ArméeGaza : les premiers militaires des FAR rejoignent à Kiryat Gat la Force internationale de stabilisation
Un premier détachement des Forces armées royales (FAR) a pris ses quartiers ce mardi 23 juin sur la base américaine de Kiryat Gat, dans le sud d'Israël, qui abrite l'état-major de la Force internationale de stabilisation (ISF) chapeautée par le Conseil de la paix (Board of Peace). D'abord rapportée par des journalistes israéliens, l'information a été confirmée par le compte officiel du Conseil, qui a salué l'arrivée de ses « plus récents membres » issus de l'armée marocaine et y a vu un renforcement de l'effort international en faveur de la population de Gaza.
Cette arrivée constitue la première traduction concrète d'un engagement annoncé de longue date. Chargée de tenir le terrain pendant la transition, jusqu'à ce qu'une administration palestinienne rénovée puisse en reprendre la charge, l'ISF tire son mandat de la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 17 novembre 2025. Le dispositif, qui doit à terme aligner quelque 20 000 soldats et 12 000 policiers, prévoit un déploiement progressif en cinq secteurs, à commencer par celui de Rafah.
Le Maroc figure parmi les cinq premiers pays à s'être engagés à fournir des troupes, aux côtés de l'Indonésie, du Kazakhstan, du Kosovo et de l'Albanie, comme l'avait annoncé le commandant de la force, le général américain Jasper Jeffers, lors du sommet inaugural du Conseil de la paix tenu à Washington le 19 février 2026. Le Royaume avait été qualifié comme l'un des « piliers » du dispositif. Un engagement marocain assumé sur deux fronts, militaire et financier.
C'est à Washington que le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avait précisé la nature de la contribution du Royaume. Outre des officiers de haut rang appelés à siéger au commandement militaire conjoint de l'ISF, le Maroc doit déployer des policiers et encadrer la formation de leurs homologues gazaouis, installer sur place une structure hospitalière militaire de terrain et conduire un programme de déradicalisation décalqué de celui qu'il applique chez lui dans son arsenal antiterroriste. Le chef de la diplomatie avait également indiqué que le Royaume avait versé sa toute première contribution financière au Conseil.
L'ampleur de cet effort financier a depuis été précisée. Dans une enquête publiée le 27 mai, le Financial Times évaluait la contribution marocaine à environ 3 millions de dollars, là où les Émirats arabes unis ont, eux, apporté 20 millions de dollars au Board of Peace, l'instance créée et présidée par Donald Trump. Selon le quotidien britannique, l'argent réuni couvre le fonctionnement de l'équipe de Nickolay Mladenov, chargé par la communauté internationale du dossier de Gaza pour l'après-guerre, et rémunère les technocrates palestiniens désignés pour gérer le territoire.
L'arrivée des premiers militaires marocains intervient toutefois dans un contexte d'enlisement. Plusieurs mois après le sommet de Washington, l'ISF peine à se déployer effectivement sur le terrain. L'Indonésie, qui devait fournir le plus gros contingent et occuper le poste de commandant adjoint, a suspendu sa participation, invoquant l'absence de directives de mise en œuvre et une attention de Washington accaparée par la guerre contre l'Iran. Le déploiement demeure par ailleurs suspendu au bras de fer sur le désarmement du Hamas, érigé en préalable par les médiateurs et que le mouvement islamiste continue de refuser. À Kiryat Gat même, le centre de coordination civilo-militaire (CMCC), installé par le commandement américain dès octobre 2025, doit être progressivement absorbé par l'ISF.
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