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Energie
Gazoduc Nigeria-Maroc : les Émirats arabes unis appuient financièrement le mégaprojet

06.05.2025 à 12 H 54 • Mis à jour le 06.05.2025 à 12 H 54 • Temps de lecture : 3 minutes
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Le projet de gazoduc reliant le Nigeria au Maroc, désormais baptisé Gazoduc Afrique Atlantique reçoit l'engagement financier des Émirats arabes unis, aux côtés d'autres partenaires internationaux.


Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc, estimé à 25 milliards de dollars (MM $), franchit une nouvelle étape avec la confirmation de la participation financière des Émirats arabes unis (EAU).


Selon la ministre de la Transition énergétique, Leila Benali, qui s'exprimait au Parlement, les études de faisabilité et d'ingénierie sont achevées, et le tracé du pipeline a été finalisé. Le Maroc et le Nigeria ont sollicité le soutien de partenaires du Golfe. Les Émirats arabes unis ont ainsi accepté de cofinancer le projet, aux côtés d'autres institutions telles que la Banque islamique de développement (BID) et le Fonds de l'OPEP pour le développement international. De source nigériane, les Etats-Unis seraient eux aussi intéressés.


La dimension industrielle du projet se précise également : le groupe chinois Jingye Steel se positionne pour la fourniture des conduites. Les premiers appels d’offres sont prévus pour cette année.


Dans un précédent point d'étape, Leila Benali avait indiqué que le Maroc et le Nigeria ont décidé de créer une coentreprise chargée de la gestion du projet. Cette entité conjointe sera responsable de la conduite opérationnelle, technique et financière du chantier, un signal fort de la volonté politique des deux pays de mener à bien cette initiative sur le long terme.


Ce gazoduc représente un levier majeur pour l'intégration régionale, la croissance économique et la réduction de la pauvreté énergétique en Afrique de l'Ouest. Il offre également à l'Europe une alternative stratégique pour diversifier ses sources d'approvisionnement en gaz, notamment dans un contexte de tensions géopolitiques avec la Russie.


Le projet s'inscrit dans une dynamique de coopération Sud-Sud, illustrant la volonté des pays africains de développer des infrastructures communes pour répondre aux défis énergétiques et climatiques.


La construction du gazoduc se fera en plusieurs phases, avec un démarrage prévu en 2025. Les premières livraisons de gaz pourraient intervenir dès 2029. Parallèlement, le Maroc poursuit ses efforts pour diversifier son mix énergétique, avec des projets d'infrastructures gazières et le développement des énergies renouvelables, visant à porter la part des énergies propres à 52 % d'ici 2030.


Initiée en 2016 lors de la visite du roi Mohammed VI au Nigeria, cette infrastructure de plus de 5 700 km traversera 13 pays africains, dont le Bénin, le Togo, le Ghana, la Côte d'Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Gambie, le Sénégal et la Mauritanie, avant de rejoindre le Maroc et de se connecter au réseau gazier européen via l'Espagne. Avec une capacité annuelle prévue de 30 à 40 milliards de mètres cubes, le gazoduc ambitionne de devenir le plus long pipeline offshore au monde.

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