JusticeChantage à 3 millions d’euros en France : Lamjarred au tribunal en tant que plaignant
C'est un rebondissement inespéré pour Saad Lamjarred, qui risque de tout chambouler lors de son procès en appel pour viol, l’opposant à Laura Prioul. Condamné en première instance pour viol et violences aggravées, le chanteur marocain se retrouve aujourd'hui dans le rôle de la victime présumée du clan de… sa victime.
Selon les révélations de la presse française, Saad Lamjarred a été la cible d'une tentative de chantage et d’extorsion orchestrée par plusieurs personnes, dont Laura Prioul, pour un montant de 3 millions d'euros (M €) en contrepartie de l’abandon de l’accusation de viol. Une plainte a été déposée par la défense du chanteur, accusant de ces faits Laura Prioul, sa mère Olga R., une avocate, un détenu pour viol, ainsi qu'une influenceuse et son frère.
D'après cette plainte, tout aurait commencé fin décembre 2024. Redouane, le manager de Saad Lamjarred, est contacté par une certaine Aïda qui dit être l’amie de Laura Prioul. Sentant le piège, il commence à enregistrer ses échanges avec ladite Aïda dès le 6 janvier 2025. Et c'est lors d'une rencontre qui les a réunis le lendemain à Paris que celle-ci aurait demandé, au nom de son amie, la somme de 3 M € pour éviter au chanteur la suite de son procès. Une seconde rencontre, plus élargie, réunira, le 24 janvier, Redouane, Aïda et Olga R.. Le clan Prioul tente de mettre Saad Lamjarred dos au mur : payer la somme demandée ou se diriger vers un procès en appel dont il ne sortirait pas indemne.
Ni le chanteur ni son entourage ne donnent suite et, cette fois, c’est un nouveau protagoniste qui entre en jeu : un certain Vincent, qui réussit à joindre Lamjarred sur son portable le 11 mai 2025. Il le relance le 12, le 14 et le 15 du même mois pour « un deal gagnant-gagnant ».
La défense du chanteur passe alors à l’offensive. Armée des enregistrements des échanges téléphoniques et des conversations, elle dépose plainte pour tentative d’extorsion. Au sein du clan Prioul, c’est la panique : ses présumés membres s’entredéchirent et se renvoient les accusations. L’on découvre alors que la fameuse Aïda n’est autre que Aïssatou F., une avocate parisienne qui avait pris contact avec Laura Prioul en tant que défenseuse des femmes violées ou violentées. Au fil des rencontres, elle la convainc de demander un « dédommagement » à Lamjarred et abandonner la voie de la justice.
L’on découvre aussi que Vincent s’appelle en réalité Cyril V. et qu’il est le frère d’Ophélie V., célèbre influenceuse qui aurait mis en contact l’avocate Aïssatou F. et Laura Prioul. Cette dernière, pour éventuellement se mettre à l’abri de poursuites, porte plainte contre l’avocate pour abus de confiance. À son tour, Aïda-Aïssatou accuse un de ses anciens clients d’avoir tout fomenté et de lui avoir communiqué les contacts de Laura Prioul et de Saad Lamjarred. Le dénommé Sekou M., incarcéré en attendant son procès pour viol, est présenté comme étant un manipulateur qui aurait remis les mêmes contacts à Cyril V. et à sœur influenceuse dans le même objectif et dans l’espoir de toucher une part du « butin ».
Plutôt que d'une tentative d’extorsion, le clan Prioul préfère parler de « transaction » et de « solution amiable » surtout, argue-t-on, que le chanteur aurait fait une proposition dans ce sens, il y a plusieurs années, mais pour un montant de 1 M €.
C’est ce casse-tête que la justice française devra démêler : une mise en état, phase préparatoire de la procédure judiciaire où les parties échangent leurs arguments et pièces, est programmée le 10 décembre prochain, alors qu'un procès pourrait s’ouvrir en septembre 2026. Quant au clan Lamjarred, il estime que ce rebondissement change toute la donne dans son procès en appel pour viol et agression sexuelle, qui s'ouvrira lundi 1er décembre à l’ouverture du procès en appel du chanteur.
En février 2023, Saad Lamjarred a été condamné en première instance par la cour d'assises de Paris à six ans de prison pour viol et violences aggravées sur la personne de Laura Prioul. Il a été remis en liberté en avril 2023. Son procès en appel, qui aurait dû débuter le 2 juin dernier, a été ajourné pour des raisons jamais révélées, mais qui auraient selon toute vraisemblance un lien avec cette nouvelle affaire.
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