain — d'une curiethérapie à haut débit de dose (HDR) guidée par un dispositif personnalisé imprimé en 3D pour traiter un cancer du gland sans chirurgie d'ablation. L'article, signé Hamza Samlali, Najlaa Assaid, Youness Khobbaizi, Redouane Samlali et Hassan Jouhadi, est paru le 11 mai 2026.
Le patient est un homme de 50 ans, ancien fumeur, présentant une dysurie et une lésion de deux centimètres sur le gland, classée T2N0M0 — une tumeur localisée, sans atteinte ganglionnaire ni métastase. Une infection à papillomavirus humain (HPV) et un tabagisme prolongé, deux facteurs de risque du carcinome épidermoïde de la verge, étaient présents. La concertation pluridisciplinaire recommandait une glansectomie, soit l'ablation du gland, conformément aux standards thérapeutiques pour ce stade. Le patient l'a refusée, ce qui a conduit l'équipe à retenir une alternative conservatrice.
La curiethérapie HDR consiste à placer de fines sources radioactives au contact de la tumeur, le temps d'une irradiation, afin de délivrer une dose élevée et ciblée tout en épargnant les tissus sains environnants. Le dispositif de guidage utilisé est une grille en plexiglas conçue sur mesure à partir de l'anatomie du patient et fabriquée par prototypage rapide, destinée à positionner les aiguilles de façon parallèle et régulière. La première séquence a reposé sur l'implantation de 14 aiguilles et la délivrance de 25 grays en dix fractions sur cinq jours, sans toxicité aiguë rapportée.
Quatre mois après le traitement initial, une récidive superficielle de 1,5 centimètre est apparue sur le prépuce, à l'intérieur de la zone déjà irradiée. Le patient ayant de nouveau refusé la chirurgie, l'équipe a délivré une seconde curiethérapie de rattrapage : 15 aiguilles et 20 grays en huit fractions. Au terme d'un suivi de 18 mois, la fonction urinaire était préservée, la fonction sexuelle partiellement maintenue, et aucune complication sévère n'était observée.
Les auteurs encadrent leur résultat de réserves explicites : il s'agit d'un patient unique, avec un recul jugé court, et des conclusions qualifiées de préliminaires. Ils rappellent que les taux de récidive après curiethérapie HDR se situent, selon les cohortes publiées, autour de 15 à 25 %, et jusqu'à environ 30 % dans les séries regroupées.
L'article situe la démarche dans le contexte marocain : le cancer de la verge y demeure une pathologie rare et socialement stigmatisée, ce qui se traduit par un taux élevé de refus des interventions mutilantes. La curiethérapie interstitielle y reste peu implantée, l'essentiel de l'activité et des publications nationales portant sur les cancers du col de l'utérus et de la prostate. Plus largement, l'accès à la curiethérapie HDR demeure limité dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, en raison de son coût, de sa complexité technique et du faible nombre de centres et d'experts.
Le groupe Oncorad a été fondé en 2000 par le Pr Redouane Samlali, cosignataire de l'étude, et le Dr Omar Hajji. L'investisseur STOA et le fonds Cap Mezzanine 3 sont entrés à son capital en 2023.
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